indus Indus > Alec Empire

Biographie > libéré d'Atari

1992, Berlin, Alexander Wilke aka Alec Empire a 20 ans et sa vie va changer. Certes il traine ses guêtres dans le monde de la musique depuis sa naissance (ou presque), jouant dans un groupe de punk quand ses potes sont encore avec leurs légos... En 1991, il monte sur les planches de Berlin sous son nom avec ce qui est est l'embryon d'Atari Teenage Riot mais il faut attendre 1992 et les attaques racistes de Rostock pour que sa conscience politique s'active au travers de sa musique punk-industrielle. Avec Alec, Hanin Elias et Carl Crack forment le trio ATR qui sort une panoplie de EP et 3 albums Delete yourself (1995), The future of war (1997) et 60 second wipe out (1999) avec en renfort Nic Endo. Le décès (par overdose) de Carl Crack en 2001 met fin à l'aventure... Alec Empire va continuer à passer des disques dans des soirées, mixer et remixer (sous de nombreus noms différents comme LX Empire, Nero, DJ6666, Naomi Campbell, Richard Benson, Jaguar...), gérer son label Digital Hardcore Recordings et se remettre à travailler sortant là encore moultes CDs... En 2004, son bébé s'appelle Futurist.
2008, retour du génie avec The golden foretaste of heaven.

Review Concert : Alec Empire, Aeronef Empire (mars 2006)

Interview : Alec Empire, Alec interview (mars 06)

Alec Empire / Chronique LP > The golden foretaste of heaven

alec empire : the golden foretaste heaven Après un Futurist bien rentre-dedans et une tournée tout aussi punk-indus, Alec Empire revient avec un opus dans l'ensemble plus calme, si The golden foretaste of heaven n'est pas un album électro-pop (faut pas déconner non plus), certaines de ses compositions comme "If you live or die", "1000 eyes" ou "Bug on my windshield" lui donnent un goût un peu plus sucré et arrondit les angles. Bien que privé de Nic Endo, Alec Empire n'a pas délaissé les machines au profit de sa guitare et de rythmes bulldozer. Bien au contraire, il leur donne davantage de place et semble avoir pris un malin plaisir à trafiquer des sons, à mixer et remixer ses propres titres ("Ice (As if she could steal a piece of my glamour)", "Down Satan down (Dub)", "Robot L.O.V.E."), jouant avec les rythmes jusqu'à les rendre impossibles à suivre (et "indansables" même si ce terme a perdu beaucoup de sa signification avec l'arrivée de la tecktonik...). Le leader d'Atari Teenage Riot aime donc toujours autant nous déstabiliser. Il le fait juste différemment. Les fans les plus HardCore seront un peu perturbés au début mais ce The golden foretaste of heaven contient lui aussi quelques (petits) passages de riffs qui bastonnent et si "New man" est plus rock que punk, si le tempo assez rapide de "Death trap in 3D" durcit un peu ses parties électro, c'est avec "On fire (The hellish vortex sessions)" qu'on retrouve vraiment le Alec Empire destructeur qui oublie les concessions et envoie une basse massive en première ligne histoire de faire le gros du boulot, la rythmique et les attaques vocales assurant les finitions au bazooka. C'est le meilleur titre au rayon défoulement, les amateurs de constructions alambiquées et de bricolage supersonique lui préféreront "1000 eyes"...
Alec Empire explore d'autres horizons et a mis de côté sa rage punk pour goûter à la douceur du paradis avec The golden foretaste of heaven, arrivera-t-il à être aussi sage sur scène et à transposer son travail d'ambiances face à un public qui voudra certainement en découdre avec ses "vieux" riffs ? Réponse dans quelques jours...

Alec Empire / Chronique LP > Futurist

alec empire : futurist La cuvée Futurist d'Alec Empire est punk-industrielle ! Son travail avec Nic Endo (la japonaise qui avait rejoint Atari Teenage Riot après une tournée au pays du soleil levant) porte moins sur les bidouillages en tout genre et l'électronique, Alec Empire est revenu à ses premières amoures : le punk rock avec comme devise "no future". Car dans le monde où évolue le Berlinois, l'avenir est tout aussi gris que le présent et son Futurist est pour le moins pessimiste ("Kiss of death", "Overdose", "Point of no return" : There's nothing left to fight for), loin de décourager le duo, cela a surboosté ses grattes, ses rythmiques et ses loops avec la simple attention de mettre le feu dans nos oreilles et nos esprits. A l'heure où l'indus américain ne semblait plus vouloir lâcher les rènes du Nouvel Ordre Mondial (Ministry tape sur Bush, NIN distille des mélodies mortelles, Marilyn Manson séduit les kids...), les Allemands remettent les pendules à l'heure européenne et ramènent le genre à ses origines : contestation et trafiquages, réflexion sur la société et riffs qui refilent le tétanos, appels à la réaction et rythmiques binaires... Alec Empire est constamment à l'attaque, voile sa voix, se raconte, multiplie les effets sur ses couches de guitares (et obtient un son crade de toute beauté) et laisse Nic Endo embrumer et densifier les titres avec ses samples. Futurist est donc un album de punk rock "basique" ("Night of violence", "Vertigo", "Uproar", ...) plongé dans un bain d'acides industriellement corrosifs, aprés cette manipulation, ce résultat fini qu'on écoute est violemment réussi.
Ajoute à cela un très joli booklet et tu tiens un album industriel de premier rang qui a propulsé Alec Empire sur toutes les scènes d'Europe où il se dépense sans compter, il y a fort à parier que la suite soit du même tonneau tant Alec et Nic ont l'air de s'éclater sur scène comme en studio.