metal Métal > Riviẽre

Biographie > ça coule de source

Bien peu d'informations sont disponibles sur Riviẽre (oui, avec un tilde sur le "e"), on sait juste qu'ils sont quatre derrière ce projet orienté post-rock-métal progressif. Arnaud chante et tient la basse, Alexandre et Nicolas s'occupent des guitares, Tommy se cache quant à lui derrière sa batterie. Ils travaillent depuis deux ans à fignoler les compositions du côté de Toulouse, ils les ont enregistré avec Jérémie Mazan (guitariste de Nephalokia) à quelques kilomètres au Nord de la ville rose dans le studio de Useless Pride Records (Alea Jacta Est, Seekers Of The Truth, The Great Divide) et ont choisi de le faire masteriser par Forrester Savell (Karnivool, Animals As Leaders...). Le résultat a séduit le label anglais Basick Records (Devil Sold His Soul, Uneven Structure...) qui sort ce premier album, Heal, fin janvier 2017.

Riviẽre / Chronique LP > Heal

riviere - heal "Inspiré par Tool et Deftones", c'est bon, c'est pour moi. Quand ce genre de mots sont écrits par un groupe ou un label, c'est à la fois tentant et très casse-gueule. Si un groupe pop revendique avoir écouté les Beatles, c'est normal, comment faire autrement, là, il s'agit tout de même de groupes assez pointus aux styles identifiables et qui ont eu le bonheur de travailler ensemble ("Passenger") donc l'amateur sait exactement de quoi il retourne et si c'est tentant, il est aussi prêt à dégainer en cas de raté.

Le premier titre, "New cancer" amène une guitare distordue à la rencontre de petites notes qui s'envolent, l'ambiance est posée en quelques secondes, le climat se tend, se tord, se métallise, le calme revient pour qu'un chant traînant très Deftones (période White pony) s'installe, le titre s'écoule en méandres durant plus de huit minutes avec un travail sur le rythme et les sonorités assez conséquent. Il est évident que les mecs ont raison, on tient bien un groupe "inspiré par Tool et Deftones" et par extension proche de Vola ou Soen (voire le dernier Klone). Le chant prend ensuite ses distances avec Chino sans jamais venir flirter avec celui de MJK, sa clarté étant assez différente, moins pénétrante. Les mélodies n'en sont pas moins poignantes et l'amalgame avec les instruments respire l'acharnement vers la perfection. Le contraste entre parties sombres et lumineuses n'est pas sans faire écho à certaines productions post-HxC (ne citons que Cult of Luna) mais sans jamais être particulièrement violent, non, ici les guitares préfèrent fuir les accords trop plombés (sauf quelques uns sur "Satin night" et "Binary love" peut-être) pour se réfugier dans des constructions progressives sans complètement nous perdre. Riviẽre a réussi à se forger une identité sonore propre qui fait que même sur un titre instrumental ("Cobalt"), on retrouve leur touche.

On tient là une des révélations de l'année et un des groupes les plus prometteurs de la scène française dans un registre assez peu évident, on attend désormais de les croiser sur scène et d'écouter la suite car le groupe a d'ores et déjà une dizaine d'autres titres déjà écrits.