metal Métal > The Chariot

Biographie > A roulettes !!!!

The Chariot Formé à Douglasville dans l'état de Georgie (USA), The Chariot est une formation hardcore/metalcore/mathcore ayant poussé ses premiers cris en 2003 et connu depuis pas mal de bouleversement de line-up (le seul membre originel reste le fondateur du groupe et ex-vocaliste de Norma Jean John Scogin). Niveau discographique, c'est par contre autrement plus solide puisqu'après un premier passage en studio, il squeeze l'étape démo et EP pour signer directement chez Solid State Records (August Burns Red, Demon Hunter, Underoath) par le biais duquel sort en 2004 l'album Everything is alive, everything is breathing, nothing is dead, and nothing is bleeding.

Le succès est rapide et le groupe se met à tourner massivement (il ne s'arrêtera plus par la suite) mais sort quand même The unsung EP en 2005. Partageant les scènes avec notamment des groupes du calibre d'Every Time I Die, The Red Chord ou Underoath, The Chariot se fait assez largement remarquer sur le territoire nord-américain avant d'exploser sur tous les continents avec son deuxième album studio, The fiancée, qui paraît au printemps 2007, toujours via Solid State. Le groupe devient une véritable machine de guerre enchaînant les tournées avec les passages en studio puis de nouveau les tournées.

En permanence sur les routes quand ils n'enregistrent pas, les américains livrent néanmoins Wars and rumors of wars en 2009 puis Long live en 2010, pour lequel ils signent cette fois chez Good Fight Music (Cancer Bats, Funeral For a Friend, Madball, This or The Apocalypse). Deux ans plus tard, The Chariot passe en un nouveau cap au sein de l'industrie du disque en sortant One wing conjointement chez Good Fight, eOne Music et Season of Mist.

The Chariot / Chronique LP > One wing

The Chariot - One wing Des fois il y a des albums que tu attends longtemps. Genre très longtemps. Et One wing en fait partie. Annoncé rapidement après la sortie d'un Long live qui m'avait laissé sur ma faim (sauf certains passages épiques dont seuls les caddies semblaient capables), ce nouvel opus me faisait déjà du pied avant même d'en avoir entendu un larsen. Et encore plus de chapiteau avec le premier trailer disponible : "Speak". J'ai du coup longtemps attendu de recevoir l'album. Très longtemps. Assez longtemps pour ne lire que des critiques dithyrambiques sur le nouveau bébé. Hallelujah comme dirait l'autre au fond du Mississippi. Alors aussi génial que ça ?

Bon déjà cet album du Chariot doit s'écouter en une seule fois, les titres sont là pour nous l'indiquer : "Forget". "Not". "Your". "First". "Love". "Speak". "In". "Tongues". "And". "Cheeks". Les américains sont en forme et nous le prouvent avec des titres qui ont fait leur succès et l'album est d'ailleurs entré dans les charts américains dès sa sortie. Lancés tels un Felix B. oubliant d'ouvrir son parachute, on y retrouve du chaos, de la tension, de la folie. Miam, je bave, je bande. Dès les premières notes, on sent que le quintet d'Atlanta a voulu pousser la recette plus loin. Les compos sont plus denses, plus compliquées. Et on retrouve également certaines vieilles recettes comme les délais de guitares triturés en introduction. Mais le côté rock and roll a été mis de côté et remplacé par des instants plus métal ("Forget" notamment) ou stoner ("Tongues"). Savoir se renouveler après 5 albums c'est bien n'est-ce-pas... [* ajouter le nom du groupe qui vous a déçu après avoir sorti 3 albums identiques *] ?

Mais ce qui fait la différence avec The Chariot et beaucoup de groupes chaotiques, c'est leurs cojones créatives aussi grosses que les prothèses de Lance Armstrong. Au milieu de ce bordel ils ont toujours su ajouter ces fulgurances initiées avec les chants western d'"Unsung", les choeurs d'églises chez The fiancee, les samples de radios d'Atlanta au fil de Long live et les guests comme Dan Smith de Listener ou Hayley Williams de Paramore (oui Paramore...). On retrouve donc ici ces expérimentations plutôt intéressantes : un interlude ("Your") chanté par Angela Plake - non elle n'est pas connue, c'est une amie du groupe -, leur ancien guitariste Bryan Taylor sur "Not", une fin de morceau digne d'Ennio Morricone ("First"), des extraits du film - Le Dictateur - ("Cheeks"). Mais surtout le magnifique piano/voix de "Speak" qui mérite à lui seul l'achat de l'album, 2'12 de jouissance. Rien que ça.

Malheureusement à la fin de cet album et après plusieurs écoutes, j'ai comme un manque dans mes oreilles de drogué de chaos sonore. Les passages chaotiques sont chaotiques, les interludes me rappellent l'expérience live du groupe et pourtant je ne suis pas comblé. J'attendais peut-être plus de cet album. J'aime le Chariot quand il est fou et si certains passages restent mémorables, la densité de cet album a pris le dessus sur la spontanéité qui a fait de ce groupe un de mes préférés. Et même si je suis certain que d'autres apprécieront ce virage, je tiens à préciser que certaines trouvailles ou expérimentations sont parfois des relectures, voire des pompages, de leurs titres. Et si on se dit que ça fait parti de l'univers du groupe, certaines fois c'est assez perturbant. Ainsi, l'interlude "Your" a pour paroles "They faced each other" (The fiancee). Et le larsen d'ouverture de "And" est le même que le larsen d'ouverture de "Evan perks" (Long live). Clin d'oeil ou foutage de gueule ?

The Chariot / Chronique LP > The fiancée

The Chariot - The fiancee En musique, c'est comme en cinéma ou en littérature, dès qu'un filon marche, on l'exploite jusqu'au bout, quoiqu'il advienne. La seule finalité étant de faire sauter la banque une fois et d'empiler les petites liasses de billets verts derrière. Et dans le genre, Solid State Records est la mine d'or du genre avec sa flopée de combos metalcore estampillé "chrétiens" histoire de jouer finement le coup d'un point de vue marketing alors qu'en fait, le style pratiqué n'est "que" du metal bourrin sommes toutes assez basiques à deux ou trois exceptions près (August Burns Red, The Showdown et Underoath sortant quand même du lot...).

Le problème, c'est qu'à ce petit jeu-là, on risque assez facilement d'en faire des tonnes ou de livrer la sortie de trop, ce que n'est pas (évacuons le sujet tout de suite), ce The fiancée quand bien même ses géniteurs apparaissent par instants comme des sous-clones d'Every Time I Die ou Norma Jean en plus mathcore que brutalement hardcore metal. Dans les faits, si l'inaugural "Back to back" éraille bien les conduits auditifs d'entrée de jeu, l'album souffre de baisses d'intensités assez surprenante à ce niveau ("They faced each other", "The deaf policeman"). Là où la puissance de feu du groupe est justement censée masquer les clichés et autres poncifs les plus évidents, The Chariot gagne ses galons de groupe "qui compte" en frappant surtout très fort au rayon riffing schizo et hurlements déments ("They drew their swords", "And shot each other").

Parce que chutes de tensions d'accord, mais The fiancée fait partie de ces albums qui peuvent se révéler moins prévisibles qu'il n'y paraissait au premier album, notamment par le biais d'un duo avec la chanteuse de... Paramore (si si), sur l'efficace mais étrange "Then came to kill" avant de tout lâcher façon screamo-core écorché vif sur l'abrasif et saignant "Forgive me Nashville". Loin de n'être qu'un énième ersatz métallique à mèche vaguement instrumentalisé "christancore" pour cartonner les charts ("The two dead boys"), The fiancée n'en reste pas moins un album en demi-teinte, certes pas mauvais du tout, mais un peu trop entre deux chaises et manquant de ce supplément d'âme (et de talent ?) pour réellement s'affirmer comme un poids lourd du genre. Par contre, pourquoi faire le "The trumpet" de fin ?