metal Métal > Cult of Luna

Biographie > Le culte de la lune


Eclipse n'a jamais vraiment fait parler de lui, même en Suède... C'est pourtant le premier groupe de Klas (chant) et Johannes (guitare) qui ensemble ont bâti Cult of Luna. Leur première démo date de 1999, ils se cherchent encore et le line-up n'est pas stable, ils vivotent et trouvent un fan en la personne de Tim gérant de Trust No One recordings qui les relie à Switchblade le temps d'un split... C'est après ça que le label britannique Rage of Achilles (à qui l'on doit également la sortie d'Unearthed en Europe) s'intéresse à eux. Les CoL signent leur premier album qui sort 3 jours aprés le 11 septembre 2001... La destruction et le chaos occupent plus la télé que nos chaînes hi-fi... Mais Earache records a des oreilles partout et financent la suite des aventures du groupe. Leur deuxième opus les amène sur le devant de la scène The Beyond sort début 2003 et depuis cette sortie, le combo a su conserver les mêmes membres (Eric à la deuxième guitare, Andreas à la basse, Thomas à la batterie, Magnus aux percussions et Anders au clavier). Avant de retourner aux Tonteknik studios pour enregistrer Salvation qui sort en octobre 2004, ils ont eu le temps de tourner avec entre autres Poison The Well et Dillinger Escape Plan...

Review Festival : Cult of Luna, Hellfest 2013

Review Concert : Cult of Luna, Cult Of Luna, la tournée éternelle (mars 2009)

Review Concert : Cult of Luna, Cult of Luna au Barfly (mai 2006)

Interview : Cult of Luna, L'interview Cult(e) (mars 2013)

Cult of Luna / Chronique Split > Råångest

Cult of Luna The Old Wind Råångest Quel groupe de Post-Hard-Core suédois va sortir un album en 2016 ? Il y a au moins deux réponses possibles. Bien sûr, le retour de Cult of Luna te vient immédiatement en tête mais il ne faut pas oublier The Old Wind, groupe composé entre autre d'un peu de The Ocean et de Breach. Pour rendre l'attente plus supportable, Pelagic Records nous propose un split album intitulé Råångest (qu'on pourrait traduire par "anxiété que l'on ressent quand on est tombé au fond d'un puits"). Cult of Luna s'exerce au petit jeu de la reprise en obscurcissant et étirant le "Last will and testament" d'Amebix, titre qui gagne en consistance et se retrouve méconnaissable, et ce n'est pas plus mal, cette version étant bien plus intéressante à nos oreilles ! Les deux autres titres (oui, il n'y en a que 3 pour un total d'une grosse quinzaine de minutes) sont signés The Old Wind et apparaîtront sur leur prochain album. "Wooden scythe" et "Daugthers of cleanse" sont doom et gueulards à souhait avec ce je ne sais quoi de plaintif dans la lignée d'Amen Ra. Les fans remercient Pelagic Records pour ce split et tant pis si certains rageux y voient l'occasion pour The Old Wind (plus que proche du label !) de faire parler de lui en usant de la renommée de Cult of Luna...

Cult of Luna / Chronique EP > Vertikal II

Cult of Luna - Vertikal II Ils ont remis ça. Quelques semaines après avoir livré un album majuscule avec Vertikal, redonnant par la même occasion son lustre à une (magistrale) discographie quelque peu en perte de majesté après un Eternal kingdom très clairement en deçà des possibilités intrinsèques des natifs d'Umeå, les Cult of Luna sont déjà de retour aux affaires avec un EP se dévoilant comme la suite directe de leur sortie précédente. Lesquelles possibilités s'étaient de nouveau révélées infinies avec cet album long-format qui vit le groupe se réinventer complètement, repoussant ses propres limites avec une verve, une soif d'intensité et une créativité retrouvée. Fatalement, Vertikal II ne pouvait que très fortement susciter un intérêt plus que marqué.

On l'a déjà dit par ailleurs, Vertikal était monumental. Alors ses géniteurs lui ont donné cette suite qu'est le très logiquement baptisé Vertikal II (pourquoi faire compliqué ?). Un disque au format court parce qu'il ne fallait pas exagérer non plus mais un EP qui fait figure de sequel à l'américaine. Et quatre titres qui eux vont en laisser deux ou trois des séquelles par contre, ce, même si le groupe initie le mouvement en y allant piano avec un "O R O" apparaissant comme une ballade au travers de cieux particulièrement tourmentés. On trouvera un esprit quasiment folk dans cette manière qu'ont les Scandinaves de poser leur musique, sentencieuse et apaisée alors que l'on devine le chaos régnant autours d'elle, comme si celle-ci s'enfermait elle-même dans sa propre bulle avant de réinventer ses propres émotions, ses ressentis, à l'infini...

L'apocalypse semble imminente et alors que le morceau se termine, les premiers éclairs de rage se mettent à lézarder le ciel, préparant de fait le terrain à un "Light chaser" qui vient doucement faire grimper les pressions atmosphériques avant de libérer la place et de laisser parler le mastodonte et véritable climax de Vertikal II. "Shun the mask" et ses quelques douze minutes d'une promenade postcore progressive, qui, entre torpeur faussement hypnotique et éruptions vénéneuses, distille sa dose de violence larvée et épouse insidieusement les contours d'un univers fait de noir et de blanc, mais également de toute une myriade de dégradés de gris conjugué à l'émotion pure, brute, unique de par son expression quasiment naturaliste. Laquelle trouve un ultime écho dans le remixe du titre "Vicarious redemption" signé Justin K.Broadrick. Plutôt très classe et envoûtant, il est une version revisité d'un morceau présent sur Vertikal bouclant parfaitement la boucle en concluant cet objet apparaissant comme la séquelle naturelle de Vertikal, une version "extended" ou "Director's cut" plus ou moins indispensable selon que l'on ait ou pas apprécié l'album à sa juste valeur.

Cult of Luna / Chronique LP > Vertikal

Cult of Luna - Vertikal A la verticale de la muraille métallique érigée en guise de visuel par ses créateurs, le sixième album des Suédois Cult of Luna est sans doute LE disque qui va voir le groupe jouer les funambules. Entre évolution créative nécessaire et révolution stylistique pour pallier au risque de l'immobilisme trop prudent (et forcément décevant), les natifs d'Umeå ont choisi. En changeant de maison de disques tout d'abord : exit Earache en perte de vitesse, welcome Indie Recordings, le label nordique qui monte (Kvelertak, Hacride, Shining...) ; en perdant l'un de ses membres ensuite (Klas Rydberg, l'un des co-fondateur du groupe), enfin en prenant son temps surtout, histoire de penser et assumer complètement sa presque nouvelle orientation musicale.

Cinq années séparent Eternal kingdom de Vertikal et si le groupe n'est pas pour autant resté silencieux pendant cette demi-décennie (en sortant Eviga riket, en 2010, un audiobook narrant la suite de la fausse histoire racontée dans le disque précédent), les scandinaves semblent s'être offerts une petite pause salvatrice dans leur trajectoire discographique, pour ne plus faire de Cult of Luna qu'un monstre sludge-post-hardcore progressif et métallique de plus mais également autre chose. En clair ne pas verser forcément dans l'attendu. Se mettre en danger pour se réinventer. Et de fait ne pas céder à la facilité. Ce qui vient frapper l'auditeur en pleine poitrine dès les premières séquences de ce nouvel opus. L'introductif "The one" armé de son mélange doom-industriel lourd / krautrock synthétique qui sied parfaitement à ce que le groupe va déposer ensuite sur la platine.

Soit "I : the weapon", mastodonte postcore (mais pas que) qui fait la part belle à ce dont on sait les Suédois capables, soit du gros hard lourd et vénéneux, des atmosphères étouffantes et une colossale puissance déflagratrice matinée d'éclairs vocaux ravageurs. Mais également des éléments progressifs, une dose d'éléments synthétiques et des fulgurances mélodiques pour un mélange d'une cohérence fascinante aux vibrations telluriques dantesques. Un peu moins de dix minutes pendant lesquelles, le groupe a montré qu'il était au sommet de son art. Logique que les nordiques cherchent à enfoncer le clou avec "Vicarious redemption" et ses presque vingt minutes d'une odyssée post-rock voyageant aux confins de la musique progressive (limite old-school), en passant par un climax postcore empreint de rage incandescente et de résignation désolée. Et quelques passages electro un peu surprenants au départ mais s'inscrivant dans une certaine logique lorsque l'on prend l'album dans sa globalité.

Inspiré par Metropolis, immense classique de l'histoire du cinema signé Fritz Lang, Vertikal se veut à la fois moderne, rétro-futuriste ("The sweep", "Synchronicity") et parfois aussi dystopique que le matériau filmique l'ayant inspiré, quitte à perdre les inconditionnels de la première heure en cours de route. Parce que dans son évolution (on parlera même de révolution ici.), Cult of Luna semble avoir pris la moitié de ce qui faisait jusqu'à alors sa griffe musicale, s'être débarrassé de l'autre moitié pour aborder sa métamorphose et l'étape suivante de son cheminement artistique. Tout en gardant cette capacité rare à faire naître des émotions brutales, presque contradictoires, celles-ci s'expulsant d'elles-mêmes de la cage thoracique de leur auditeur, tout en conservant cette froide maîtrise dans la trame narrative ("Mute departure"). Avant de tout ravager, émotionnellement s'entend, avec un "In awe of " qui vient après un interlude quelque peu dispensable ("Disharmonia").

Il ne reste alors que deux titres et l'on va vite comprendre que CoL n'a pas encore livré tous ses atouts. Sortant l'artillerie (très) lourde avec un "In awe of" dantesque, colossal. Une grosse dizaine de minutes d'une déferlante émotionnelle qui met l'auditeur la tête sous l'eau (ou dans la glace) pour l'en laisser ressortir chancelant, complètement sonné par le choc thermique et émotionnel qui vient de s'abattre sur lui. Et il faut bien une conclusion ambient/doom/shoegaze en forme d'épilogue brumeux et envoûtant avec "Passing through" pour mettre une touche final à ce petit chef-d'oeuvre venu du froid.

(Immense) Classe.

Cult of Luna / Chronique LP > Somewhere along the highway

Cult Of Luna : Somewhere along the highway Ceux qui avaient pris une grosse mandale avec le manifeste post-core qu'était Salvation en 2004, feraient mieux de se préparer à un deuxième assaut, les néophytes en étant de toutes les façons pour leurs frais. Avec Somewhere along the highway, Cult of Luna a décidé de repousser les limites et d'aller encore plus loin que sur l'album précédent. On débute avec un "Marching to the heartbeats" et on se laisse prendre au jeu d'un titre enveloppé dans du coton, délicieusement atmosphérique, mais que l'on sent capable de revenir soudainement sur Terre à tout moment. C'est ce qui arrive justement non pas dans le final de ce premier titre mais sur le morceau suivant : le monstrueux "Finland". Le songe délicat semi-conscient se transforme brutalement en véritable cauchemar éveillé tour à tour post-hardcore tellurique et post-rock plus aérien. Et le groupe d'accoucher d'un brulôt postcore à la puissance démentielle, entre désespoir douloureux et rage destructrice. Massif, oppressant, sous tension constante, CoL fait grimper la pression à son paroxysme et après seulement deux titres, on se demande sérieusement où cet album va pouvoir nous emmener.
On est alors sur nos gardes, attendant le coeur battant la prochaine déflagration... qui ne vient pas tout de suite. De quoi mettre encore un peu plus l'auditeur sous tension. L'intro de "Back to chapel town" s'éternise, début lentement et doucement pour progressivement s'emballer dans un crescendo que l'on dévine déjà intense et débouchant forcément sur une explosion métallique à la puissance incommensurable. Les instrumentations sont parfaitement en phase avec le mélange de rage et de mélodies graciles qui emballent le tout. Alliage de violence extrème, (ça gueule quand même pas mal) et de douceur ensorceleuse, Somewhere along the highway pulvérise consciencieusement toutes les références que l'on a en la matière pour se poser en véritable maître étalon du postcore. Atmosphères caverneuses, magma sonore, pression toujours à la limite de la côte d'alerte, la musique de Cult of Luna agresse les sens, bouscule nos certitudes et nous secoue violemment sans jamais nous faire sortir de son univers balayé par une tempête métallique sans précédent ("Thirty four"). A tel point que l'on a l'impression que le ciel va se déchirer au dessus de nos têtes et le sol s'ouvrir sous nos pied, que le raz de marée CoL, séduira, rebutera mais ne pourra jamais laisser indifférent. Dès lors, force est de constater qu'après un album considéré par beaucoup comme brillant, le groupe a voulu rallier encore plus de mélomanes à sa cause, en nous en claquant une suite toute aussi excellente dans les enceintes. Clap clap clap.

Cult of Luna / Chronique LP > Salvation

cult of luna : salvation Je ne sais plus trop où commence ni où se termine Salvation... Les riffs emplissent l'air, vous entourent, vous étouffent, Cult of Luna occupe tout l'espace et on se perd dans leur infini, ils déclinent les ambiances et les sonorités, lancent des leitmotiv et nous triturent suffisament pour qu'on perde tout repère. Les guitares éclairées s'opposent au chant guttural écorché : quand elles s'assombrissent on est oppressé par la lourdeur ("White cell"), quand il s'éteint ou est aveuglé par la lumière ("Leave me here"). Totalement envoûtant, le talent sans faille des Suédois atteint son paroxysme lors de "Waiting for you", au calme instrumental orienté post rock qui s'étend sur plus de 6 minutes suivent des envolées métal qui tournent au chaos... Rock, métal, hardcore, les influences bouillonnent et font de Salvation un album dense malgré sa longueur (73 minutes !), un album intense qui rappelle toujours Neurosis et Isis par le son des distos même si les guitares et les rythmiques ont pris les devants sur la souffrance exprimée par le chant.
J'ai retrouvé un peu de mes esprits, l'album se termine comme il a commencé, magistralement. Encore une fois plus de 10 minutes de voyage, à la tension permanente de "Echoes", "Into the beyond" répond par quelques coups de masse appuyés et des douceurs électroniques réconfortantes...
A cette grande classe musicale, il faut ajouter un digipak ultra soigné et un livret d'une sobriété papale. Le hasard n'existe pas chez Cult of Luna, on en fait les frais avec un plaisir infini.