Elastik - Metalik Sous le nom Elastik se cache Thomas Prigent, un Parisien féru d'électro. Jusqu'ici tout va bien. Mais lorsque le disque commence ses premières rotations, une évidence vient comme à paraître : Metalik n'est pas un album électro comme les autres. L'artiste bannit la banalité, la jovialité et ne se plastronne pas derrière une platine dans une île des Baléares. Le partage, cela se fait aussi en interne et pas n'importe comment. Elastik l'a bien compris et rassemble autour de ses productions tout un ensemble d'artistes, quatre pour être précis, venus d'horizons divers et variés et aux signatures vocales propres. D'abord, le photographe "multi-task" Black Sifichi (ayant collaboré avec Brain Damage, Ez3kiel ou Lena) ouvre le bal dans une ambiance clinique et froide d'une façon similaire à celle du spécialiste de l'épouvante, j'ai nommé Vincent Price (rappelez-vous la voix finale de "Thriller" de Mickael Jackson). La tension monte rendant l'atmosphère irrespirable par des sons dark et industriel accompagnés de ce timbre de voix caverneux. Cheval Blanc enchaîne dans la foulée un texte parlé sur une chanson orientée plutôt dub tout en restant dans cet esprit sombre et torturé. Ces deux artistes underground disparaissent du tracklisting aussi vite qu'ils sont apparus pour laisser une place plus importante à la gente féminine. "Clinik" voit l'apparition d'Horror 4o4 dévoilant une poésie inquiétante mais plus discrète que sur "Kronik" dont les textes sont signés par Arno Mothra et où la bande sonore pourrait naturellement être celle d'une scène d'un film à suspense. Metalik contient également des titres percutants à l'image de "Panik" qui porte pour le coup très bien son nom ou "Amnesiak" chanté par Malika. Cette dernière redonne un peu de vie à cet album de par son chant typique du trip-hop. Ombre au tableau ? Oui si l'homogénéité doit être la clé de cette œuvre. Considérons qu'au vu de l'ensemble de cet opus, les deux titres concernés n'en représentent pas l'essentiel. Par conséquent, cela ajoute une sorte d'interlude pas si dérangeant au vu du bel organe de cette chanteuse. On pourrait même y ajouter les deux morceaux solo de Thomas Prigent ("Atmospherik" et le final "Koma"), habilement placés dans la liste, qui permettent de faire respirer un peu l'auditeur avant qu'il ne reparte de plus belle vers l'empire des ténèbres. Metalik représente une expérience auditive surprenante qui avec persévérance en deviendrait presque addictive malgré son caractère obscur. C'est assez rare pour le souligner alors espérons que certains prendront cinquante minutes de leur temps libre pour y jeter une oreille.