metal Métal > Knut

Biographie > le petit ourson

1994, Genève, ça caille. Pour se réchauffer Didier Séverin (chant), Philippe Hess (guitare), Thierry van Osselt (basse remplacé ensuite par Jeremy Tavernier) et Roderic Mounir (batterie) montent un groupe : Knut. 2 titres sont enregistrés et servent de base à l'envol du combo qui va charmer autant en Europe qu'en Amérique du Nord. Leur premier album sort en 1998 c'est Bastardiser, il sera décliné en vinyl et sortira aux USA avec quelques années de retard. Le groupe aime les tournées et copuler avec d'autres groupes sur des splits (avec Tantrum, Ishma, Botch et Ananda), ils signent chez Conspiracy Records (pour les vinyls) et les prestigieux Hydrahead Records (pour les CDs), sortent Challenger en 2002 et reviennent dans les bacs fin 2005 avec Terraformer.

Review Concert : Knut, Eruption métallique au Point Ephémère (Paris, sept. 2007)

Knut / Chronique LP > Wonder

Knut - Wonder Guerre ! En un mot, on a presque résumé ce qu'est Wonder, le nouvel album des bûcherons Suisses de Knut, qui livrent ici une petite douzaine de coups de katana métalliques façon samouraïs gueulards et stéroïdés. Depuis "Leet" (fulgurant) jusqu'à "Wonder/Daily grind" (énorme) en passant par "Suckers", "Fast forward bastard" ou "Lemmings", le cinq majeur helvétique délivre un cocktail hardcore moderne, chaotique (éthylique aussi ?), ravageur et incandescent. En clair : une sacrée torgnole qui sonne comme la réponse caramélisée des Knut au très recommandable Ox (et sa séquelle en format raccourci) des papys Coalesce. Des riffs tronçonneuse, une batterie moissonneuse-batteuse, le groupe en met plein partout (mais alors vraiment partout...) et assaisonne l'ensemble de breaks sulfuriques et frondeurs bien coriaces. Le Suisse est joueur, le Suisse a les crocs, mais surtout le Suisse sait y faire avec une mécanique de précision aussi dissonante et salvatrice que "Calamity" ou "Ultralight badpacking".
Sauvage turgescence hardcore, riposte métallique implacable à tous les ersatz metalcoreux qui envahissent ce qu'il reste de place dans les rayons des disquaires supposément spécialisés, Wonder est de ces albums pugnaces que l'on encaisse comme un bon vieux parpaing hardcore des familles : explosif et corrosif à souhait, brut de décoffrage juste comme il faut. Quelques passages moins furieux mais plus discrètement tourmentés que frontalement hardcore ("Segue 1 & 2"), avant (ou presque) chaque nouvel assaut, la règle imposée est immuable, Knut distribue les uppercuts, joue avec les codes du math-rock et arrose l'ensemble d'un zeste de stoner/fuzz bien dissimulés sous des kilotonnes de hardcore destroyer post-moderne taillé à la scie-circulaire. Des brûlots qui sentent le souffre ("Damned extroverts"), un gros son qui tranche dans le gras, quelques petites finesses histoire de rendre l'ensemble moins lisse qu'il n'y paraît (l'instrumental et ombrageux "If we can't fly there, we'll take the boat"), ce Wonder-là n'est rien de moins qu'une charge de panzers orchestrée avec une technique des plus fines et un sens de la stratégie chaotique affirmé. Implacable.

Knut / Chronique LP > Terraformer

knut : terraformer Knut est un groupe de référence. Demandez à Tantrum ou à Membrane, demandez même à Converge ou à Isis, ils vous le diront tous : Knut est une grosse référence. Tout d'abord ils sont musicalement un des piliers de ce qu'il est convenu d'appeler le post-hardcore, un truc sombre, éraillé, métal, crasseux, massif et surtout intelligent (d'ailleurs, le terme "post" n'indique-t-il pas qu'il y a réflexion ?). Côté idées, sans les textes sous les yeux, pas évident de s'y retrouver mais si l'on regarde le nom des morceaux qui composent Terraformer, on s'aperçoit que les étapes du tour du monde des Suisses ne sont pas choisies au hasard : Kyoto (accords pro-environnement), Seattle (siège de Microsoft, berceau du grunge), Fallujah (ville irakienne passée au phosphore blanc par les Américains en 2004), Genoa (un des sommets "meurtriers" du G8), Davos (Mecque de la mondialisation), Evian (où les accords de paix avec l'Algérie furent signés en 1962). Des titres évocateurs qui en une ville signifie plus que certains textes, de toute façon Knut est devenu avare de mots et laisse bien davantage de place aux instruments, rappelant en cela l'évolution de Cult of Luna, les titres assez courts peuvent être assimilés à des transitions ("Bollingen", "Davos") ou de bonnes idées de riffs ("Genoa") qui ne méritaient pas de suite ? Mais avec "Solar flare", on s'envole assez loin, jusqu'à rejoindre l'extase apportée par Shora... Les "Wyriwys" et autres "Torvalds" sont très aériens également, malgré la lourdeur du son, on s'élève et l'horizon se découvre... Après une bonne demie heure de promenade, Knut nous met knock out avec "Evian" une pièce magistrale du niveau de "Solar flare", là encore les instrumentations puissantes alternent riffs ravageurs et éclairs de luminosité, il fallait bien le long "Fibonacci unfolds" pour nous en remettre....
Si tu n'es pas un habitué du W-Fenec et que tu ne connais pas trés bien Knut, tu sais ce qu'il te reste à faire... Si tu es arrivé ici en cherchant des connexions avec Tantrum, Isis, Hydrahead Records et Cult of Luna : jackpot, si tu cherchais après des photos de "Monica Bellucci nue", faute d'en avoir plein les yeux, tu peux t'en mettre plein les oreilles...