metal Métal > In Flames

Biographie > Hautement inflammable


in_flames_logo.jpg In Flames est né en 1984 à Göteborg quand Jesper Strömbald, Johan Larsson et Glenn Ljungström quittent leur précédent groupe Ceremonial Oath pour commencer un nouveau projet musical avec le désormais chanteur de Dark Tranquillity au chant (Mikael Stanne). Ils décrochent un premier contrat avec Wrong Again Records, un petit label indépendant, et sortent Lunar strain (1994). L'album connaît un certain succès en Suède mais c'est véritablement avec Subterranean (1995) que le groupe commence à devenir connu en Europe et s'attire les grâces de Nuclear Blast, label allemand, une énorme écurie qui compte notamment dans ses étables Anthrax, Soilwork, Meshuggah ou Nightwish... De cette collaboration naîtra The jester race (1996) qui marque l'arrivée de deux membres désormais essentiels au groupe : Anders Friden (anciennement chanteur de Dark Tranquility) au chant et Björn Gelotte à la batterie. 1997 verra la naissance de Whoracle, album encore considéré comme leur meilleur production. L'année 1999 sera propice aux changements de personnel chez les In Flames avec l'arrivée de Daniel Svensson à la batterie et Peter Iwers à la basse. Björn Gelotte passe de la batterie à la guitare. On obtient alors le line-up actuel d'In Flames. L'album Colony débarque cette même année. Productifs et disciplinés, ils sortent leur 4e album Clayman en 2000. Pour beaucoup, celui-ci marque un tournant dans la carrière d'In Flames. En 2001, le groupe sort un live Tokyo Showdown enregistré à... Tokyo. En 2002, les In Flames reviennent avec un Reroute to remain qui va leur apporter la notoriété mondiale et leur permettra de tourner avec Metallica, entre autres. 2004 sera l'année de l'album Sountrack to your escape qui rencontrera un succès fracassant notamment grâce au single "The quiet place". En 2006 le groupe produit Come clarity qui est un compromis entre le In Flames d'antan et le In Flames nouveau, avec un son désormais plus moderne. Le groupe tournera intensément dans le monde avec les grosses pointures du genre (Slayer, Sepultura, Gojira) pour promouvoir cet album. En 2008, le groupe, d'une productivité décidément métronomique, est sur le point de sortir A sense of purpose.

In Flames / Chronique LP > Sounds of a playground fading

In Flames - Sounds Of A Playground Fading Il y a bien des manières de démarrer un album et le mettre sur orbite pour un groupe, surtout quand on l'a déjà très bien fait par le passé. Comme In Flames. La meilleure, en collant d'entrée l'auditeur sur les enceintes, une moins bonne qui consiste à prendre son temps quitte à sacrifier un ou deux titres et à rattraper la sauce ensuite, une très mauvaise sur laquelle viennent s'abîmer un trop grand nombre de groupes signés chez des grosses machines "metal", à savoir foirer la première moitié de l'album, larguer les deux tiers de l'auditoire qui aura lâché l'affaire alors que finalement, la suite est plutôt pas mal. Et puis il y a celle d'In Flames, le plantage intégral du début... à la fin. La stratégie de la loose en sommes
On commence ici par le morceau-titre de cet effort, ou ce méfait osera-t-on, le dénommé "Sounds of a playground fading", qui infligeant au passage une intro parfaitement imbuvable. Deux/trois riffs de tueur plus tard, histoire de montrer que quand même "on" est In Flames et qu'on peut envoyer du petit bois, et on dévoile la substantifique du morceau, soit en fait un titre ultra-mélodique aux accents pop metal tant bien que mal dissimulés sous une production bien massive. Metal suédois oblige. Par contre rien à faire pour les refrains... On insiste et on passe au deuxième titre de l'album, le single "Deliver us". Pire que le premier, il fallait le faire. In Flames l'a fait. C'est con. Là encore on sent la puissance de feu d'un croiseur qui, utilisée de cette manière-là ici, a autant de potentiel de destruction qu'un vieux crevettier à moitié échoué sur un récif vendéen. L'avantage, c'est que ça peut passer en radio. Limite à l'Eurovision même.
Là, tout le monde a compris, le lancement de ce Sounds of a playground fading est des plus misérables. Problème, la suite ne vaut pas vraiment mieux. Ou à peine. Quelques lignes de gratte bien senties, une section rythmique qui fait ce qu'elle peut et un chant qui s'enfonce dans des clichés abyssaux. Niveau écriture, c'est poussif et encore on est soft. Heureusement que le groupe se lâche un peu en éparpillant les neurones de l'auditeur sur "The puzzle" qui, malgré un solo un peu grossier, arrive à peu près à faire parler son efficacité. Profitons, parce que la suite arrive et qu'elle n'est pas belle à voir. Que ce soit avec "Fear is the weakness" ou "Where the dead ships dwell", In Flames est peut-être surpuissant, ça ne l'empêche pas de tirer à blanc. Et là le drame, on se rend alors compte qu'on n'a pas encore atteint la moitié de l'album et qu'on est déjà désabusé... et qu'on n'ira d'ailleurs pas bien loin. Un rapide "coup d'oeil" sur "Ropes" et "A new dawn" (professionnalisme de façade oblige) confirmant ce que l'on pensait depuis quelques titres de ce nouvel opus, à savoir que c'est certainement la purge métallique du moment, malgré quelques passages "enflammés" mais rapidement éteints par un songwriting des plus paresseux. Next.

In Flames / Chronique LP > Soundtrack to your escape


in_flames_soundtrack_to_your_escape.jpg Reroute to remain (RTR) a été synonyme de renaissance pour les In Flames grâce notamment à une mutation de leur musique vers un métal beaucoup plus accessible. Deux ans après débarque un Soundtrack to your escape (STYE) qui va s'avérer être le digne prolongement de leur album précédent : les éléments qui ont fait de RTR une réussite (orientation mélodique, concision et efficacité, addition de samples) étant ici maintenus voire même accentués.
Les Suédois nous ont toujours habitué à des débuts d'album ravageurs et ce n'est pas STYE qui viendra déroger à cette règle. D'ailleurs, rien ne viendra arrêter l'ouragan In Flames si ce n'est la fin de l'album et le silence de l'auditeur définitivement sur le cul. De "F(r)iend" à "Discover me like emptyness", on aura le droit à un véritable festival de brûlots métalliques alliant agressivité forcenée et refrain fédérateur. "My sweet shadow" et "Evil in the closet" viendront tempérer quelque peu l'ambiance mais c'est pour repartir de plus belle avec un "In search for I" dévastateur. Pas de doute, c'est bien un opus d'In Flames que l'on a dans les mains et un sacré bon cru. La nouveauté de ce STYE réside dans l'apparition de tics que n'aurait pas reniés un certain groupe natif de Bakersfield. Anders Friden a souvent évoqué son admiration pour KoRn et surtout pour Jonathan Davis. Cette passion pour le néo-métal s'était d'ailleurs concrétisé en 2003 sur le projet Passenger, groupe à la croisée du rock et du néo-métal. Le frontman récidive avec son groupe principal et cet album qui en contient quelques réminiscences. Comment ne pas penser à la bande de Davis sur le riff martelé de "F(r)iend" où sur les intonations de voix sur "The quiet place" ? J'en vois quelques-un défaillir à la vue d'une telle référence mais ça reste du In Flames de haute volée, saupoudré de quelques velléités néo-métal. Les incrustations sont effectuées avec savoir-faire et s'incorporent parfaitement avec le métal moderne du quintet suédois, sans que l'on ait cette impression d'une association contre nature. Force est de constater que la coloration générale de ce STYE demeure d'autant plus inédite : un album qui jouit d'une identité bien singulière dans la discographie du groupe.
Reroute to remain avait le mérite de rendre à In Flames son statut de groupe à part dans la très prolifique scène métallique suédoise. STYE enfonce le clou et conforte le groupe dans sa position de chef de file. Ils savent se montrer intransigeants avec leur musique et réussissent le pari exigeant de proposer un album où la valeur ajoutée est omniprésente et ça c'est admirable. Epatant !

In Flames / Chronique LP > Reroute to remain


in_flames_reroute_to_remains.jpg In Flames est un groupe qui a longtemps été prisonnier d'une formule dont il est lui-même le précurseur (le death-métal mélodique), continuant fréquemment à sortir de bons albums mais sans réelle évolution notable de sa part. Constant en qualité mais finalement lassant et pas très passionnant sur l'ensemble d'une discographie. Le groupe fera à demi-mentir ses détracteurs à partir de Clayman où un léger vent de changement et des prémisses à une évolution se feront entendre, mais c'est véritablement sur ce Reroute to remain que le groupe amènera sa musique vers une autre dimension à la fois plus audacieuse et accessible (et rentable se presseront d'ajouter les fans des débuts...). Dès "Reroute to remain", le morceau qui donne son titre à cet album, les In Flames donneront ce qui sera finalement la tonalité générale et le menu de ce Reroute to remain : couplets dévastateurs, refrains en chant clair galvanisants et accrocheurs, mélodies imparables et identifiables instantanément, arrangements de guitares sacrément bien foutues, nappes de clavier et samples en appoint pour des morceaux concis qui vont à l'essentiel. Et finalement les In Flames ne s'éloigneront de cette ligne directrice qu'à l'occasion de quelques rares intermèdes. "Dawn of a new day" et "Metaphor", alliant guitare acoustique, musique folk traditionnel et la voix mi-apaisée/mi-rageuse d'Anders Friden, sont comme un bol d'air frais exaltant dans une atmosphère suffocante. Un pur moment made in Sweden via la compagnie Air In Flames : dépaysement total garanti.
Les morceaux de ce Reroute to remain s'égrènent les un après les autres sans que l'on ait finalement quelques choses à redire. Et c'est peut être là que le bât blesse. Les morceaux se suivent, se ressemblent et il est difficile d'échapper à une vilaine impression de monotonie et d'uniformité. Probablement la faute à une seconde partie d'album (à partir du titre "Minus") qui accuse une baisse de qualité, les morceaux se révélant moins tubesques et percutants. Toutefois, c'est sans doute parce que la première partie frise l'excellence que la seconde paraît plus anodine. Sur la longueur, Reroute to remain se révèle donc être un effort assez inégal où le brillant ("Cloud connected") côtoie le plus anecdotique ("Free fall"). Au delà de ces quelques défauts, In Flames nous livre un album à la fois rafraîchissant, singulier et novateur, une oeuvre charnière dans la discographie du groupe. Les cinq de Göteborg auront trouvé une cure de jouvence salvatrice dans la simplification de leur musique et l'utilisation fréquente d'éléments électro. Une nouvelle direction qui leur coûtera la perte de quelques milliers de fans, peu enclins au changement, mais aussi le gain de millions d'autres. Un dernier mot sur la pochette, probablement l'une des rares réellement appréciables chez le groupe suédois. Elle incarne parfaitement cette nouvelle trajectoire à la fois plus lumineuse mais toujours autant ancrée et habitée par la noirceur du coté obscur.