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Biographie > ça va droit dans l'emmure...

Natif de New Fairfield dans le Connecticut (USA), Emmure est aujourd'hui basé, le succès aidant, du côté du Queens à NYC. Formé en 2003, le groupe passe ses deux premières années d'existence à bosser ses compos et à les coucher sur deux démos, (Nine eleven zero four et Demo 2005), qui attirent l'attention du label This City Is Burning Records chez qui sort en 2006 l'EP The complete guide to needlework. Les choses s'accélèrent pour Emmure qui signe avec Victory Records par le biais duquel sort en 2007 le premier "vrai" abum du collectif américain : Goodbye to the gallows. Le succès est au rendez-vous et le groupe se retrouve à tourner avec les références de la "nouvelle" scène metal US : les Misery Signals, August Burns Red et autres Comeback Kid ou Your Demise.
Entre 2008 et 2011, les néo-new-yorkais livrent pas moins de trois nouveaux albums studio (The respect issue, Felony et Speaker of the dead) avant de resigner chez Victory Records pour sortir Slaves to the game, leur déjà cinquième album, au printemps 2012.

Emmure / Chronique LP > Slave to the game

Emmure - Slave to the game Paru comme ses prédécesseurs chez Victory Records (Darkest Hour, A Day to Remember, Comeback Kid, Funeral For a Friend), le cinquième album des américains d'Emmure cogne toujours avec plus de maîtrise technique et de fougue dans les tympans des amateurs du genre. Leur deathcore fait de nouveau son office dans un album considéré désormais comme le "meilleur" du groupe et pour cause, à sa sortie, Slave to the game est en effet un succès retentissant tant au niveau des ventes que de retentissement auprès de la critique spécialisée et alors que Speaker of the dead ne date que de 2011, Emmure montre avec Slave to the game qu'il est monté d'un cran en technique, rage et qualité.

Sur "Insert coin", l'auditeur entend le bruit d'une pièce insérée dans une machine avant que la rythmique des instruments n'explose le temps d'un "Protoman", accompagnée de la Bête - Frankie Palmeri. Voix rauque et puissante, instruments ralliés à la cause de la cadence furieuse, Emmure nous fait découvrir des partitions aux milliers de notes. User les instruments jusqu'à la moelle semble être plus que jamais le mot d'ordre chez les new-yorkais. Le chant toujours plus éraillé de Frankie sur "I am onslaught" nous rapproche de celui de groupes comme Cradle of Filth ou encore Dark Tranquillity lorsque la voix est repoussée jusqu'aux confins des espaces les plus sombres de la branche métallique et Emmure emprunte toujours avec plus d'audace au black et au death metal. Le morceau "Poltergeist", lui, aborde la religion catholique, les paroles du "In the name of the father, and the son, and of the Holy spirit" se récitant à mesure que Frankie hurle au dessus du sample biblique. Atmosphérique comparé à ses compères d'album, le titre nous harponne de son étreinte mystique. La piste suivante, "Cross over attack", sonne d'abord comme du Comeback Kid avant de nous déverser son fiel habituel, rythmique et cataclysmique. Dès lors, "Blackheart reigns" nous convainc du lâcher-prise total adopté par le groupe.

Violence, urgence, tout se désagrège. Emmure va-t-il laisser l'auditeur au milieu de ce chaos dissonant et irrationnel ? Visiblement non. Avec "MDMA", Emmure revient à la raison et au contrôle de ses compositions. Le soin accordé au chant (clair et saturé) ainsi qu'à la batterie dénote une volonté d'élever la musique du groupe, de la laisser respirer le vent et une certaine spiritualité. L'avant-dernier morceau, "War begins with you" ravage, pille, se paraphrase. On ne trouve rien en ce titre que le recyclage des titres précédents quand le dernier, lui, "A.I", oscille entre doom, chant énervé à la hardcore NY et growl bestiaux. Une mixture sans structure ni but, comme si Emmure laissait à ses instruments le loisir de se détendre et d'entrer dans une transe nébuleuse. Une agréable et immersive façon de terminer un album dont on croyait ne pas pouvoir stopper le déluge.