Prognathe - S/t Par extension à la nature profonde de ce qu'est A Very Old Ghost Behind the Farm, dont il est l'émanation naturelle, Prognathe exploite assidument la facette back metal du premier nommé de manière à en exorciser les démons les plus enfouis Et si l'on veut s'essayer au petit jeu des parallèles, on citera forcément un autre projet affilié à AVOGBTF, en l'occurrence Dead Mountain Mouth, lequel explore également (parfois) les sphères les plus décadentes, malsaines et haineuses de la radicalité metal extrême. Pour faire court, si les autres projets des toulousains évoluent dans des sphères flirtant avec les frontières du black metal, cette dernière entité les franchit allègrement, pour les marier à des effluves grind/sludge/noise particulièrement prégnantes et subversives.

Premier album (éponyme) de Prognathe, le disque présentement chroniqué propose huit titres passant ce que l'on connaissait vaguement d'A Very Old Ghost Behind the Farm dans sa manifestation la plus barbare, vorace et prise d'une frénésie contaminatrice. Hard, bestial et marqué dans sa chair par une intensité sonore exacerbant les déviances (black)métalliques du groupe, l'album donne dans l'agression pure, la décongestion sonore salement violente au travers de titres aussi tordus et décharnés ("Prognathopolis", "Scrutinize" ou "Primal Concrete Sludge"). Des pistes qui viennent s'agglomérer sur la platine pour former ce Prognathe viral et chargé en distorsion sonore, habité par le malin et les effluves sataniques d'un amas de titres brutaux cannibalisant l'attention de l'auditeur ("Saturday night rabies"). Bref : Prognathe est un monstre, sans une once d'humanité en lui, une créature exhumées recoins les plus inhospitaliers des enfers pour accomplir son oeuvre.

Une musique crue, acerbe, résolument DIY en même temps que très punk, mais dans son expression la moins évidente à percevoir et cerner, ce que fait le groupe n'est évidemment pas à mettre entre n'importe quel oreille non-préparée/éduquée/murée (?). Et les titres finaux ("Homo nuclearis", "Sitting in a dream") sont autant de giclées atrabilaires, venant confirmer ce que l'on évoquait plus haut, à savoir que Prognathe est un exutoire haineux ne s'embarrassant jamais des "lois" régissant les formules présupposées de la musique extrême.

PS: : le résultat se découvre en source si tu es assez courageux. Ou masochiste aussi.