marilyn manson : mechanical animals Après avoir exploré les profondeurs de l'indus et la noirceur du métal pour dépeindre la famille américaine, après avoir repoussé les frontières du mixage et des reprises qui fleuraient bon le cauchemar et après s'être imposé maître d'un monde ténébreux et surmédiatisé, Marilyn Manson est de retour. Et le maître-mot de ce nouvel épisode est glamour ! Mettons les Mechanical animals sur On.
Tel la chenille devenue papillon, Marilyn Manson est preque devenu Shirley Manson. Presque car les Marilyn Manson ne sont pas encore tout à fait les Garbage. Mais la maîtrise des machines et le son de cet album fait qu'ils n'ont jamais été aussi proches...
Et dans ce "Superbe grand monde blanc", la famille Marilyn Manson se promène au gré des douces guitares torturées. L'animal refait son apparition sur la scène du "Dope show" où, maintenant nous sommes tous stars. Les accords-haches des disciples de l'Antéchrist se sont métamorphosés en accords-scalpels de grande précision... "Mechanical animals" m'apparaît comme un titre taillé pour devenir un hit planétaire, "la rédemption de l'Antéchrist" qu'on pourrait l'appeler, tant musicalement il dénote avec la superstar... Ah, enfin une rythmique et un son estampillé "Pur Marilyn", Le rock est mort ? Pas sûr... La construction de "Disassociative" est géniale, le papillon Marilyn Manson va en charmer plus d'un avec cette complainte magique. S'enchaîne un slow accoustique avec un refrain digne de Pink Floyd en live, notamment grâce aux choeurs féminins, this is "Speed of pain". Trent Reznor n'est plus là, mais les apprentis ont retenu les leçons du maître et le prouvent avec ce morceau "post-human" où les machines sont omniprésentes. "I want to disappear" clame le portraitiste un peu de calme, médiatique s'entend. "Je n'aime pas les drogues, mais les drogues m'aiment", c'est quoi ces excuses à la con ? A n'en pas douter le moins bon morceau de l'album. Ensuite le "Nouveau modèle N°15" reprend des vieux riffs industrieusement moulinés avant qu' "User friendly" ne renoue avec les bips électriques et les refrains bombardés par les guitares. "Fundamentaly" est un tendre slow, incroyablement classique, sur lequel vient se greffer un solo saturé. Pour leur "Dernier jour sur Terre", Marilyn Manson nous offre un titre magnifique qui rappelle "Disassociative". Et jusqu'au prochain album, le "Coma blanc" va régner. Un coma hanté par les rythmiques sombres des guitares-machines, les mixeurs ensanglantés et des apôtres errant au milieu de petites fleurs bleues enracinées dans la douleur.