metal Métal > The Random Monsters

Biographie > Monstres et compagnie

Formé en 2011, The Random Monsters se cherche quelque peu avant de débaucher concrètement "le grand frère" Sébastien Benoits (Doyle Airence, Reflections) à la batterie, venu jusque là pour filer un coup de main, il se retrouve derrière les fûts pour enregistrer le premier album éponyme du combo en 2012, ils sont alors cinq avec Bastien dans le rôle de chanteur. Ce dernier prend peu à peu du recul et laisse finalement Gaétan Benoits (guitariste), Jefferson Gregoire (guitariste et également chanteur qui joue aussi au sein de Demain dès l'aube) et Thomas Bouvier (bassiste) bosser sur la suite et donc cet EP, intitulé We pretend it's all right, qui sort en mars 2016 via Klonosphère.

Interview : The Random Monsters, The Random interview (oct. 2017)

The Random Monsters / Chronique LP > Going home

The Random Monsters - Going home Un EP méga classe ne pouvait être que le prélude à un album d'une beauté éclatante, encore fallait-il l'écrire et tenir sur la distance, avec Going home, c'est chose faite. The Random Monsters nous plonge 45 minutes dans sa musique et si l'ensemble est découpé en 5 plages, il est difficile de ne pas aborder l'oeuvre comme un tout.

Bien sûr, il y a "No church", morceau tentaculaire, immersif, massif et délicat à la fois, le plus personnel car dénué d'invité mais pour en profiter pleinement, les deux morceaux dépouillés qui l'encadrent ("Wolf's gate" et "Up in the sky") semblent indispensables, tout autant que "Because looking back doesn't mean I can feel safer" qui sert de contrepoids pour tenter de capter l'attention ailleurs ou "Harrison" qui assure à l'ensemble un équilibre total. Disque entier et cohérent, sur le papier Going home pouvait pourtant laisser penser à une certaine dispersion avec les apports (au chant à chaque fois) de Thomas (Bodie) et Bastien (qui retrouve ses potes pour deux titres) pour la clarté, et de Alex (The Prestige) pour davantage de poids et d'obscurité. Mais ces voix différentes s'intégrent parfaitement dans la musique et les ambiances développées par les Franciliens.

Les influences repérées sur We pretend it's all right se sont dissipées, ne restent que de fines traces de Pink Floyd ou Cult of Luna pour ceux qui les cherchent. Affranchi de ses modèles, The Random Monsters explore librement un univers qu'il se construit en même temps, posant ses marques accord après accord, mesure après mesure, note après note, silence après silence. Tantôt contemplatif voire contemplaintif, tantôt rugueux voire rageux, tantôt extatique voire ecstasyque, le monde qui s'ouvre à nous est multiple tout en gardant son unité, il invite à l'abandon.

Se laisser guider, fermer les yeux, rentrer à la maison.
Ressentir. Vibrer. Profiter.

The Random Monsters / Chronique EP > We pretend it's all right

the random monsters - We pretend it's all right Pink Floyd, Cult of Luna, Abysse. Si tu apprécies ces trois groupes, tu dois foncer sur The Random Monsters. Les comparaisons réduisent le champ de vision mais ici, il faut taper dans les références haut de gamme pour tenter d'expliquer les ressentis à l'écoute de ces trois titres. Pour les influences actuelles que sont Cult of Luna (le côté post hardcore léché) et Abysse (le côté instrumental travaillé), c'est évident, c'est facile, il suffit d'écouter pour s'en convaincre. Pour Pink Floyd, c'est musicalement davantage du ressenti (cette basse chaude, ces ambiances, ces notes entêtantes de "Fathers" qui font écho aux 4 notes cultes de "Shine on you crazy diamond", plein de petites choses qui deviennent une évidence si on est connaisseur du meilleur groupe de l'univers. Le premier titre s'intitule "Mason's moment", c'est un instrumental, il peut donc avoir n'importe quel nom... Pourquoi alors choisir celui du batteur de Pink Floyd, Nick Mason ? Étrange coïncidence, non ? Et le titre de l'opus, We pretend it's all right, c'est une phrase que l'on retrouve sur "One of my turns", extrait du légendaire The wall, encore une coïncidence ? Non, c'est plus facile de prouver les accointances entre The Random Monsters et Pink Floyd que de démontrer que les Illuminati gouvernent le monde, sauf que là, c'est vrai. Il n'y a que le choix d'artwork (très beau au demeurant) avec ce reflet de skater dans une flaque que je ne lie pas aux space-rockers. Plus les références sont importantes, plus il est difficile de se faire un nom, The Random Monsters franchit avec brio cette étape en proposant une musique dans l'air du temps, qu'elle soit instrumentale (et lorgnant alors vers le vivier suisse : Equus, Shora, The Evpatoria Report...) ou chantée ("The winding way") avec quelques écorchures qui font monter la pression pour le plaisir car l'explosion ne viendra pas. Sans cette jouissance finale, le plaisir serait infini mais tout a une fin et la tension accouche d'un final somptueusement distordu après presque 25 minutes d'un travail minutieux. Méga classe.