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Biographie > AqME : un peu d'histoire(s)

AqME, University of Nowhere, tu vas en entendre parler ! Et pour plusieurs raisons...
Dab', ils font partie du collectif Nowhere et la machine Pleymo va permettre aux autres groupes Nowhere qu'on leur prête une oreille plus attentive qu'aux groupes surgis de nulle part.
C'est peut-être idiot mais c'est comme ça !
Ensuite parce que AqME est la nouvelle version de Neurosyndrom et l'expérience passée, les réseaux et contacts établis ne sont pas perdus. D'ailleurs bien que pas encore signé, le groupe est déjà dans la plupart des bacs parisiens. Et puis pour se faire entendre dans la France entière, vaut mieux être basé dans la capitale qu'en Normandie, en Lorraine ou en Gironde.
C'est très con mais c'est comme ça !
Enfin parce que AqME n'est pas un groupe banal. Leur zic (celle proposée sur presque 5 titres) est ... bizarre. Ouais, alors que tout le monde réclame et créé des tiroirs pour ranger ses disques, les groupes ont horreur d'être limités à un "style" parce que c'est réducteur. Pas faux, mais voilà, le consommateur veut avoir une idée avant d'acheter... Et là AqME frappe fort parce que leur musique est (encore) indéfinissable. Ils ne rentrent dans aucun tiroir préétabli ! Eux mêmes se définissent comme "néopoptribalhopvarietcore"... En fait, je retiendrais surtout "pop" pour le côté Noisy Fate de par le chant et les mélodies qui font parfois très "pop à la française" et "core" pour le côté Enhancer de par le plombage des riffs et la puissance de certaines parties vocales. Chacun va devoir se faire SA propre définition de la musique de AqME.
C'est pas évident mais c'est comme ça !
Pourquoi "presque 5 titres" ? Ok, je m'explique. Les AqME ont enregistré leur CD en 2 jours, ce qui en soi est un exploit (tout zicos déjà confronté aux problèmes de l'enregistrement saura mesurer l'"exploit"), en plus ils ont réussi à y faire participer leurs amis de la Nowhere sur 2 des 5 titres, titres qui s'éloignent un peu de AqME pour se rapprocher du style des invités... Des invités qui ont fait le déplacement jusqu'au studio Garage de Bernard Natier et Virgile qui sont responsables de l'incroyable production de ce minialbum.
2 jours, c'est pas beaucoup mais c'est comme ça !

AqME a fait du chemin depuis le maxi University of Nowhere. Rapidement épuisé, ils l'ont réédité. Sofy a stoppé l'aventure AqME, elle est remplacée par Sheepo (Charlotte pour les moins intimes). En 2000 ils ont enregistré différents titres (au studio Salam Aleikum avec Arnaud Elbaz et EDA) pour étalonner leur progression et ils en ont placé trois sur une nouvelle édition du maxi University of Nowhere (avec la pompom girl sur la pochette) qui est ainsi devenu un EP, parmi les 3 titres on trouve "Sainte" qui sera retravaillé pout Sombres efforts. Sans attendre que ça bouge pour eux, ils ont décidé d'aller enregistrer (en 2001) leur album en Suède chez Dan Bergstrand (Shovel, Meshuggah, Unfold...), cet album sous le bras, ils ont démarché et démarché les labels jusqu'en 2002...
2002 est l'année d'AqME, le groupe entre dans le Sriracha Possee pour ses concerts et signe sur le jeune label At(h)ome, leur opus Sombres efforts sort dans un somptueux digipak le 10 septembre. Ils sont de la fête lors des Eurocks 2003...
L'album suivant, Polaroïds et pornographie, sort au printemps 2004, sans apporter de révolution, le groupe fait à nouveau un carton et s'offre des passages au Dour 2004, au Printemps de Bourges, à Solidays... Ils quittent également la team Nowhere (avant que celle-ci ne côtoie de beaucoup trop prés Kyo...) et Sriracha.
En octobre 2005, moins de deux ans aprés la sortie du précédent sort le troisième album : La fin des temps.
Enorme tournée, album et DVD Live(s), 2006 fut une année bien remplie pour AqME, en 2007 ils se sont donc reposés, ont bossé sur d'autres projets (Grÿmt peut-être..., Die on Monday et Vicki Vale forcément...), ont composé et enregistré Hérésie qui sort le 4 février 2008.
Début 2009, la nouvelle tombe et surprend... Ben quitte le groupe pour se consacrer à Die on Monday... Il est "remplacé" (bien qu'irremplaçable) par Julien, ami de longue date du groupe puisqu'il joue dans Lazy (managé par Etienne), Grÿmt (avec Etienne) mais aussi dans Dysby. Ensemble, ils retournent en Scandinavie pour enregistrer l'explosif En l'honneur de Jupiter qui sort en octobre 2009.
En mars 2012 alors que Epithète, dominion, épitaphe est en boîte, une autre nouvelle tombe et surprend encore plus encore : Thomas abandonne lui aussi son bébé pour se consacrer aux tatouages... Bien qu'irremplaçable, c'est Vincent (The Butcher's Rodeo, Noswad) qui prend sa place pour assurer la tournée...

Review Concert : AqME, Soirée sauvage au Cabaret (mai 2012)

Review Concert : AqME, Aqme et Mass Hysteria au Grand Mix (mars 2010)

Review Concert : AqME, Furia au Bataclan (fév. 2010)

Review Concert : AqME, AqME à l'Omnibus (Avril 2008)

Review Concert : AqME, AqME sur le bûcher (mars 2008)

Review Concert : AqME, la fin d'AqME (déc. 2006)

Review Concert : AqME, Aqme répète l'Olympia (sept. 2006)

Interview : AqME, Vincent en rodeo sur des questions (déc. 2016)

Interview : AqME, Dévisager AqME (fév. 2015)

Interview : AqME, Mass Hysteria croise Aqme (mars 2010)

Interview : AqME, AqME répond à tes questions (mars 2008)

Interview : AqME, du passé au futur (sept. 2006)

Interview : AqME, Etn vs (Marc)Oli Fauxgiel (janv. 06)

Interview : AqME, interview d'AqME (décembre 2002)

AqME / Chronique LP > Dévisager Dieu

AqME_Dévisager-Dieu Ce siamois écorché qui se confronte à sa foi reflète parfaitement ce nouvel album d'AqME. Parce que si le groupe est habitué au changement de personnel (seul Etn est un membre originel), il a fallu cette fois-ci y croire ou en tout cas, voir si c'était possible car Thomas était en grande partie responsable de l'identité si particulière d'AqME. Par son timbre, son chant, ses textes, son attitude, il a fait du combo une entité unique, identifiable en quelques secondes. Bien qu'irremplaçable, Vincent (impliqué dans Noswad et The Butcher's Rodeo) a pris sa place et si, sur scène, son talent a donné le change, au moment de l'écriture, on se retrouve avec un AqME dual. Une partie (celle au sang bleu ?) représente l'héritage, le passé, le AqME qui a vécu, l'autre partie, c'est le AqME de demain, ce corps qui se sera affranchi de son premier esprit en conservant son âme. Cet AqME plus chaud n'existe pas encore vraiment, pour l'heure, j'ai la sensation que Vincent "imite" un peu Thomas, comme pour assurer une transition plus aisée, comme pour prendre de l'assurance pour confronter son chant à celui, si typique, d'AqME. Le thème de l'ésotérisme, de la foi intérieure qui brûle, c'est une vaste source d'inspiration, peut-être là encore pour ne pas se démasquer et ne pas écrire des textes "trop" personnels, comme s'il fallait marquer un temps de respect avant de voler de ses propres ailes.

Toutes ces considérations quasi métaphysiques n'engagent que moi et quand tu mettras le disque en mode lecture, tu te prendras directement une droite. Pas de blabla, c'est la baston d'entrée avec "Avant le jour" et le chant clair qui déboule pour calmer le jeu est d'une grande précision, si on ne prend en compte que le chant, le jeu de batterie et la basse, c'est du AqME classique, mais la guitare, très rock par moments, s'essaye à quelques fioritures avec des effets qui passent bien, les fans du passé seront certainement rassurés avec ce premier morceau qui sonne déjà comme un "hit". On gagne ensuite en intensité avec "Enfants de Dieu" et son superbe final qui promet de sacrés frissons lors des prochains lives... Même topo pour "Au-delà de l'ombre", dés les trois premières plages, on sait qu'AqME a fait le bon choix en faisant confiance à Vincent s'ils ne voulaient pas bouleverser leurs habitudes et évoluer, comme d'habitude, par petites touches, histoire d'écrire une histoire linéaire et solide. On sait alors aussi que Dévisager Dieu est un bon album, sacrément charpenté et qui s'imprime avec une efficacité redoutable. Ce n'est qu'avec "Un appel" que l'on souffle un peu (et autre part que sur les braises), alors qu'on est tout prêt d'emballer notre partenaire sur ce qui semble être un slow langoureux, les choses se gâtent et les distorsions bien grasses déboulent pour tout détruire sans forcément réfléchir, "Entre louanges et regrets" qui suit est construit en miroir avec un début chaotique et une fin ultra posée (mais angoissante). Servi par un gros riff bien rock dans l'esprit, "L'homme et le sablier" varie lui aussi les rythmiques avec un certain charme sans pour autant que l'album ne perde en homogénéité. Encore un bon gros coup de blast pour la route ("Les abysses") et on se retrouve très impatient de connaître la suite...

AqME / Chronique LP > Epithète, dominion, épitaphe

Aqme - Epithete Epithète, dominion, épitaphe : à Pyramide en 3 briques, on ne serait pas dans la mouise avec ces trois mots... L'inséparable dépendance mortelle mène en fait à l'alcool si on écoute le titre éponyme sur ce nouvel album d'AqME... Mais à l'heure d'écrire ces quelques mots, le dernier du trio, "épitaphe", résonne différemment car cet opus est aussi la dernière trace sonore laissée par Thomas qui a fait son "Adieu !" au groupe...
Désormais il se consacre à l'écriture qui reste sur les corps plutôt qu'aux paroles qui s'envolent et qui sur ces onze titres sont hurlées avec une grande maîtrise, la fragilité qui faisait un peu le charme du chant a presque disparu au profit d'une forme de douceur assez agressive ("L'empire des jours semblables"). Quand la guitare se fait elle aussi plus douce, ce n'est que très temporaire car déboule alors un des refrains les plus violents d'AqME renforcé par les présences de Stéphane Buriez (Loudblast) et Junior Rodriguez (Darkness Dynamite) qui poussent la gueulante et la saturation sur "My english is pretty bad" (un clin d'oeil à "Words" ?). Une autre intro joue aussi sur les cordes sensibles, c'est celle de ""Plus tard" vs "Trop Tard"" mais là, le tempo reste plus calme plus longtemps et ça ne s'énerve que progressivement, c'est du AqME pur jus, le titre qui ressemble le plus au passé du groupe et qui du coup met en relief l'autre évolution majeure présente sur Epithète, dominion, épitaphe à savoir le jeu de Julien qui s'affirme davantage et prend définitivement ses distances avec l'héritage de Ben. Très incisifs, parfois heavy dans les sonorités et les enchaînements ("Marketing Armageddon"), les riffs de la guitare sont loins des lourds coups de butoir hachés des premiers albums, ils sont plus dans l'air du temps...
Sans le départ de Thomas, on aurait pu écrire que le groupe avait réussi sa mue, si elle reste "réussie", on sait qu'elle n'aura duré que le temps de la composition et l'enregistrement tant l'AqME qu'on découvrira sur scène sera fatalement différent...

AqME / Chronique LP > En l'honneur de Jupiter

AqME : En l'honneur de Jupiter En l'honneur de Jupiter n'est pas qu'un album de plus pour AqME, c'est le premier sans Ben, le guitariste qui est pour beaucoup dans le style si particulier des parisiens... Comment Julien (Lazy, Grÿmt et Dysby) allait gérer ce lourd héritage, comment allait-il "transformer" un groupe qui marque la scène depuis 10 ans ?... Le résultat est bluffant, le "son" d'ensemble (encore signé Daniel Bergstrand) est presque le même, le spectre me paraît plus large avec davantage de clarté dans les aigus et de pureté dans les graves. Côté ambiance, il n'y a qu'à jeter un oeil au track listing pour comprendre qu'après la La fin des temps et le bûcher de l'Hérésie, les bleuettes ne sont toujours pas d'actualité ("Les matamores", "Noel noir", "Macabre moderne", "Le chaos"...) et c'est le champ lexical de la survie qui est sans conteste le plus présent... Et si rien n'est directement dédié à Ben dans les paroles, on ne peut s'empêcher du double sens du refrain de "Macabre moderne" (Et pour tous les bons moments passés, ne pleure pas / Et pour tous les bons moments futurs, ne pleure plus), on ne peut pas non plus oublier l'expérience Vicki Vale, Thomas a (encore) fait des progrès au chant et n'hésite plus à poser sa voix (dès l'introduction de "Tout le monde est malheureux", sur presque tout "Vivre à nouveau"...) et quand il assombrit le ton, la différence est impressionnante... Côté rythmiques, Charlotte et Etienne ont visiblement pris leur pied à envoyer du gros ("Les matamores", "Macabre moderne") et à jouer sur les breaks, des temps clairs où la guitare ou le chant ressorte davantage. Julien apprécie autant la puissance et la lourdeur que l'explosivité (le bel artwork n'est pas un coktail Molotov pour rien...) et ne lâche jamais ses cordes, occupant massivement la plupart des titres et délicatement les petits espaces.
En l'honneur de Jupiter est peut-être l'opus le plus homogène d'AqME, aucun titre ne fait figure de hit incontournable au regard des autres, excepté le dernier "Uppe pa berget" ("Sur la montagne" en français) qui est instrumental, tous sont bien ficelés et c'est l'ensemble qui nous marque plus que telle ou telle plage. AqME poursuit son aventure malgré les embûches de la vie d'un groupe et a même transformé un handicap en avantage, signe, s'il en fallait d'autres, que ce groupe est grand.

AqME / Chronique LP > Hérésie


Aqme - Hérésie AqME est retourné en Suède pour cet album, allant chercher dans le froid, la précision et la puissance de Dan Bergstrand qui était déjà aux manettes de Sombres efforts et Polaroïds et pornographie, on retrouve donc davantage l'ambiance générale de leurs deux premiers albums que celle de La fin des temps qui aujourd'hui semble réellement sonner plus "rock". Une fois les yeux décrochés du superbe artwork qui semble croiser les célèbres The screaming head de Gerald Scarfe et Le cri d'Edvard Munch, ce sont nos oreilles qui sont accrochées par leur délicatesse, les quelques notes de guitare claires et mélancoliques qui servent d'intro éponyme à Hérésie ne tardent pas à gagner en grain et à saturer l'atmosphère, à leur son personnel s'ajoute la puissance et le groove de la rythmique et l'énergie du chant. Quelque soit le tempo et l'agressivité, les titres s'enchainent sans sourciller et si du côté musical, je n'ai pas grand chose à reprocher à cette nouvelle fournée de titres, les textes alternent le plutôt bon avec par exemple le refus de l'uniformisation et le réalisme glaçant de "Uniformes" (Nous mourons tous seuls) et l'assez moyen du fait de la tendance à la caricature de certains extraits comme ce Cette souffrance a déjà un nom, elle s'appelle vie sur "En saga om livet" (dont la musique est excellente), certes c'est le style d'AqME mais à trop vouloir coller à un certain public, le groupe perd en crédibilité. Je le préfère quand il a envie de "Casser/détruire" et qu'il y parvient ou quand il prend à revers la "Triskaïdékaphobie" ou traite des souffrances de manière plus adulte ("A.M : un jour de pluie"). Séduisant les teenagers, vivant en adultes, le combo semble vouloir refuser de vieillir comme si l'écriture était une fontaine de jouvence où puisait de l'énergie et de l'inspiration, le groupe arrivant bientôt à l'âge de l'adolescence, peut-être se rebellera-t-il lui-même contre cet état de fait ?
Quoi qu'il en soit/sera, 2008 est encore une année AqME, le groupe n'a fait que des réajustements et tant qu'ils ne se lasseront pas de leur jeu, nous continuerons certainement de jouer avec eux...

AqME / Chronique DVD > Live(s)

AqME : live(s) Aprés 3 albums studios et des centaines de concerts, AqME nous devait un petit live et pourquoi pas un DVD, avec Live(s), ils nous offrent les deux dans le même digipak... Et ils n'ont pas fait les choses à moitié (l'inverse nous aurait étonné mais...) avec deux concerts captés en 2006, un -Nantes, l'Olympic- pour les images et le son (en 5.1 s'il vous plaît), l'autre -Bruxelles, l'Ancienne Belgique- pour le son uniquement. En plus d'être une bonne idée (histoire de pouvoir écouter du AqME en live ailleurs que devant sa platine DVD), les sets-lists sont un peu différente avec derrière une solide ossature de tubes "Une dernière fois", "Je suis" et "Une vie pour rien" sur le DVD et "Tout à un détail près" et "Ainsi soit-il" sur le CD : deux excellents titres qui sont des moments forts sur scène mais "La belle inconnue" pour revenir aprés le rappel, c'est pas mal non plus...
On va laisser de côté le CD pour se focaliser sur le DVD, si l'achat est motivé par la présence d'un concert dans son intégralité, concert avec un son impeccable (le mastering est réalisé par Francis Caste...), des lumières qui jouent sur les ambiances, des cadreurs proches du quatuor et une réalisation très pro', de quoi difficilement rester calé dans son canapé et avec le son 5.1, on peut chanter comme si on était au coeur du public... D'ailleurs, c'est Koma qui l'a demandé Vous êtes invités à chanter (wéééééé) ... de toute façon, aprés on vous coupera au montage (wooooo)... J'adore... J'arrête de dévoiler ce qu'il se passe (je ne dirais rien sur le monstrueux "La réponse") pour dire qu'AqME nous a réservé quelques bonus... Quelques jolies photos, le lien vers le site officiel aqme.com, un reportage "Backstage" assez fun centré sur l'avant-concert et en gros morceau 17 extraits de Live(s) filmés entre 2002 et 2006, certes la qualité est très loin d'être celle du concert de l'Olympic mais ça permet de se promener dans de nombreuses salles de France, de retrouver quelques souvenirs (le Splendid pour moi !) et de réentendre certains titres ("Une autre ligne") sans parler d'étudier les coiffures de Ben et les tenues de Charlotte pour les kids les plus fans...
C'est une évidence mais ces Live(s) sont indispensables si on apprécie un tant soit peu AqME !!! Et si tu n'as pas encore de lecteur DVD, il n'est pas trop tard pour investir...

AqME / Chronique LP > La fin des temps

Aqme : La fin des temps On ne change pas une équipe qui gagne ? La fameuse expression en prend un coup avec ce nouvel album d'AqME, aprés avoir cartonné avec deux albums longuement préparés et à la production signée Dan Bergstrand, les Parisiens ont choisi de travailler rapidement (durant la tournée Polaroïds et pornographie), à Paris et avec Steve Prestage, un vieux briscard qui a bossé avec Black Sabbath comme avec Peter Gabriel... Steve qui parle français a pu coacher Koma et donner à son chant une nouvelle dimension, les textes étant ainsi davantage mis en valeur. Les thèmes n'ont pas vraiment changé, à son spleen personnel ("Ténèbres", "Une dernière fois"), AqME ajoute sa souffrance pour l'humanité ("La fin des temps"), se permet une jolie supplique blasphématoire ("Ainsi soit-il") et pose un regard sombre et adulte sur le show business ("Une vie pour rien", une dédicace à Vegastar ?). Musicalement, AqME joue de ses forces avec un son noir mais aussi plus "chaleureux" (la guitare qui introduit "Une dernière fois"), plus arrondi ("Des illusions") et Ben prend davantage de liberté avec son instrument notamment sur les deux titres lancinants et écorchés vifs que sont "Rien au monde" et "La belle inconnue", avec "Le poids des mots" intercalé, ça nous offre une fin d'album apocalyptique...
En bonus, le CD promo offre le clip de "Pas assez loin", d'aprés moi le moins bon de l'album, le clip est un exercice de style classique, dispensable, le CD commercialisé offre lui un bonus autrement plus intéressant puisque c'est un DVD avec un documentaire sur l'enregistrement de l'album où AqME nous explique les détails qui ont changé pour que La fin des temps fasse la différence...
L'album de la mâturité ? La fameuse expression passe-partout risque d'être servie à toutes les sauces avec La fin des temps qui plus qu'un terminus sonne bel et bien comme un nouveau départ.

AqME / Chronique LP > Polaroïds et pornographie


aqme : polaroids et pornographie On prend les mêmes et on recommence ! Sur le papier, AqME est certainement le groupe le moins fédérateur de la team Nowhere, dans les bacs, c'est celui qui récolte certainement le plus de suffrages, petit label, petits moyens mais de gros résultats comparés à ceux de Pleymo ou Enhancer pourtant sur des majors. Polaroïds et pornographie va récolter les fruits de la semence Sombres efforts : tournées quasi sold out, gros festivals, succés en radio, gravage massif, downloading sauvage, AqME est devenu un groupe important mais eux n'ont pas changé. Même label (At(h)ome), même producteur (Dan Bergstrand), même voyage en Suède et quelque part ... même album ! Car on retrouve dans ce nouvel opus tous les ingrédients du premier, les dosages ne sont peut-être pas identiques mais les gros riffs, ce chant à fleur de peau, ces rythmiques assassines, ce ton désabusé et les refrains entêtants sont bel et bien là. Deux trois titres coups de poings pour commencer ("Pornographie", "Chaque seconde"...), un peu de calme ("Tes mots me manquent"), un peu de tempête ("Ce que tu es") et un titre débridé larsénisé pour finir ("La réponse"), même dans l'architecture du skeud, les AqME sont restés fidèles à eux-mêmes. La grasse disto (guitare comme basse) impose un son d'ensemble assez oppressant et quand le tout s'éclaircit ("La vie est belle", on pense irrémédiablement aux Pixies, les esprits torturés semblent se rencontrer dans ce titre où belle rime avec cruelle. Les textes semblent moins poétiques, peut-être écrits davantage dans l'urgence, ils sont moins percutants que sur Sombres efforts, on alterne donc entre le bon ("Vampire") et le nettement moins bon ("3'38").
AqME n'a pas pris de risque avec cet album, les esprits bougons leurs reprocheront, ceux qui avaient apprécié le premier opus se régaleront avec Polaroïds et pornographie et avec les chauds concerts qu'il promet.

AqME / Chronique LP > Sombres efforts

aqme : sombres efforts L'album est tricolore : rouge, noir et blanc. Le rouge pour le sang, le noir pour la douleur et le blanc pour que les deux premières couleurs ressortent davantage, à moins que ce ne soit la couleur de la lumière. Ainsi la vie colorée des AqME n'est pas rose, elle tient plus du spleen baudelérien romantico-dépressif (ou à la cristallisation de Stendhal ?) qu'au ciel bleu, aux grosses cylindrées et aux poupées siliconées d'autres néo-métalleux. "Le rouge, c'est la couleur du sang, c'est la couleur des indiens, c'est la couleur de la violence" (Benoît Poelvoorde, C'est arrivé près de chez vous), le sang, la violence, la haine d'AqME passe par le rouge également, une violence contre soi-même mais aussi et surtout contre la société du paraître ("Superstar", "Une autre ligne"). Cette violence destructrice est utilisée et condamnée, éructée à la manière de KoRn ou Eths, c'est la couleur la plus brute et la moins bien maîtrisée par AqME qui ne la teinte pas assez. Leur douleur, noire, est issue de choix difficiles ("'Si' n'existe pas"), d'angoisses existentielles ("Instable"), du dégoût de sa personne ("In memoriam"), elle s'exprime par une voix traquée, écorchée, par des guitares lancinantes, tailladantes, par une basse saturée, malmenante, et par une batterie haletante, cassante. Le blanc, couleur de la douceur, celle qui pemet d'effacer, de s'éclaircir l'esprit, est la couleur la mieux utilisée sur la palette d'AqME, "Tout à un détail près", "Je suis", "Délicate et saine" sont autant d'aplats lumineux qui contrastent avec le sang et la douleur, qui les mettent en valeur, AqME sait peindre la nuit en sombre après nous avoir éclairés tout le jour, et c'est l'éclat de ce jour qui est phénoménal, ces titres calmes sont d'une douceur merveilleuse, nuançant le tout, ils donnent tout le relief à ce triptyque.

AqME / Chronique EP > University of Nowhere

aqme : university of nowhere Bon, maintenant mes opinions, ce ne sont que des mots et pour se faire une idée, vaut mieux écouter...
"Encore une fois" ! Dingue ça, arrive à peine le refrain pour la deuxième fois et déjà je gueule les lyrics. Break "pop", refrain supra lourd, super entrainant, la basse de Sofy, la gratte de Ben et la batterie d'E.t.n se mettent en évidence chacun leur tour et on passe au morceau de Nowhere. "T.n" les Pleymo ont expliqué le système, chaque album des membres de la team verra des guests sur le titre appelé "T.n". Ici ce sont Bill (Enhancer) et Kemar (Pleymo) qui jouent avec les micros et s'approprient le titre. L'intro toute tranquille de "A jamais" nous ramène aux côtés "pop" du combo qui n'hésite pas quelques secondes plus tard à embrayer sur les côtés "néo", "core" et même "noisy", Toma entre deux roulements promène sa voix dans tous ces registres... La montée de riffs successifs de "Words" débouchent sur un titre en anglais qui n'est pas sans ME rappeler quelques KoRneries. Le gros break puis le retour des grattes renforçant cette idée. Enfin sur "Beauté vénéneuse" c'est Franklyn de Noisy Fate, dont l'album devrait sortir d'ici peu, qui partage les parties vocales. Le style Noisy Fate déteint sur le morceau très "pop rock" où la rage des Parisiens est contenue la plupart du temps, et quand elle s'exprime c'est de façon très "émo" tionnnelle. Mon titre préféré.
Voilà, AqME c'est comme ça !
Enfin...
Presque.