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Biographie > Aña wave

La petite histoire du duo Aña débute en janvier 2003, sous l'impulsion de Amandine et de David. Un univers sombre et sensuel découle de leur collaboration, un microcosme où se mêlent samples, basse, une douce voix et des percussions diverses. David Fontaine est ingénieur son au studio Plash et Poïse (Dionysos, Shane Cough, Tokyo / Overtones). Trip-hop hypnotique, à rapprocher d'Amor Fati, les critiques les comparent à PJ Harvey, Lamb, Blonde Redhead ou Keren Ann.
Le groupe sort son premier album [En attendant], produit par l'association Porc-épic en janvier 2004.

Aña / Chronique EP > Never

Aña - Never Cette année 2017, on a rencontré Moonya, avec son sympathique EP de 5 titres eye (confère la chronique dans le MAG 28), qui proposait une ballade paisible et singulière avec une bande son dream pop bien sympathique. Mais c'est depuis plus de dix ans que Moonya (alias Amandine) officie avec David au sein de Aña dont les 3 premiers albums avaient déjà charmé les oreilles du Fenec. On les retrouve donc tous les deux avec ce nouvel EP de 4 titres Never, sorti lui aussi en 2017. Deux projets menés en parallèle mais qui gravitent dans le même univers musical, une musique entre la new wave, l'electro et le trip-hop. La voix d'Amandine est toujours aussi douce et mélodieuse, et titille parfois le même timbre que le White shalk de P.J. Harvey. David y apporte sa maîtrise des sons électroniques, samples et claviers. 4 titres atmosphériques, dont un chanté en français, et également une reprise du « Secret fire » des feux Gun Club, agréablement revisitée. On continue donc de planer avec Aña, avec délicatesse et onirisme.

Aña / Chronique EP > Aña

Aña : Maxi promotionel Quoi de mieux pour faire passer le temps que de sortir un EP ? Aña revient à la charge avec un cinq titres éponyme, histoire de rebondir un petit peu, et contrairement à certains, celà leur réussi plutôt bien. Cinq titres bien ficelés, toujours dans la tendance du précédent album Que le temps passe.... Un chant nonchalant, un peu timide, des longues nappes de synthés, des samples qui tourbillonnent et virevoltent tel un bouquet de cent papillons, une guitare simple et hypnotique, une basse qui finit les phrases mélodiques, "L'air de rien" marque le pas et fait mouche par sa simplicité sonore, une sobriété électro-pop, sur deux notes en accord qui évoluent subtilement en contre-fond. "Suivre le courant" est plus déstructuré, plus chaotique, jets sonores issus de perturbations légères, chant qui n'est presque plus chanté mais pas tout à fait parlé, une mélodie qui suit son cours, telle une rivière musicale.
"À l'opposé" se fait plus lent, plus introspectif, se perd dans des limbes aériennes et avance avec résignation, Aña exploite un fond sonore un peu insistant avec ses cordes superflues. Perdu dans ses divagation elles aussi aériennes, "Les yeux fermés" sonne le glas, un cor de chasse lointain un peu effrayant, des bruits inquiétants qui surgissent dans quelques recoins, titre un peu dépressif, mais un couplet beaucoup plus léger et enchanteur, pont transcendant, basse qui creuse bien, qui insiste dans les replis pour finir sur une envolée plus saturée que lyrique.

Aña / Chronique EP > Que le temps passe...

Aña : Que le temps passe Aña revient avec un nouvel album Que le temps passe..., 10 titres légers, où la voix se dissipe à fleur de peau, où les samples entretissent des matrices sonores, effectivement, que le temps passe vite, plus de deux ans ont passés depuis [En attendant]. Les ambiances électro-pop du groupe ont gagnées en couleurs, en homogénéité et en texture, tout en perdant un peu de leur châtoiement, le côté collant et attachant de la chose. "Agitée" illustre à merveille les paroles du titre, symbiose voix/samples avec un rythme martellé avec nervosité, des nappes de guitares qui s'envolent dans le ciel poursuivies par des frondes percussives.
Échos cristallins lointains, suivi d'une basse répétitive, "Parfois" se diffuse lentement et camoufle la vois d'Amandine. S'il y avait deux choses à reprocher à ce nouvel opus d'Aña, c'est bien cela, une trop grande profusion de samples à l'effet distracteurs parfois, où la voix d'Amandine surnage quelque peu, manquant soit de coffre soit d'une palette d'expression plus étendue. Les ambiances cousues avec attention par Aña sont délicates à l'image de Bulle; des ambiances comme l'intro d'"Il va arriver bientôt", synthé discret, un écho sur la voix, comme pour insister qu'il devrait arriver bientôt. Aña a aussi apporter une grande attention à son artwork, l'intérieur du livret est juste magnifique, des pastels, un papillon recoloré, et la pochette qui est une illustration métaphorique du son du groupe. Une voix diaphane à bout de souffle s'élève sur "Qui ramassera les larmes", mais s'intègre parfaitement à l'atmosphère décousue qui se forme. Aña illustre son propos avec justesse sur cette album mélancolique...

Aña / Chronique LP > [En attendant]


Aña : En Attendant Le [En attendant] d'Aña est parfois bizarre, décalé, pas complètement barré, mais ce brin de folie douce et légère qui en découle remet les choses en place finalement. Un peu Anabel's Poppy Days, des petites chansons électro, mais dans un format pop, la basse omniprésente met une touche à la Ipecacuana, et la voix part dans des secteurs beaucoup plus pop, parfois un peu Cornu ("Les autres"), parfois PJ Harvey ("Come to rest..."), parfois autre chose, le tout à une consistance en éponge où le délicat cotoie des parties un peu plus rêches, plus destructuré.
Les samples ne sont pas étrangers à cette sensation, "Les autres" dérive dans sa propre dimension musicale, totalement détaché du reste du monde, à la différence de "One head (behind)", morceau, qui lui, garde une assise solidement ancrée sur un synthé qui croise au large et se mêle à une basse rigoureuse, l'ensemble ondule lentement, s'arrête et repart comme si de rien n'était. Ce [En attendant] oeuvre dans l'électro-pop-unpop, tantôt structurée, tantôt plus déstructurée, celle-ci flottant, terre à terre. En attendant plus, ces 12 titres sont déjà bien assez et ont une solide assise sur la platine.