metal Métal > Cradle of Filth

Biographie > berceau d'ordures

Cradle of Filth, Cradle pour les intimes, CoF pour les initiés, berceau d'ordures pour les français... Le groupe représente presqu'à lui seul (avec pour ne citer qu'eux Dimmu Borgir et Emperor) un genre particulier : le black métal (option atmosphérique). Au coeur du combo : Dani, autour : différents membres plus ou moins illustres qui ont du mal à survivre à plus de 3 enregistrements aux côtés de Dani... Je les découvre en 1996 avec Dusk and her embrace, depuis 1991 les Anglais ont déjà sorti plusieurs démos, un premier album (The principle of evil made flesh) et un EP (Vempire or dark fearytales in phallustein), de quoi se faire connaître dans les milieux autorisés et se faire remarquer par des artworks et des titres assez évocateurs... Le groupe mêle blast de batterie, voix hors norme, guitares hurlantes et nappes de synthés qui tombent aussi doucement que la neige à Noël... Cradle of Filth est un amalgame de passages sombres et lumineux, à l'époque c'est assez scotchant à écouter... Lors du Dynamo Open Air 1997 je les vois sur scène vers 15h sous le soleil... L'image du groupe (maquillage blanc et noir, faux-sang, guignoleries en tout genre) en prend un coup vu l'horaire... Malgré tout, j'accroche également sur leur album suivant, Cruelty and the beast, Cradle affine son style et joue la démesure avec classe en studio. Le succés commercial est au rendez-vous et se poursuit avec From the cradle to enslave (1999), le groupe atteint alors certainement son apogée. S'ensuivront des EPs, d'énièmes changements de line-up, différents labels mais voilà, j'ai vieilli et le groupe n'apporte plus rien, si ce n'est peut-être davantage de "soupe", leurs titres deviennent moins épiques, plus formatés, Cradle of Filth calcule tout et plus que jamais, leur charme a donc disparu... En 2004, ils passent chez RoadRunner et sortent Nymphetamine puis un DVD Peace through superior firepower (2005).

Cradle of Filth / Chronique DVD > Peace through superior firepower

cradle of filth : dvd Davantage réputé pour leurs frasques et nombreuses controverses plutôt que pour leurs prestations scéniques souvent hasardeuses, Cradle of Filth tente, par le biais de ce DVD mis en boite à l'occasion de leur venue dans l'hexagone, de faire taire bon nombre de détracteurs.
Derrière des moyens financiers non négligeables, le plus célèbre groupe de Black métal de la planète a fait en sorte de déployer tous les artifices qu'il a en sa possession pour nous livrer un concert qu'il espérait enivrant à souhait, nous entraînant dans une décrépitude où seuls la morbidité et le sexe sont les maître-mots. Bref, les valeurs qui font de Cradle of Filth une formation décriée pour sa marginalité.
Peine perdue ! Une fois de plus nous sommes déçus.
Bien que présentant une set-list alléchante axée autour de leur dernier opus Nymphetamine ainsi qu'une rythmique meurtrière brillamment mise en exergue par la voix criarde et gutturale de Dani, nous ne pouvons nous satisfaire de la puérile gestuelle du chanteur et du statisme dont il fait itérativement usage. Plus proche d'un dévers burlesque et caricatural que d'un versant malsain à connotation pseudo-psychotique, les hurlements barbacanes qui nous transcendent actuellement sur albums sont loin de nous envoûter dans ce DVD.
Malgré un public parisien bouillant prêt à sombrer dans une ivresse symbiotique sans précédent, la vallée sépulcrale et lugubre où seuls les interdits sont permis semble plus qu'inaccessible tellement la pauvreté scénique est choquante : quelques pitoyables sauts de cabri, des gargouilles pathétiques, une acrobate qui à première vue s'est trompée de spectacle, et de temps à autres des effets pyrotechniques histoire de justifier le prix du ticket auprès des fans. Seul le squelette géant fait son petit effet, et encore ça souligne bien plus les déviances commerciales du groupe que le "climat de rébellion" qu'est supposé faire émerger le Black métal.
Nous sommes donc face à une salle clairement scindée en deux : d'une part la léthargie sévère que manifeste le groupe, et d'autre part le chaudron que représente le public (sans doute davantage énervé par ce qu'il a ingurgité avant d'entrer en salle que par la fougue qui règne sur scène )
Ne jouons pas les mauvaises langues non plus, tout n'est pas à jeter... et heureusement !
Hormis Dani et son histrionisme redondant, les autres membres du groupe présentent un look et un charisme qui se prête parfaitement au contexte. Leur son est puissant, mélodique, bien équilibré , et laisse entrevoir une influence Heavy agréable et carrée.
Les documentaires quant à eux ne présentent pas grand intérêt : séance dédicace indigeste, quelques "délires jackassiens" parfois amusants, des vidéo-clips . Rien de surprenant ni de transcendant surtout quand on ne parle pas anglais (les sous-titres n'étant toujours pas dans les préoccupations de RoadRunner).
De manière générale, le concert présente donc un son travaillé brillamment dosé, le public est énorme et semble prêt à tout dévaster sur son passage, mais la prestance scénique de Dani Filth associée aux artifices horripile et met fin à ce qui aurait pu donner un concert de qualité ; l'aspect sombre et glauque s'en voyant délabré, et le Black métal dénaturé.
Je ne peux donc que vous conseiller de garder les yeux fermés et d'écouter, sinon la déception sera votre. Seuls les adolescents boutonneux trouveront, dans ce DVD, remède à leur quête d'identité ; les autres seront frustrés.