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Biographie > Ottobus

Derrière ce pseudonyme de Busdriver se cache un rappeur de Los Angeles du nom de Regan Farquhar. Après trois albums aux sorties confidentiel (Memoirs of the elephant man & This machine kills fascist en 2001 ainsi que This machine kills fashion tips en 2002), le MC connait enfin un certain succès avec Temporary forever (2002) et le single deluxe qu'est "Imaginary places" apparu notamment sur la bande son du jeu Tony Hawk's underground. La carrière du rappeur sur-atypique a depuis largement décollé : il enchaine les albums et les collaborations (avec Daedelus entre autres) aussi vite qu'il balance son flow dans l'air.

Memoirs of the elephant man (2001)
This machine kills fascist (2001)
This machine kills fashion tips (2002)
Temporary forever (2002)
The weather (2003)
Cosmic cleavage (2004)
Fear of a black tangent (2005)
Road kill overcoat (2007)
Jhelli beam (2009)

Review Concert : Busdriver, La main d'oeuvre d'un conducteur de bus

Busdriver / Chronique LP > Perfect hair

Busdriver - Perfect hair Comme Jhelli beam, le dernier album de Busdriver que j'avais eu l'honneur de chroniquer dans ces pages (ndr : il en a publié deux autres entre-temps), Perfect hair est un disque qui se fait mériter et il faut multiplier les écoutes pour se rendre à l'évidence qu'il s'agit d'un très bon cru. Bien heureusement pour l'auditeur qui n'est pas doté de la patience de votre serviteur, notre conducteur de bus favori (avec Otto des Simpsons et Gérard, le moustachu de la RATP) parsème son album de titres évidents, histoire de ne pas totalement désarçonner et encourager le quidam à poursuivre l'itinéraire. La troisième piste, "Ego death", en compagnie d'Aesop Rock et Danny Brown, est d'ailleurs un des sommets de l'album et le meilleur ambassadeur pour représenter Perfect hair : 6 minutes de flows entrelacés percutants sur un instrumental évolutif. Un titre qui, à l'instar d'"Imaginary places" ou "Me-time", devrait rapidement devenir un classique dans la discographie du rappeur hyperactif.

Perfect hair commence sur les chapeaux de roues, même si "Retirement ode" ne charme pas immédiatement. Le phrasé inimitable est toujours présent mais le titre désoriente de par ses atmosphères chiadées lorgnant vers un hip-pop progressif (le néologisme est volontaire hein...). "Bliss point" est aussi une réussite long-termiste, le refrain est scotchant mais là aussi le titre peine à convaincre dès les premiers contacts. "Ego death", on t'en a déjà parlé, c'est la fête du slip. La piste suivante, "Upsweep" est aussi un des moments forts de l'album : un titre dream-pop salopé par un beat efficace et ce chant toujours aussi particulier. Très classe. Parmi les autres pistes incontournables de cet album, il est difficile de ne pas mentionner "Eat the rich" et son tic vocal irrésistible ou "Can't you tell me I'm a sociopath" et son beat qui s'empare de l'attention pour ne plus la lâcher. Perfect hair se termine sur quelques pistes foisonnantes assez représentatives de l'album : Busdriver nous perd pour mieux nous retrouver, puis nous perdre et reprendre l'auditeur par la peau du dos. Un cache-cache sonore où le rappeur prend un plaisir évident alors qu'il est (pour le moment...) plus sinusoïdale-positif de notre coté.

Perfect hair n'est pas forcément l'album le plus efficace de Busdriver et encore moins celui par lequel commencer si tu es afficionados de hip-hop racé. Néanmoins, Busdriver a encore une tripotée d'arguments massues à mettre en avant. Et, turpitude de chroniqueur, à l'instar de Jhelli beam, Perfect hair devrait encore révéler beaucoup de sa magie jusqu'à la prochaine livraison de Regan Farquhar. A la lecture de cet humble article, tu peux donc déjà considérer cet avis comme caduc et rajouter une bonne dizaine de points de séduction.

Busdriver / Chronique LP > Jhelli beam

Busdriver - Jhelli beam Après Sole & The Skyrider band, les Beastie Boys, The Roots, Dälek, Oddateee et bien d'autres, le W-Fenec continue son immersion dans le hip-hop et autant le dire tout de suite : le Busdriver en question est un très gros client. Non pas que le conducteur de bus en question ait des problèmes de poids, c'est plutôt en terme de talents que ce type fait figure de cadors de la scène indie hip-hop et ce n'est pas ce énième effort très réussi qui va boulverser le statut déjà quasi-culte d'un artiste hors-norme. Première connexion avec Jhelli beam, "Splits seconds" fait déjà grosse sensation : une séquence saccadée, un beat agressif enrobé d'un groove assez inédit, un instrumental qui évolue et le flow virevoltant du frontman qui semble jouer au ping-pong avec ses cordes vocales. Diablement efficace, comme l'est tout autant la deuxième plage "Me - time" et son sample tiré d'un classique de la musique... classique justement, qui sert parfois de sonneries de téléphone portable. Ce type de titre illustre à merveille la capacité du bonhomme à se tenir en équilibre sur la corde raide qui sépare le génie et l'irritant tout en penchant allègrement à gauche, ce qui ne préserve pas le MC de quelques pertes d'équilibres qui se font très rares au court de cet album. "Scoliosis Jones" dégage en effet des relents déplaisants mais s'avère plutôt incisif et introductif aux autres étapes à venir. Surtout qu'il reste encore pas mal d'excellentes phases de hip-hop made in Busdriver alliant groove atypique et flow nunchaku à la frappe chirurgicale telles que "Least favorite rapper", "Quebec and back" et le survitaminée "Do the wop". Busdriver prend la conduite de tes neurones tel un gros ballon de basket et le fait valdinguer dans son univers bariolé ou le phrasé Roadrunner et les expérimentations sont reines. Si le flow reste toujours musclé et vigoureux, c'est sur la tournure des instrumentations que le disque s'avère être audacieux : l'introduction percussive qui se prolonge de "World agape" et le choeur gazéifié très Animal Collective - like de "Happy insider" en sont des exemples plutôt flagrants. Surtout que le Maître de cérémonie n'est pas vraiment du genre à se contenter d'un surplace et il en résulte un Jhelli beam qui demande, comme ses autres disques d'ailleurs, autant d'investissement en écoutes qu'un album de krautrock pour en cerner les contours et le travail minutieux. Dans Entroducing, Dj Shadow conspuait le hip-hop bling-bling pourri par l'argent et les imposteurs, Busdriver fait probablement partie de ces artistes qui ont réhabilité le rap grâce à une éthique artistique intransigeante et il continue aujourd'hui à le faire avec un Jhelli beam chaotique et toujours à contre-courant de cette merde qui pullule sur les ondes françaises...

NdR : je dédicace la chronique à mon collègue Ted qui a eu la riche idée de m'inciter à jeter une oreille sur Busdriver il y a quelques mois. Merci !