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Biographie > Didjeridoos & Cie

Rappelez-vous 2001, c'était l'effervescence néo-métal à fond les ballons (du moins dans l'hexagone) et au milieu de cette épopée, quelques-uns voulant faire autre chose, ouvrir d'autres portes, offrir d'autres possibilités au monde musical du moment. JMPZ fait partie de ceux-là. Après plusieurs années de concerts, le groupe débarque alors avec son Cyclothymique et mets une claque à bon nombre de jeunes gens étant aspirés par d'autres paysages sonores. Avec ses compositions souvent instrumentales et sa panoplie d'outils que sont didjerridoos, samples, basses, batterie et instruments de percussion, le groupe s'installe déjà dans le PMF. En octobre 2004, le combo (après un léger changement de line-up) ressert le couvert avec un deuxième album qui, loin de répéter le premier effort, apporte un nouveau souffle au groupe.
Afin de situer rapidement le groupe, on peut dire qu'il restait de la place entre La Phaze, Prajna, Meï Teï Sho, High Tone et Ez3kiel. Les Mâconnais de JMPZ sont venus la briguer. Et en plus de fort belle manière. Même si dans la forme, le travail du combo n'est pas tout à fait comparable à celui de Scorn, l'idée générale semble similaire : fusionner indus, dub, métal, musique tribale et familles parentes afin d'en extraire un son unique en son genre. Mais à ce petit jeu des ressemblances, on est vite perdant, le plus simple étant de se laisser embarquer dans les vaisseaux soniques de ce groupe hors du commun.
Courant 2007, Stéphane quitte le groupe et c'est Rudy qui le remplace au didjéridoo, avant que le groupe n'entre au studio Supadope pour mettre en boîte son troisième album. C'est le 18 février 2008 que les JMPZ (et leurs invités) font leur come-back dans les bacs avec Sound asylum, juste au moment de reprendre la route...

Review Concert : JMPZ, JMPZ enflamme l'Antipode (mars 2008)

JMPZ / Chronique LP > Sound asylum

JMPZ - Sound asylum Placés sous le signe du voyage, du périple, les précédents albums du combo affirmaient une volonté de mixité et offraient de nouvelles textures aux oreilles de leurs auditeurs. Avec Sound asylum, le groupe ne change pas d'objectifs mais modifie légèrement les moyens utilisés pour y parvenir. En effet, la musique de JMPZ incite toujours à l'exploration de nouveaux territoires (notamment avec l'emploi du didjéridoo, bien que plus en retrait qu'auparavant), mais cette fois-ci, les Mâconnais se sont offerts une belle série de guests vocaux pour donner une autre orientation à leur répertoire, sans pour autant dénaturer son identité. Car, ensemble, tout devient réellement possible (sic) !
Avec l'arrivée du JMPZ saisons 2007/2008/2009, c'est encore une autre facette du groupe qui est dévoilée ; une modification de line-up plus tard et des cartons d'invitations envoyés aux chanteuses de Lo'Jo, Sir Jean (ex-Meï Teï Shô), Zed (ex-Spicy Box), Gil de Missing et même... Reuno ! De surcroît, il suffit de jeter un oeil à ce nouveau visuel pour se rendre compte que JMPZ a axé Sound asylum autour de diverses rencontres puisqu'il a été confectionné par Iradiant (ayant déjà travaillé pour Ez3kiel).
Le JMPZ quasi-instrumental d'autrefois accorde désormais une place de choix au chant, assuré par les interventions des invités et donnant une saveur particulière à chacune d'entre-elles : la world-music ressurgit avec Sir Jean (ex-Meï Teï Shô), le métal fait son arrivée grâce aux "Bizarre"ries de Reuno (frontman de Lofofora, faut-il le rappeler ?) et la sensualité de Missing ne fait qu'éblouir au travers de Gil et "Extinction need". Et Zed, pourtant ex-Spicy Box, contribue à faire passer "Ici nous sommes" pour un inédit de Freedom For King Kong. Bien que l'identité de JMPZ s'imbrique à chaque fois dans celles de leurs hôtes (et vice-versa), le quatuor ne déstabilise pas pour autant. Pour preuves, le groupe envoie dans la pure tradition JMPZienne un "Schizophonic" inaugural de haut vol, une transition des plus léchée ("Heart murmur") ainsi qu'une mise à jour électrique extrêmement fascinante prenant forme avec les assauts de "Gun is not an argument".
Les propensions du groupe à communiquer une certaine transe sont toujours de mise, seuls le procédé à légèrement changé tant il semble difficile de résister à l'envoûtement suscité par ce troisième album... et cette deuxième bifurcation pour le moins réussie.

JMPZ / Chronique LP > Subsonic

JMPZ : Subsonic Pour ce qui est de leur don à pouvoir donner un titre à leur album et par la même occasion, synthétiser l'esprit qui en émane, JMPZ n'en a rien perdu puisque Subsonic colle idéalement à la substance de ce second opus. Avec ce deuxième album, JMPZ a électrifié son domaine, ajouté une touche métallique, et continué de brasser musique tribale, dub ou electro pour forger son caractère si typique. La fusion exprimée sur cet album est encore plus convaincante qu'auparavant.
JMPZ dévoile toujours une large gamme de dégradés : de l'épique "Walkin on your head" au destructeur "Ground zero" en passant par le faussement Cyclothymique "Tooloose", le sextet combine élégance et puissance. "No bounce", via son très nettement identifiable sample tiré de "…equilibrum" (Nihil) ainsi qu'en faisant un clin d'oeil à deux groupes cousins (Ez3kiel et High Tone) au travers d'"Ezeltone", les mâconnais montrent à quel point ils peuvent facilement casser les barrières et poser leur empreinte. Ce second disque comporte lui aussi sa panoplie d'invités qui jouent du violon, du violoncelle, de la flûte, de la clarinette ou en ajoutant des paroles à quelques titres ("Freak style", "Ezeltone", "Walkin on your head"). Cet élargissement de la gamme sonore étant toujours là afin d'enrichir l'univers de JMPZ.
Le groupe n'hésite pas à user de contrastes ; alors que "Dub profiler", séquences et scratchs à l'appui, semble assez futuriste alors que les seules 2 minutes de "Steeldrum network" n'empêchent pas au morceau de recouvrir une option tribale. "Mohawk bliss" et ses lointaines incantations évoque les peuples Amérindiens tandis que le didjerridoo rappelle ceux du Bush australien. En guise de fermeture, "Tympan alley" s'échappe vers une fenêtre électro des plus aérienne.
Loin de se contenter de leur recette originale et de se reposer sur leurs lauriers, les membres du groupe ont su donner une autre orientation à leur travail -tout en conservant l'essence originelle- afin de le repenser partiellement. Espérons que le prochain virage soit d'une toute aussi bonne facture !

JMPZ / Chronique LP > Cyclothymique

JMPZ : Cyclothymique Cyclothymique, premièrement le titre est très bien choisi car les morceaux savent être brillants de clarté ou plus enfoncés dans la dépression.
C'est sans appel que débute cet album, avec "Acouphene" morceau assez ambiant mettant bien en avant les didjerridoos. "We have the technology" aussi, possède ce faux calme empli d'énergie croupissante. "Adjime" se met en place doucement autour de ce didjerridoo aérien et de la batterie l'accompagnant. Mais c'est pour mieux se laisser désirer et préparer "Gondwana", morceau au même esprit serein mais qui sait aussi se faire technique (ouille certaines parties de basse !). "Gondwana" lui-même est cyclique, structuré entre platitude laconique et escalades vers le chaos. Deux invités vocaux viennent poser un chant ragga sur "Metrix" ce qui n'altère en rien le titre et lui confère même un style bien particulier. La légèreté de ce titre n'étant pas dénuée d'un certain groove.
Le jeu de mot étant trop facile pour le négliger, "D.K.P", un des titres les plus remuants de la galette décape réellement les oreilles avec cette sensation d'être sans cesse chahuté entre percussions remontées à bloc et basses hyperactives. En restant dans le rayon speedé du groupe, "Amok" bien que débutant par une intervention de Casimir (vous savez, le roi des enfants !), apporte un aspect encore nouveau au groupe grâce aux scratchs qui y sont employés au moment où la pression redescend quelque peu. La fin relativement "tribale" de ce titre est une réelle partie de plaisir, entendre les percussions s'emballer de la sorte, tissées sur des pulsations de basse, élargit encore le panorama de JMPZ. "Spy walker", quant à lui, s'offre un passage aux frontières d'un dub bien particulier. Enfin, "…" et "Yzea" clôturent le disque en communion avec la nature en invitant des cigales entourées de la délicate voix de Karine de Watcha Clan.
Avec ce premier album, le groupe créer un métissage sympathique, explore des territoires encore peu défrichés et dévoile un potentiel qui ne demande qu'à être enrichi et dévoilé à un plus large public.

Nota : une réédition de cet album augmentée d'un CD 3-titres a eu lieu à l'occasion de la sortie de Subsonic mais c'est l'édition originale qui est ici chroniquée.