Cocaine Piss - The dancer Après les alléchantes sorties successives en quelques centaines d'exemplaires des vinyles 3 titres Sex weirdos 7" et Cosmic bullshit 7" en 2016, on attendait pas moins que l'arrivée rapide d'un album bien fourni et explosif des Liégeois de Cocaine Piss. Mission réussie en fin d'année dernière avec The dancer, œuvre de 14 titres d'une durée de 22 minutes, ajoutée de quatre B-sides comptant l'intervention de compatriotes belges (dont Ghinzu et Mauro Pawlowski, l'ex-dEUS, Evil Superstars et Kiss My Jazz), déjà présentes sur les EP précités. Ben ouais ! C'est ça Cocaine Piss : pas le temps de souffler, ça joue vite, ça conclue vite, ça s'enchaine vite, bref, tu l'auras compris, on est plus proche de l'état d'esprit punk des Youth Of Today que des envies de morceaux contemplatifs à la Swans. Toutefois, le quatuor sait par moments contraster le propos en ralentissant les ardeurs rythmiques, non sans garder toutes tensions palpables intactes ("The dancer", "Average romance", et les titres bonus qui marquent une coupure avec les intentions speedo-frénétiques du groupe). Une tension comprise et reproduite sur disque par Sir Steve Albini et parfaitement captée par les micros et consoles de son Electrical Audio à Chicago.

Paradoxalement, ce qui fait le sel de Cocaine Piss, c'est cette voix féminine approximativement maîtrisée, moitié criarde, moitié scandée et baragouinée, avec un accent anglais parfois à couper au couteau. Bien que souvent sur le fil du rasoir, le chant monotone d'Aurélie Poppins, sorte de Riot Grrrl à la belge (à voir sur scène pour comprendre) obnubilée par le sexe, donne ce petit "plus" à cette recette déjà bien usée qui délivre du punk hardcore dans son plus bel apparat. Hypertension Records (AmenRa, Red Sparowes, Drums Are For Parades...), label de bon goût qui accompagne le groupe depuis ses débuts, s'est logiquement chargé de la sortie de ce premier album (même si sa durée tient de l'EP) remplit de bruits en tout genre sentant bon la "pisse de cocaïne". Tiens, à ce sujet, et pour terminer cette chronique, une interrogation : est-il osé de penser que le nom du quatuor est un atout pour se faire connaître davantage ?