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Les Lyonnais de Picore sont à l'image de leur label Jarring Effects, inclassables et fervent défendeurs d'une liberté artistique extrême. Formé en 2001 par cinq types aux influences diverses, ce groupe a réussi le pari de poser des ambiances à la fois glaciales et sauvages grâce des éléments sonores hérités de la noise, de l'indus, de l'abstract hip-hop ou du jazz. Le premier album, Discopunkture, sort en 2003 suivi trois ans plus tard de L'Hélium du peuple, opus qui a véritablement lancé le quintet (devenu sextet depuis). Ce dernier, enregistré au studio A.B.T à Lyon (Bästard, Condense), est un sound-movie brumeux laissant vibrer par moment les ondes du thérémine.
En 2010, Picore est casté sur un maxi collaboratif, intitulé JFX studio session figure one, lancé par son label et regroupant notamment les deux rappeurs Ben Sharpa et Oddateee. En octobre 2011, le groupe sort surement l'une de ses œuvres les plus abouties : Assyrian vertigo.

Picore / Chronique LP > Assyrian vertigo

Picore-Assyrian-Vertigo Il aura fallu pas loin de trois grosses années de travail à Picore pour élaborer son troisième album, une œuvre conceptuelle mêlée de poésie et de cinégénie. Ingénieux, la genèse de ces treize titres porte sur les mythes et les conquêtes de l'ancien empire mésopotamien qu'est l'Assyrie. La croissance de cet État guerrier fut autant vertigineuse que sa chute fut brutale. Un vertige laissant à la postérité un vestige dépeint par ces six lyonnais à travers cette fresque sonore appelée Assyrian vertigo. "Le vertige Assyrien", sorte de film dont nous seuls sommes capables d'en fabriquer les images, nous entraîne dans des profondeurs insoupçonnées. Ambitieux, Picore a voulu donner une intemporalité à son nouvel album en réalisant un véritable bouillon sonore sous haute-tension.
Teinté de guitares noisy et shoegaze, de rythmes tribaux, de télescopages de sons, de discours énigmatiques (où l'on aurait aimé entendre de l'araméen, pour rester dans le sujet), d'ambiances angoissantes et j'en passe, cet Assyrian vertigo se veut immersif mais addictif à la longue. Grâce à une batterie enregistrée live pour rendre le tout plus brut de décoffrage, à une volonté de narration continue et à une mutation sonore, les lyonnais chamboulent leur méthode pour offrir leur album le plus abouti à ce jour. Mixé par Alap Momin (Dälek, This Immortal Coil), producteur autant à l'aise avec le hip-hop que la noise, et masterisé par le grand Alan Douches (Converge, The Dillinger Escape Plan, Mastodon), cet opus bénéficie d'un choix premium, du fait de la confrontation des styles, et d'une production remarquable à l'image des compositions complexes et subtiles. Le groupe a confessé y avoir laissé au rebus un album entier pour créer cette noirceur sinusoïdale absolue qu'est Assyrian vertigo, le qualifiant même de quatrième album tant le temps passé à le façonner fut long et éprouvant. Totalement compréhensible tant le résultat est inouï.

Note : L'édition CD de l'album contient un second disque contenant les remixes de tous les morceaux élaborés par des artistes de différentes scènes tels que Dirge, Dälek, Aucan, Hint et Scorn.