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Biographie > Madame la Baronne

Baroness s'est formé en 2003 à Savannah, aux États-Unis, un coin un peu paumé près de Lexington, aux pieds des Blue Ridge Moutains.
Baroness a l'expérience de plusieurs centaines de concerts, dont des tournées avec Municipal Waste, Kylesa, Alabama thunderpussy, Cursed et The Holy Moutain. Le groupe sort après plusieurs démos, son premier album The red album le 4 septembre 2007 sur Relapse Records. Enregistré au Jam Room Studio dans l'état de Colombia avec l'aide de Jay Matheson et Steve Slavich, et Phillip Cope en tant que producteur, l'album s'annonce épique...

Baroness / Chronique LP > Songs of Townes Van Zandt Vol.II

Songs of Townes Van Zandt Vol.II Il y a à peu près deux ans, trois musiciens de renom, Scott Kelly, Steve Von Till et Scott "Wino" Weinrich s'étaient réunis sous l'égide de My Proud Mountain et Neurot Recordings afin de donner naissance à un "tribute album" au cultissime (mais encore trop méconnu de ce côté de l'Atlantique) songwriter américain Townes Van Zandt. Le résultat étant une véritable pépite du genre et ayant récolté une constellation d'éloges plus que méritées, les deux labels se sont associés pour remettre le couvert le temps d'un deuxième volet sobrement baptisé Songs of Townes Van Zandt Vol.II pour lequel ils ont changé le casting originel, ouvrant ainsi l'hommage à d'autres voix et sensibilités.

Confiés cette fois aux bons soins d'un nouveau trio de curateurs soit John Baizley (Baroness), Nate Hall (US Christmas) et Mike Scheidt (YOB, Middian, Lumbar, VHÖL...), lesquels se sont entourés de quelques musiciens additionnels (Katie Jones, Stevie Floyd - Dark Castle, Taurus et Dorthia Cottrell de Windhand), ce second volume, bien que disposant d'un casting un peu moins prestigieux sur le papier, a quand même déjà fière allure. Et lorsque les premières notes de la petite dizaine de titres que comptent l'album viennent effleurer l'épiderme de l'auditeur, l'évidence se fait jour d'elle-même, l'héritage du maître est toujours entre de très bonnes mains. Que ce soit avec un Mike Scheidt en solo sur l'inaugural "To live is to fly" puis sa réponse immédiate orchestrée par Nate Hall lui aussi en solitaire (le somptueux et fragile "Pancho & lefty"), les compositions ténébreuses et leurs brisures mélodiques de Townes Van Zandt trouvent ici un nouvel écrin à la classe intemporelle.

Lorsque le duo Katie Jones/John Baizley prend possession du morceau "St John the gambler" pour lui donner une seconde vie, le rendu à deux voix frôle le sublime, cristallisant par la même occasion tout l'intérêt qu'offre un album hommage aussi respectueux de l'œuvre originelle (et son esprit surtout), en la sublimant sans jamais la dénaturer (l'intense "Rake" par Mike Scheidt encore en solo, "Waitin' around to die" par le duo Nate Hall & Stevie Floyd). Au détour de ces petites merveilles country/folk bluesy aux confins de l'americana crépusculaire, on trouve quelques associations d'idées absolument exquises comme celle de faire collaborer une nouvelle fois Katie Jones et John Baizley pour "For the sake of the song" (poétique) puis "If I needed you" (lumineux) ou la paire Nate Hall/Dorthia Cottrell sur le très beau "Our mother the mountain". Encore un sans-faute pour conclure ce Songs of Townes Van Zandt Vol.II idéalement placé dans le sillage de son prédécesseur. Grande classe.

Baroness / Chronique LP > Yellow & green

Baroness - Yellow & green Après la folie virtuose et créative de The Red album, le Blue record des natifs de Savannah avait clairement déçu dans le terrier du webzine aux longues oreilles lors de sa sortie (et encore aujourd'hui), même si cela n'avait, évidemment, aucunement freiné le groupe dans son ascension météoritique vers les cimes de son sludge rock'n'roll. Histoire de mettre tout le monde d'accord voici donc un double album toujours très coloré et remplis à ras bord de titres dévoilant tous les visages de ce qu'est désormais Baroness. Soit un poids lourd de sa catégorie et l'une des têtes d'affiche du roster de l'imposant label Relapse.

Le jaune face au vert, une sorte de Ying et de Yang version Baroness, le groupe introduit ce double album avec une très belle première piste ("Yellow theme") inaugurant et préfigurant déjà ce que pourrait être la suite en terme d'excellence. Ou pas. L'ambiance est soignée, l'esquisse mélodique en filigrane vient se poser comme une fleur, une jolie intro ambient/rock atmosphérique histoire de venir effleurer les tympans de l'auditeur, le groupe prépare le terrain avant de lâcher sa première torpille. Qui arrive déjà avec l'impérial "Take my bones away" et sa cohorte de riffs endiablés, expédiés au travers des enceintes à un rythme soutenu et une fougue à peine plus contenue que les mélodies qui éclaircissent l'horizon façon tube imparable. Le groupe serait-il devenu une machine à hits ? On peut se laisser tenter de répondre par l'affirmative d'autant que "March into the sea" vient confirmer l'évidence : ce Baroness a sorti le grand jeu. (Ou pas)

Grosse présence instrumentale, charisme vocal par palette et des compos troussées bien comme il faut, si l'ensemble manque quelque peu de puissance déflagratrice, c'est peut-être parce que les américains ont pris le temps de développer des textures pop ("Little things") et space-rock/progressives ("Cocainium", "Back where I belong") de manière à donner à leur ensemble musical un côté multi-facettes qui sied parfaitement (au départ) au concept de double album qu'est Yellow & green. Même si cela doit occasionner quelques fours galactiques à l'image de l'infâme "Sea lungs" et sa grandiloquence crasse, ou globalement quelques titres à jeter (le très poussif "Mtns. (The Crown & Anchor)") même si placé au beau milieu de quelques pépites à l'incandescence émotionnelle édifiante ("Eula"). On met alors le doigt sur le problème de l'album. Car là où il parvient parfaitement à maîtriser ses lancements (un "Green theme" lumineux inaugurant parfaitement la seconde partie de ce double album), Baroness parvient à tenir la route au début (un "Board up the house" à la technicité pointue) avant de se vautrer dans un rock marshmallow indigne de son statut ("Foolsong") puis de carrément susciter un ennui poli pour ne pas dire autre chose (un "Collapse" somnifère).

On s'endort profondément et ce n'est qu'à partir de la seconde moitié de "Psalms alive" que les georgiens vont recommencer à secouer le palpitant de son assistance invisible avant de la plonger dans la torpeur folk/acoustique de "Stretchmarker". Sauf que pour une fois par contre, c'est réussi et c'est fait avec une élégance toute retenue qui va bien mieux au groupe que cette emphase à laquelle il nous a habitué sur les trop nombreux titres d'un opus par conséquent beaucoup... trop long, clairement roboratif même. Et si le final renoue avec le (presque) haut niveau (cf : le quasi imparable "The line between") avant d'épiloguer tout en douceur avec "If I forget thee, lowcountry", on se dit quand même que dix-huit morceaux répartis en 2 disques, tout ça pour avoir juste de quoi tenir la route le temps d'un EP 5/6 titres à tout casser, ça fait un peur cher payé. On attend un "Black abum" maintenant ?

Baroness / Chronique LP > Blue record

Baroness - Blue record Après le rouge de son premier album, la baronne traverse sa période bleue à l'heure de son deuxième opus et, si elle change de tonalité de couleur, n'en révolutionne pas pour autant ce qui fait l'essence sa musique. Ou tout du moins, sur le principe de départ. Le programme : riffs progressifs/stoner, section rythmique sludge post-metal, ambiances psychédéliques à la Pink Floyd et tendances au déferlement hardcore, est alléchant, assurant encore une fois un sacré mélange des genres chez eux groupe pour qui le crossover rock/metal 3 étoiles et comme une seconde nature. Verdict ? Instrumentalement parlant, c'est béton. Sauf que ça ne fonctionne pas vraiment.
Car si The Red album était monstrueusement efficace de bout en bout, cette nouvelle livraison a bien du mal à égaler la précédente. Titres compacts aux structures étudiées, une architecture musicale à la vision globale et aux fondations solides, Baroness brasse large mais on a parfois l'impression que le groupe ne sait plus lui-même où il va. Guitares ferraillant dans un registre desert-rock, une énergie punk qui transpire des premiers titres, le groupe est du genre gros moteur et a du coffre. Le problème, c'est que tout ça s'essouffle terriblement vite. 3 ou 4 titres défilent puis les Américains semblent tomber en panne d'inspiration, ne sachant plus vraiment quoi faire. Malgré quelques fulgurances inventives, des cavalcades rythmiques et une poignée de motifs musicaux originaux, le groupe vient s'enferrer dans ses inspirations old-school.
Production ronde et puissante certes, un artwork plutôt raffiné, Blue record est de ces disques qui jonglent avec les genres, quelque part entre rock, prog, noise et post-metal aux rares tentations hardcore. mais qui tournent à vide. A trop vouloir en faire, Baroness s'est perdu en chemin. Et s'il avait au départ tout pour être du même tonneau que le son prédécesseur, la sauce ne prend pas, enfin pas vraiment, ou trop rarement. D'autant qu'au fil des morceaux, régulièrement redondants, l'excitation qui nous habitait au tout début s'estompe inexorablement, si bien qu'au terme de l'écoute complète du disque, on a quasiment plus qu'une envie, passer à autre chose. Une déception à la hauteur des attentes suscitées par The Red album que ce Blue record clairement poussif et finalement bien ennuyeux.
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Baroness / Chronique LP > The red album

Baroness : Red album Oubliez les aphones d'Isis et de Neurosis, dites au revoir aux instrumentaux ennuyants de Russian Circles et de Pelican, effacez le stoner façon Capricorns, ignorez également la vague de sludge-core et le métal prog, car Baroness en remet une couche sérieuse à l'ensemble mais avec une notion aigue de la mélodie et du refrain efficace, The red album comble le fossé entre branlette instrumentale et titre éjaculateur précoce pour s'illustrer parfaitement sur ce premier album grâce à une voix à la fois envoûtante et envoutée. Dix titres rageurs et enragés qui sèment la zizanie et souffle le chaud et le froid, et surtout le chaud d'ailleurs.
"Rays on pinion" s'élève lentement sur la plaine, prend son temps avant de propulser son mélange de rock'n'roll, influencé 70's, des grands chaînes montagneuses des Appalaches, de heavy sérieusement burné, le tout menotté par une musique qui voit le mot "épique" porté au pinnacle, voilà le résultat d'un Mogwaï qui a été élevé au Motorhead pour le petit-déjeuner pendant toute sa croissance. La jouissance de Baroness se fait répétitive et saisissante, s'accompagne d'effets secondaires, d'addictions et de rechutes, la preuve avec ce "Wailing wintry wind" très Pink Floydien sur l'intro, qui devient et redevient aérien par la suite, soutenu avec force par une basse massive, des guitares au coeur léger et à la vertue qui ne pèse pas bien lourd.
Démarrage beaucoup plus rapide pour le délicieux "Cockroach en fleur", dont le titre est tout un poème par lui-même, Baroness n'en n'oublie pas ses passages aux lignes mélodiques qui oscillent au gré de ces humeurs, titre archétype, refrain massif qui avance tel un étendard, passage instrumental entre les deux refrains, court mais efficace. Au rayon lourdeur, le groupe n'en n'oublie pas quelques barrages de saturation de rigueur, notemment les guitares magmatiques de "Aleph" accompagnées par une basse saturée, version pur beurre que l'on retrouve aussi sur le plus insolent "Teeth of a cogwheel".
Difficile de digérer The red album, tant par sa densité que par sa diversité, entre titres éclairs ("grad") et titres épique ("Rays on pinion"), passage subliminal ("Wailing wintry wind") ou passage destructeur ("Aleph"), les Baroness s'apprivoise avec patience et expérience, voir même un peu de dextérité...