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Biographie > Air or not Air, Zatz the question

Travaillant dans l'ombre en tant qu'ingénieur du son du studio Jarring Effects (JFX Studio) et après avoir fait ses armes auprès des artistes du label depuis plusieurs années (avec Akufen d'High Tone notamment), R-Zatz développe seule, désormais, son propre univers sonore inspiré par moult mouvances dont le hip-hop. En 2005, la demoiselle se produit sur scène pour la première fois à l'occasion d'un festival à Lisbonne avec le trio féminin Kinokik (elle est alors accompagnée des deux vidéastes de Pixelles). Spécialisée dans la production, R-Zatz exerce ses compétences sur quelques titres d'Akufen et s'associe au rappeur Fisto (La 5ème Kolonne) pour composer des titres aux allures d'abstract hip-hop lourd et sombre. En 2007, la lyonnaise prépare son tout premier album et ne déroge pas la régle en le produisant.

En février 2008, sort Will we cross the line ?. Pour son premier effort discographique, R-Zatz est accompagnée d'invités rencontrés sur la route ou en studio tels que Carbon Copies (Picore), Takeshi Yoshimura (Azian Z) ou G Bart (Reverse Engineering). Il en est de même pour ses shows très ambiancés. En 2010, un EP du nom de Vagina rush voit le jour et se veut être un mix entre hip-hop et trip-hop. La présence du Sud-Africain Ben Sharpa et du MC K-The-I??? conforte le côté obscur et tourmenté de la musique de la Lyonnaise même si ce disque est plus apaisée que son prédecesseur.

A la fin du mois de février 2012, R-Zatz sort son deuxième album, Cruel summer en renouvelant sa confiance au trio suivant qui l'avait accompagné sur Vagina rush : Carine Di Vita aka Marilou du duo Mensch, au chant et à la basse, Takeshi Yoshimura d'Azian Z à la guitare et Mathieu Trouillet, batteur de Kaly live Dub.

R-Zatz / Chronique LP > Cruel summer

R-Zatz - Cruel Summer Arrivé(e) sur nos pages avec un premier album assez barré fait de bric et de broc il y a 4 ans, R-Zatz a depuis fait son trou avec un EP nommé Vagina rush à travers lequel nous sommes complètement passé à côté, malgré le fait de l'avoir vue en live à cette époque en première partie du Peuple de l'Herbe (cf. Le Peuple à L'Elysée... Montmartre !). On sentait déjà fortement le changement d'orientation musicale prise par l'ingénieuse du son du JFX Studio, davantage tiré vers le trip-hop, le downtempo voire le hip-hop grâce au duo de choc qu'est Ben Sharpa et K-The-I???. Et puis, cette nouvelle identité sonore s'est faite surtout grâce à la venue de trois musiciens, qui, par la force des choses, ont littéralement transformé le, désormais, groupe. C'est ce qui transparait donc dans ce nouvel album intitulé Cruel summer sorti très logiquement chez Jarring Effects.

Autour des claviers et des machines de Céline, se trouvent Carine Di Vita aka Marilou du duo Mensch, au chant et à la basse, Takeshi Yoshimura d'Azian Z à la guitare et Mathieu Trouillet, batteur de Kaly live Dub. Le trio apporte une couleur évidemment plus chaude et vivante à l'ensemble en se mélangeant à merveille aux programmations et aux notes de claviers de l'ancienne complice d'Aku-Fen. Le résultat, un ensemble de douces mélodies ("Cruel summer", "Take a look in the mirror", "Flower in heaven"), de rythmiques hypnotiques ("U got me", "Stormy", "Meadows of the soul") ou de mélopées ("Dark brown eyes" avec l'unique Black Sifichi), est une cohésion harmonieuse et équilibrée où se mêlent les ambiances les plus antinomiques. La facilité déconcertante avec laquelle le groupe nous immerge pendant plus de trois-quart d'heure sans que l'on sourcille, prouve que le pari de la mutation artistique est ici réussi.

R-Zatz est parvenu à expurger de son répertoire les éléments trop brouillons ou expérimentaux de Will we cross the line ? pour en faire un bouillon plus digeste avec ce deuxième album définitivement axé sur la richesse des harmonies et la simplicité des structures. Ca change tout !

R-Zatz / Chronique LP > Will we cross the line ?

RZatz - Will we cross the line ? Cela fait un peu plus d'un an déjà qu'est sorti le premier album d'R-Zatz. Cette travailleuse de l'ombre, ingénieur du son du célèbre JFX Studio, a décidé d'emboiter le pas de ses collègues artistes. Parce qu'il devait y en avoir, de la frustration, quant on pense que cela fait une paire d'années qu'elle s'exerce aux machines. Le temps pour elle de se perfectionner auprès de ses compères et Will we cross the line ? naissait. Cet opus a un an. Oui, mais qu'est-ce que représente une année pour un style musical, disons, intemporel ? La musique électronique est un domaine tellement vaste avec ses propres mouvements et influences, qu'il serait assez réducteur de la faire passer pour quelque chose de démodé ou dépassé. En tout cas, R-Zatz fait partie de ces projets qui ne sont pas concernés par cela. Car la lyonnaise, à la culture électronique pure, cultive l'art du découpage et de l'assemblage de sons les plus surprenants les uns des autres. Aux premières approches, il peut même être difficile de rentrer à l'intérieur de ce voyage sonore aux facettes multiples. Sombre, abstrait, barré, expérimental, dérangeant, étrange. Une certaine quantité d'adjectifs peut coller à la sensation ressentie à l'écoute de Will we cross the line ?. En effet, il n'est pas convenu d'avance que des titres tels que "All Communications are dead", avec son timbre strident sur une rythmique syncopée ou "Finalement", très Merzbow ou Jean-Louis Costes-like, puissent amener l'auditeur à cet album. Ce dernier est donc plutôt à prendre dans sa globalité, peu importe l'ordre des titres, mais, au moins l'effort de l'écouter en entier doit être fait pour l'apprécier un minimum. De la même manière qu'une construction de puzzle, chaque chanson est une pièce qui vient s'ajouter à une autre pour, au final, en voir une image et avoir du recul pour l'apprécier ou non selon l'acuité auditive. Nul ne reprochera à R-Zatz de varier les plaisirs en passant d'ambiances en ambiances. Au fil de l'album, vous pourrez tomber sur un spoken words de Takeshi Yoshimura sur "Hikari No Kioku", sur les scratchs de "Menteurs", sur l'univers trip-hop de "Nothing's still something" avec une voix semblable à celle de Thom Yorke, sur les grosses basses fracassantes au chant ravageur féminin de "Love to death" ou bien sur l'hypnotisante "Crash me Down". L'ensemble est, bien évidemment, propice aux visuels et R-Zatz n'hésite pas à en utiliser sur scène pour justifier une narration à ses sons. Les machines ? Un ersatz pas si mauvais que ça au final.