metal Métal > Membrane

Biographie > prononçons "même brayne"

Avant les Eurocks 2004, je ne connaissais pas Membrane... Mais j'ai récupéré une partie de leur prestation live lors du festival (merci le live de notre immonde bière nationale) et j'ai en ce moment entre les oreilles leur nouvel EP Utility of useless things. Avant ça, le trio n'avait pas la même forme et s'appelait Blindfold (qui s'était frotté à Sleeppers, Portobello Bones...), avant ça ils ont sorti quelques démos (Crash en 2001, Corrosion et Spiral en 2002) et surtout un premier bon CD (Stage box en 2003) qui leur a permis d'enchainer les concerts (avec Tantrum, Doppler, ASIDEFROMADAY, Second Rate et de postuler au templin Franche-Comté qu'ils ont remporté. Avant d'aller jouer à Belfort, le label Basement Apes a la bonne idée de les signer, la fin de l'année 2004 sera consacrée à la préparation et à l'enregistrement de ce nouvel EP à Genève avec Serge Morattel déjà responsable du son de Tantrum, Impure Wilhelmina ou Spinning Heads. Le CD est sorti au premier trimestre 2005...
24 mai 2007, Membrane teste à nouveau la solidité de vos baffles avec A story of blood and violence, un nouvel opus enregistré en février à Marseille avec Nicolas Dick (guitariste de Kill The Thrill)... [ [fr] Basement Apes: site du label (41 hits)External ]

Review Festival : Membrane, Méline rock festival 2009

Review Concert : Membrane, In noise we trust #1

Interview : Membrane, Membrane en quelques questions (août 2005)

Membrane / Chronique LP > Reflect your pain

Membrane-reflect your pain Du split avec Sofy Major, on a failli passer au split tout court mais après un court passage dans les limbes, Membrane a refait surface. Inspiré par les tréfonds des remaniements de personnel, le trio a joué aux chaises musicales, Nico prenant le chant en plus de la guitare et trouvant en Max (batteur de Run of Lava et Feet in the Air) puis Alban (bassiste mais aussi chanteur), les pièces manquantes à la survie du projet.

Pour autant l'âme tourmentée de Membrane est toujours là : les riffs noisy tombent comme des grêles, la saturation est lugubre, la rythmique étouffante, les chants de Nico et Alban fidèles à la tradition noise/presque claire ou filtrée juste ce qu'il faut pour hérisser les poils. Dans cet océan de noirceur les gars ont pensé à, de temps à autres, calmer le jeu histoire d'appesantir encore davantage le propos jusqu'à l'étouffement mais aussi à convier Floriane qui oeuvre pour le label Impure muzik (et a joué avec Joss (de Gantz et Hiro au sein de You Witches)) sur deux titres ("Breath" et "Lonesome") où sa voix limpide éclaire un ensemble que le trio rend encore plus sombre pour la mettre en valeur.

Avec Yann Marchadour, Membrane n'a enregistré que 6 titres mais on sent à travers cette grosse demie-heure qu'ils étaient pressés de revenir aux affaires, non pas que les morceaux soient bâclés (bien au contraire, si tu as compris le travail réalisé sur l'artwork, tu sais qu'ils ne laissent rien au hasard) mais les idées semblent simples, directes, le combo a cherché l'efficacité dans des schémas qui ont fait son identité et sa marque de fabrique. L'aventure aurait pu se terminer mais il en est tout autrement, le changement c'est maintenant et comme c'est dans la continuité, c'est réussi.

Membrane / Chronique Split > Membrane | Sofy Major

Membrane | Sofy Major Quand les terreurs de la scène screamo/hardcore/emo/punk (avec un soupçon de sludge) hexagonale entrent en collision frontale avec les monstres du noisecore à la française, forcément, non seulement la rencontre sonne rétrospectivement comme un évidence, mais en plus, elle promet d'être des plus explosives. Sept titres plus tard d'un split vinyle (+ CD) hautement recommandable (et recommandé), sorti au passage chez une foultitude d'excellents labels activistes de premier choix (Basement Apes Industries, Bigoût Records, Impure muzik Ocinatas Industries et Prototype Records), on ne peut se résoudre qu'à l'implacable évidence : ça, pas de doute, explosive, elle l'est.

Sofy Major lance les hostilités en posant d'entrée de jeu une première mine : "Ruin it all" dégomme l'assistance avec une grosse dose de hardcore'n'roll acide et salvateur qui rentre dans le gras comme un trépan dans une motte de beurre. Compact, vénéneux et enragé, le groupe maîtrise comme à son habitude parfaitement son sujet et les moments de calme relatifs, sont invariablement relayés par de belles fulgurances HxC au groove rock atomique ("Doomsayer & friends") et à la puissance imparable. 4 titres pour les Sofy et une production béton - en même temps les morceaux ont été enregistré par Laurent Sausol (Crankset) et le tout a été mixé par Andrew Schneider (Converge, Unsane) et masterisé par Nick Zampiello (Cave In, Torche) - on en prend plein les écoutilles et "Some more pills" claque les tympans à la cravache avant que "Once was a Warrior (fan my flame and I'll still be one)" ne vienne définitivement enterrer la moindre velléité critique.

Seulement trois pistes pour Membrane mais suffisamment d'espace pour que leur noisecore abrasif s'exprime à loisir. "Gruesome tale" enclenche la marche avant et fait office de rouleau-compresseur. Une ambiance post-chaotique et un auditeur qui se trouve pris en piège dans une gangue de plomb, la tension est plus que palpable, les déferlantes rock/hardcore/noise se succédant sur la platine jusqu'à enterrer définitivement la concurrence, le groupe fait ce qu'il sait faire de mieux. Un riffing obsédant, une rythmique qui martèle son propos sans jamais s'arrêter, un vocaliste qui harangue un assistance invisible : Membrane est une implacable machine de guerre. Et lorsque résonnent les premières mesures de "Small fires", on sent bien qu'il va encore une fois se passer quelque chose. 8 minutes et six secondes plus tard d'une nouvelle démonstration du genre, on sait. Une ogive thermonucléaire (post)noisecore qui laisse l'auditoire complètement sonné, harassé par l'épreuve de force qu'il vient de s'offrir avec un power-trio au sommet de son art depuis l'album Disaster (paru en 2010). Fatalement, le troisième et dernier titre n'est là que pour conclure les ébats au détours de quelques ultimes coups de reins bien sentis, sur un "Lifeless down on the floor" où les franc-comtois s'offrent un titre un peu plus expérimental, histoire de montrer que bien qu'aguerris dans leur registre, ils peuvent également surprendre un peu. Grosse claque.

Membrane / Chronique LP > Disaster

Membrane - Disaster Nous sommes (encore pour quelques heures) en avril et un chant léger, doux et attendrissant, ouvre la voie du nouvel opus d'un groupe franc-comtois. Tiens, serait-ce un sample introductif au nouvel opus de Generic ? Eh bien non, puisque la sortie de la deuxième galette du duo basse/batterie le plus aéro-cosmique de la décennie est repoussée à l'automne. C'est à ce genre d'occasion qu'on apprend que "franc-comtois" ne veut pas forcément dire "bisontin", "belfortain" ou "montbéliardais" mais en l'occurrence "vésulien". Car nos trois gaillards, que vous devez commencer à connaître, viennent originellement de Vesoul, point stratégique et capitale de l'Empire du Néant. Et de ce néant, de ce "désastre", pour reste fidèle à l'intitulé de leur nouvel effort, les Membrane continuent de tirer le meilleur d'eux-même en s'offrant une nouvelle fois les services de Nicolas Dick tandis que les fûts sont désormais malmenés par Fre, remplaçant Phil depuis près de trois ans.
Sinon, pas de gros revirement de situation de la part de Membrane puisque ses influences restent inchangées (Botch, Breach, Unsane, Condense et Neurosis en tête de liste) et que le trio continue de prouver qu'il fait partie des dignes successeurs des frenchies de Sleeppers, Basement et autres Tantrum (dont le tribute-album We fucked up our lives auquel nos héros du jour ont participé ne devrait pas tarder à sortir). Le Membrane version 2010 continue sur sa lancée ("ambiances plombées", "rugosité", "oppression", "tension", "déflagration" sont de nouveau au rendez-vous) tout en s'offrant le luxe de dépasser à deux reprises les six minutes et demi de jeu, à merveilles lors de "Pollution" et de ses fantastiques assauts, à la perfection avec "The only solution", pour le moins pachydermique. Encore plus fort, Membrane semble avoir effectué un retour à ses racines que sont Utility of useless things tout en lui adjoignant le perfectionnement de A story of blood and violence, se rendant ainsi capable d'évoquer aussi bien la pesanteur de Danishmendt ("Spiral") que le raffinement de Geneva ("Crime"). On pourra ajouter que l'alliage de la brutalité à la précision commet des ravages irréversibles ("Smog") et que d'assister de bout en bout à un tel carnage, aussi paradoxal que cela puisse paraître, rend heureux d'en être témoin. Et ce ne sont pas les prestations scéniques du trio qui viendront le contredire...

Membrane / Chronique LP > A story of blood and violence


Membrane : A story of blood and violence Membrane nous avait impressionné avec son Utility of useless things, ils remettent le couvert avec A story of blood and violence, un titre qui fait moins dans l'ironie mais ne trompe pas sur la marchandise : les oreilles saignent à l'écoute de ces 8 titres... Et malgré le changement d'équipe à la production et au mixage, le son de Membrane est toujours aussi abrasif (voire plus), et d'une précision radicale dans sa lourdeur... Nicolas Dick, qui avait déjà réalisé un travail d'orfèvre pour le retour de Basement, a réussi à capter le grain spécifique au son live dans son studio et nous le restitue massivement. Au poids des riffs s'ajoute le choc des mots et parfois la rapidité d'un tempo qui ne laisse pas le temps de riposter ("Snake eyes"). Et là où certains (les Sleeppers par exemple...) vont chercher loin de leurs instruments de prédilection de quoi alléger l'ambiance plombée, Membrane ne fait relache qu'en descendant parfois dans les aigus, des notes qui éclaircissent le son mais qui en aucun cas ne nous permettent de respirer tant elles sont elles aussi agressives ou n'augmentent la tension ("Beauty melancholy"). Les mélodies et la sensibilité de Membrane se dissimulent derrière une proéminente violence et une rugosité de tous les instants mais quand on érode ces couches superficielles, on découvre quelques pépites ("Burn inside", "Bathroom"), prenons garde tout de même à ne pas rester dans la béatitude sous peine d'être emporté par la déferlante qui forcément s'abat sur nous dans les secondes suivantes... L'album se termine avec un court hommage à Unsane puisque Membrane reprend leur "Sick" aidé de Nicolas Dick (Kill The Thrill) qui abandonne ses manettes le temps d'expédier en travers de nos gorges les uppercuts lancés il y a bientôt 10 ans par l'un des groupes les plus influents en terme de noise/rock post/hardcore.
Bref, comme leurs comparses de chez Basement Apes Industries (Elodea, Time To Burn...), si tu as mal au crâne ou une petite baisse de régime, écouter A story of blood and violence n'est pas une bonne idée, tant l'album requiert qu'on soit en pleine forme physique pour l'affronter.

Membrane / Chronique EP > Utility of useless things


membrane : utility of the useless things Se lancer dans Utility of useless things revient à pénétrer dans un tunnel dont on ne verra jamais la fin, une fois les premiers riffs de "Utility" arrivés à vos oreilles, vous pouvez fermer les yeux, vous ne reverrez plus la lumière... Ou alors un peu moins de trente minutes plus tard quand les 6 titres sont terminés et que le mode repeat n'est pas enclenché.
Et ce tunnel dans lequel vous venez d'entrer n'est pas tout à fait stable, on peut même dire qu'il s'effondre et que aussi rapide que vous soyez vous serez oppressé par ses parois. Pour le coup la bête est l'oppression, elle est aussi la tension, le tiraillement, la déflagration... Membrane ne fait pas de concession, et si le tempo se ralentit ("Neurones") c'est pour que le bélier qui défonce votre crâne prenne un peu plus de recul pour augmenter sa force.
Utility of useless things est profondément marqué par la prod' de Serge Morattel (un son de disto crade à souhait mais qui n'enlève rien à la précision des coups portés), le mastering d'Alan Douches (les références vont souvent par paire) et des influences (on ne citera que les grands frère français Tantrum et Sleeppers) mais s'y engouffrer en connaissance de cause reste un plaisir à la limite du sado-masochisme, on sait qu'on va être maltraité par les assauts des guitares, par cette rythmique étouffante, par ce chant éraillé mais on y retourne, comme des moustiques vers la lumière blanche... Celle qui serait au bout du tunnel...

[fr] Utility: .mp3 (49 hits)External ]