metal Métal > Eths

Biographie > euh, t'es HS ?

Eths est le résultat d'un long processus de formation. A la base, on trouve un combo hardcore métal qui à partir de 1996 officie sous le nom de What's the fuck ?. Après un an d'existence, Candice entre dans le groupe pour tenir le micro, ils se renomment alors Melting Point. Greg (guitare), Staif (chant/guitare) et Candice (chant) tiennent 2 ans et en 1999 les arrivées de Guillaume (ex-Shockwave) à la batterie, puis de Marc Roswell (ex-X-Krutia) à la basse donnent naissance à ce qu'on connaît aujourd'hui sous le nom de Eths !
On a donc 5 zicos qui ont une certaine expérience malgré leur jeune âge (ils sont à peine majeurs !!!) et surtout qui veulent avancer ! Ils enregistrent rapidement une première démo 2 titres dont la qualité sonore laisse à désirer, mais la rage est déjà là. Oui parce qu'après la peste en 1720, le Marseille des années 2000 est touchée par une grave épidémie de rage que le collectif Coriace essaye de contenir pour mieux la diffuser. Mais cette rage-là, les fenecs la propagent aussi !
Une rage qu'on est heureux de retrouver à une valeur plus proche de celles du combo sur un Extended Play 7-8 titres en l'an 2000 : Autopsie, tout un programme...
Après avoir tourné un peu (pas assez selon nous !!!), Eths se remet au travaille et enregistre de nouveaux titres au studio Praxis. Un nouvel EP, Samantha, encore plus léché qu'Autopsie voit le jour durant l'été 2002, c'est la dernière marche avant la reconnaissance (inter)nationale.
Au fait, ce n'est pas la peine de chercher, Eths ça ne veut rien dire !

Review Concert : Eths, Assaut coriace au Splendid (nov. 2007)

Review Concert : Eths, Eths au Grenier à Son (Cavaillon, nov. 2004)

Interview : Eths, Eths : interview (avril 2002)

Eths / Chronique LP > Ankaa

Eths - Ankaa Quatrième album du groupe Eths, Ankaa est un album charnière pour le groupe. Premier album sans la présence de Candice au chant, c'est Rachel Aspe qui reprend le flambeau. Premier album aussi depuis de départ de Gregory Rouvrière à la guitare. Titre approprié donc puisque Ankaa, l'étoile situé dans le cou de la constellation du Phoenix, a pour orthographe Al-Anqa en arabe, "Le Phoenix". Eths nous revient donc, renaissant de ses cendres. Du coup, Stéphane Bihl, seul membre rescapé de la formation original, a pris les manettes et a composé et produit entièrement ce nouvel album.

"Nefas" ouvre cet opus et met tout le monde au pas. Oui, l'esprit et le son Eths sont toujours là. Déluge de guitares, une batterie aux taquets, un chant qu'on attendait de manière appréhensive et qui ne déçoit pas. Le son propre à Eths, autrement dit son caractère sonore, s'enrichit avec des titres beaucoup plus électroniques comme "Alnitak", ou l'instrumental "Sekhet Aaru".

C'est un album intéressant que propose Eths, un album à la fois très consistant, avec des titres qui se lient les uns aux autres, comme le diptyque "Alnilam" / "Mintaka", et des sources d'inspirations et des sonorités variées. Un instrumental "Sekhet Aaru", d'inspiration égyptienne; Aaru, les champs de roseaux sur lesquels Osiris règne et que les âmes ayant gagnées le Paradis rejoignent. Un titre que ne renierais pas Dead Can Dance. À l'opposé, "Vae Victis" ou "Nihil sine causa" sont abrasifs, à l'image des titres de Tératologie. Eths propose aussi des titres beaucoup plus introspectifs comme le subtil et fédérateur "Kumari kandam" ou le magnifique et délicat "Seditio". Un titre qui s'épanche lentement à partir d'une intro au piano qui se fait ensevelir par des guitares erratiques et une batterie prolixe; l'ensemble s'épanouit admirablement entre une guitare irrégulière, un sample électronique insidieux et un chant orchestrant le tout en apportant une tension directrice qu'il faut suivre avec entrain.

Eths / Chronique LP > III

Eths - III 4 ans, c'est la durée moyenne qu'il faut attendre pour écouter un nouvel album d'Eths, mais comme à chaque fois jusque là, ça vaut le coup ! Le groupe ne laisse plus rien au hasard et s'ils ne la rejouent pas concept album à fond comme sur Tératologie, les Marseillais donnent pas mal dans le mystique avec ce III peuplé de déesses ("Adonaï", "Proserpina"), de sorcière tribale (l'artwork) et de promesses de désolation ("Harmaguedon", "Praedator") ou de dissection ("Anatemnein") : Eths mêle donc le corps et l'esprit qui sont parmi ses thèmes favoris.

En choisissant d'aller enregistrer avec Nordstrom (In Flames, Opeth, Arch Enemy, Septic Flesh...), Eths a choisi un producteur qui sait ce que "gros son" signifie sans pour autant négliger les parties douces et aériennes. L'écoute de III est donc un vrai plaisir pour quiconque aime se délecter du gros comme du beau son qui tranche dans le vif. Car plus que jamais, Candice varie son chant et si on la savait experte en hurlements sauvages, on la découvre très à l'aise au moment de sortir quelques mélodies ultra pop et celui qui ne la connaît pas aurait du mal à croire que c'est bien elle qui chante tout (excepté quelques choeurs). La demoiselle a également ajouté à son arc différentes cordes vocales étrangères puisque le combo s'attaque désormais au monde entier. On a donc quatre titres en anglais ("Adonaï", "Gravis venter"...) et même un peu d'allemand (si je ne m'abuse) sur "Proserpina". A noter que selon les éditions, certains titres sont en français, je chronique celle que le groupe m'a gentiment envoyée, elle est donc peut-être différente de celle que tu as (ou auras...). De son côté, Candice démontre que ça ne lui fait pas peur et passe d'un idiome à l'autre avec facilité et nous percute tout autant (si ce n'est plus en allemand) quelque soit son choix.

Et pour percuter, on peut aussi faire confiance aux instruments car ça ne lambine pas quand il s'agit d'agresser, certaines parties comptent parmi les plus tranchantes jamais enregistrées par le groupe. Riffs tournoyants dans les chairs, matraquages d'accords, passages déliés tout en douceur sombre ("Adonaï") avec par moments le renfort de l'orchestre philarmonique de Prague pour nous donner le vertige ("Proserpina"), avant de mieux nous précipiter dans le gouffre (les échos en chute libre au dans "Hercolubus"). Toutes les qualités d'écriture du groupe sont réunies dans la pièce finale "Anatemnein", la version anglaise permet de s'affranchir des textes parfois obnubilant de Candice et de se concentrer sur la musicalité de son chant, la musique et les arrangements (les notes de piano sont toujours bien choisies), la partie finale sert à clore l'album et n'a pas forcément d'autre intérêt mais rappelle s'il le fallait qu'Eths n'est pas qu'une bande de zicos qui bourrine à tort et à travers.

C'est donc en mettant en retrait ce qui a fait sa notoriété (les énormes growls de sa chanteuse) que le groupe passe un nouveau palier (même deux avec les titres en anglais), et pourtant, c'est certainement plus compliqué de chanter clairement et mélodieusement. Bref, Eths continue de nous impressionner.

Chronique Livre : Eths, Rock stories volume 2

Eths / Chronique LP > Tératologie


Eths - Tératologie Si les textes de Eths (et donc de Candice) tournent depuis toujours autour des souffrances, physiques et morales, le groupe n'avait jamais autant exploité la possibilité d'un concept album qu'avec Tératologie. Quoi ça ? La Tératologie, c'est la science qui étudie les malformations congénitales, le nom savant du truc qui bosse sur les monstruosités naturelles... C'est le seul mot qu'on expliquera (même si à force de le lire, tu devrais t'en souvenir) car les textes de ce nouvel album, extrêmement dense, fourmillent d'autres termes tout aussi complexes et que même un dictionnaire n'explique pas toujours clairement, outre le fait que ce champ lexical est fort utile au scrabble, ça donne une couleur à l'album, ça renforce le malaise. Le fait de ne pas comprendre des mots qui pourtant sonnent bien entre eux met une distance entre Eths et nous là où Candice aurait pu joué à fond la carte du malaise adolescent (thème abordé par "Bulimiarexia" et son charmant vomi final). Extrait choisi de "NaOCl" (soit la formule chimique de l'hypochlorite de sodium plus connu sous le nom "eau de Javel") : Ma sextine est l'arcane de ma sombre gélatine. Méninges avancées à l'anosmie anorganique. Mon église primitive est encore une chimère alcaline. Javeline est infravie, salope. Javeline est acéphalie, salope. Mon porte-mort émétique complote. Toute une prose médicale et poétique, parfois douce à l'oreille (anosmie anorganique) parfois violente au cerveau (salope). Pas simple à déchiffrer, à retenir, à chanter mais sacrément bien écrit. Et là où Eths fait très fort, c'est que les références sont placées dans des textes qui traitent souvent des relations humaines (celles qu'on connaît tous de près ou de loin), le monstre moral est bien souvent bien pire que le monstre physique ("Priape" et son superbe passage en acoustique). Analyser les textes et les sujets demandent beaucoup de temps (et de connaissances), n'ayant ni l'un ni l'autre, on laisse le soin aux plus fans et aux plus lettrés de s'amuser avec cette petite boutique des horreurs lexicales. Musicalement, le quintet marseillais (fraîchement remodelé), semble plus abordable, moins extrêmiste, certes ça tabasse toujours pas mal ("Ondine", "Ileus Terebelle") mais il y a encore davantage de mélodies alors que les ambiances n'ont jamais été aussi poussées ("Rythmique de la bête", "Anima Exhalare", "Liquide éphémère"...) grâce à des passages de guitare acoustique, du piano ("Hydracombustio"), des samples et un savant dosage des rythmiques. En clair, malgré d'importants changements internes, Eths n'est pas plus faible qu'auparavant : conceptualiser quinze titres autour de la Tératologie était plus que risqué mais au final, ça paye.

Eths / Chronique LP > Sôma

eths : soma Aprés un Samantha remarqué et une très longue tournée qui a fait du bruit, Eths était plus qu'attendu, le cap du premier véritable album allait-il être franchi sans encombre ? Signé sur le tout jeune label Sriracha, les Marseillais ont pu profité des studios du label pour enregistrer ces 12 titres regroupés sous le nom Sôma (qui signifie "corps" en grec). Et c'est toujours la chair, l'âme et leurs douleurs qui hantent l'esprit d'Eths et habitent un corps abîmé, aux articulations marquées, les "Méléna", "Septum Lucidum", "L'instant sourd" et autres sont d'une noirceur glauque qui fait peur, et comme Candice s'est éclaricie la voix, on comprend désormais ses textes plus rapidement, elle laisse également plus de place aux mélodies qu'elle maîtrise parfaitement, ceux qui appréciaient "Samantha" sur Samantha (j'en fais parti) sont donc comblés, tout cela signifie pas que le combo a rangé sa rage au vestiaire, non, leur sombre métal est toujours au premier plan, les rythmiques hachoires et les riffs percutants sont maîtres de Sôma (même si en cherchant un peu, on trouve une jolie ballade acoustique). Eths n'a pas non plus renoncé à inviter des amis, les plus remarquables sont ici Reuno et Phil (Lofofora) qui mettent leurs empreintes sur "Ailleurs, c'est ici".
Canalisées, les énergies de Eths utilisent toutes leurs ruses (la douceur, la mélancolie, la détresse, la pitié...) pour nous toucher puis toutes leurs forces (puissance, rage, désespoir, images, bestialité...) pour nous détruire, on en redemande.

Eths / Chronique EP > Samantha

eths : samantha Eths ne change pas une équipe qui gagne, gardant la même base, les Marseillais continuent leur exploration des tréfonds du néo-métal. Ce qui entoure Eths a par contre bien évolué, ce renfort de talents sert le groupe par de superbes photos, des visuels encore plus percutants, un livret travaillé et une plage CDRom bien fournie (textes, photos, clip de "Samantha", vidéo "sur la route"...). Le Eths de Samantha c'est aussi 6 titres à écouter (plus une mini intro et une plage "cachée" sensuellement murmurée), ça commence avec le titre "Samantha" qui multiplie les ambiances et donc les enchaînements, riffs bien balancés en intro, le chant se greffe, toujours aussi hargneux, et les premières secousses se font sentir, la machine Eths se transforme en hachoir, puis la moulinette reprend du service. Survient alors une petite pause sussurée avant une autre bien plus longue et plus mélodieuse, les guitares et la basse sonorisent une prière malmenée qui finit par nous exploser à la gueule, Candice fait varier sa voix mais le pater noster exorcisant n'y fait rien, Eths continue de livrer sa musique "démoniaque" avec "Des cendres". Démoniaque puisqu'entraînante, parfois allégée pour mieux nous prendre au piège, la musique de Eths s'est bonifiée, s'est éloignée des clichés néo même s'il en reste quelques uns. "Encore" enquille avec des invités : DJ Kem aux platines et K-Lee de Tripod au chant, son flow déteint sur celui de Candice et les scratchs sont assez bien placés, l'intégration est donc parfaite. Le titre s'achève sur un sample de dialogue de film (balancé par 6S9 ?), fin du morceau mais aussi base de lancement de "Volée". Le titre est dans son ensemble plus mélodieux, moins cassant. "Le projet humain" est sans surprise (pour peu qu'on ne découvre pas Eths avec ce titre !), juste une nouvelle débauche d'énergie, puis arrive "Animadversion", un titre "calme'" (!!!), et très lourd quand même... Là, Charlotte (violoncelle) et Mathieu (violon) apportent une nouvelle dimension au titre, davantage de profondeur, ajoutant du contraste avec le chant tantôt guttural, tantôt rappé, tantôt chuchoté. La douleur par Eths est ainsi plus expressive, plus sensible, plus touchante. Samantha démontre qu'Autopsie n'était finalement qu'une petite claque et qu'Eths est capable de faire mieux, mais alors que nous réserve la suite ?

Eths / Chronique EP > Autopsie

eths : autopsie "Pourquoi ? Regarde ce que tu m'as fait !", après 12 secondes de gratte, on est dans le vif du sujet. Et quel vif ! Et quel sujet ! Pour dépeindre l'ambiance qui résulte des lourdes rythmiques mixées à la voix de Candice, on manque de référence, tant une voix féminine est rarement allée aussi loin dans la brutalité, dans la violence de son expression. Mise à part Tairrie B (et encore...), on se demande bien qui a pu donner envie à Candice de s'époumoner comme cela ! Le résultat est surprenant, presque dérangeant. Derrière un chant résolument méchant, on retrouve des gros riffs de guitares, assez rapides mais loin d'être inventifs, et des rythmiques basse/batterie de plomb dans la plus pure tradition "néo-métal", avec les enchaînements couplets calmes/refrains de la mort et les breaks à couper le souffle. L'album se partage entre titre très speed (limite Slipknotien) comme "La chair et le sang", titre plus métal avançant par à-coups : "Des hommes bons", morceau dont la voix plus ragga de Staif vient se greffer "Autopsie" et grosses claques infligées par Candice "Pourquoi" et "Dévore". Un sample de Enhancer et une version remixée de "Encore" sont également de la partie. Tout cela donne à Eths une identité forte qui risque bien de s'imposer grâce à l'originalité de l'ensemble. Au final, on a pris une putain de claque et on se pose une question : Candice, pourquoi es-tu si méchante ?