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Biographie > Join the new army

Tout commence dans une cuisine d'une petite maison de Venice. Mike Muir forme la première mouture de Suicidal Tendencies en 1982 avec des copains de lycée, Louiche Mayorga à la basse, Amery Smith à la batterie et Grant Estes à la guitare, vite remplacé par John Nelson. A leur début, Suicidal organisent des fêtes payantes dans leur maison pour payer leur loyer. Leurs soirées ont un tel succès, qu'ils sont obligés de louer des hangars pour que tout le monde puisse entrer. SxTx gagne ainsi en notoriété. De là, ils ont été amené à faire des premières parties de concerts punk.

D'un naturel optimiste, Suicidal ne se laisse pas démonté par les critiques des punks qui les trouvent trop metal à leur goût. Suicidal crée un nouveau style, le Venice style : le "skate punk (cyco p-rock)". Il combine la rythmique du punk et le gros son du metal. Le premier album de SxTx intitulé simplement Suicidal Tendencies sort en 1983 chez Frontier Records et produit par Glen E Friedman . Le combo entame alors une tournée aux USA avec un tout petit budget. Cette tournée est bénéfique car leur single "Institutionalised" commence à passer à la radio. Ce titre figure également sur la bande-son du film Repo Man d'Alex Cox, ainsi que sur la série Miami Vice où le groupe fait une apparition. Ils reçoivent alors le prix du "Biggest assholes of the year" dans Flipside Magazine. En 1984 Grant Estes est remplacé par John Nelson. A ce moment là Suicidal crée son propre label "Suicidal Records". Il sort alors un opus culte et très rare pour les cycos : Welcome to Venice (avec SxTx, Beowulf, Excel, No Mercy ...) Cet album est pressé à seulement 2000 exemplaires. Amery Smith et John Nelson quittent Suicidal Tendencies pour former un nouveau groupe : The Brood. RJ Herrera arrive alors derrière les fûts ainsi que le guitariste virtuose Rocky George.
En 1986, trois ans après le premier album (qui s'est vendu à 50 000 exemplaires), le groupe signe sur le label Caroline (Virgin en Europe). Impressionnée par le charisme de Mister M., la maison de disque lui propose un gros contrat s'il change de nom et de line-up. Et là M. Muir leur envoie un big "fuck you".
En 1987, le deuxième album sort dans les bacs : Join the army. Le premier single "Possessed to skate" résume bien l'origine du groupe, à savoir les risques inconsidérés que prennent les skaters pendant leurs "rides". Join the army est le tout premier album alternatif à entrer au Billboard. SxTx tourne pour la premiere fois en Europe. Mike Clark arrive comme deuxième guitariste, il opérait avant au sein du groupe No Mercy Fool (Widespread Bloodshed / Love Runs Red - Suicidal Records 1987).
En 1988, chez CBS (Sony) / Virgin, sort l'album How will i laugh tomorow when i can't even smile today. Cet album etait normalment le 2è LP de No Mercy Fool, mais il prend une direction plus metal avec SxTx. Il est assorti d'un réquisitoire anti-drogue Trip at the brain "on ne veut pas servir d'excuse pour qu'on aille se bourrer la gueule le vendredi soir. On ne boit pas, on ne se drogue pas, c'est notre façon d'être...". L'hymne de la Suicidal Army est lancé tambour battant avec "Pledge your allegiance". "ST, ST, ST" crient les cycos ... Les textes de Mike Muir reflètent bien la philosophie de SxTx : pour M. Muir, la plupart des gens nous disent ce que nous devons penser. Il préfère dire aux kids de penser par eux-mêmes.

Suicidal compose alors leur premier album pour Sony : Controlled by hatred / Feel like shit deja vu. Celui-ci est leur premier disque d'or aux Etats-Unis. Au début des 90's, le groupe entre dans une période faste, du moins en apparence, puisqu'il ouvre les concerts des Guns en Europe et de MetallicA... M Muir n'apprécie qu'à moitié cette période : "je n'ai rien contre eux mais je n'avais rien à faire là, une grande partie du public était incohérent". Intransigeant jusque dans sa relation avec le public. Ils sont pourtant nommés aux Grammy awards pour la meilleure performance metal avec Lights camera revolution sorti en 1991. Album qui voit l'arrivée du fantasque big bass man Roberto Trujillo et dont est issu les grands classiques de Suicidal Tendencies : "You can't bring me down", "Alone", "Lovely", "Send me your money"... Très productif, ST sort en 1992 un nouvel opus et ouvre de nouvelles portes avec The art of rebelion .

SxTx signe alors chez Q Prime Management, et s'ouvre les portes d'un nouveau monde. Ils ouvrent pour Queensryche, MetallicA, Guns N Roses, Ozzy Ozbourne, Megadeth, ... Suicidal tourne alors en Europe dans les plus gros festivals comme les Monsters of rock, Dynamo Open Air à Eindhoven (devant 40 000 crazy metalheads !).

La même année, notre Cyco Miko explore un territoire plus funk avec son acolyte Roberto Trujillo et crée Infectious Grooves. Il ne faut pas oublier que leurs principales influences sont les Sex Pistols et Parliamant. Ozzy Osbourne fait une apparition sur leur premier single "Therapy" et sortent leur premier chef d'oeuvre avec The Plague that makes your booty move... It's The Infectious Grooves en 1991. Pour célébrer leurs 10 ans de carrière, Mike Muir décide de réenregistrer leur premier album : Still cyco after all these years. En 1994, après la sortie de Suicidal for life, M. Muir annonce la fin de Suicidal Tendencies au terme d'une tournée francaise/australienne d'adieu. Pour certains membres du groupe, c'était devenu un job. "Je ne veux pas que la musique devienne un job, et c'est pour cela que nous faisons toujours les choses un peu différemment.

Mike Muir crée un projet solo Cycomiko avec les membres d'Infectious. "C'est avec Cycomiko qu'on s'est remis à jouer des vieux trucs de Suicidal...". Mike Muir lance alors le Suicidal version II avec M. Clark (la vitamine C du live, quand M. Clark est en forme, SxTx est plus fort), deux anciens d'Infectious, le funkadelic Dean Pleasants (guitare), le groovilisse Brooks Wackermann (batterie), et le jeune bassiste Josh Paul qui a la lourde tache de remplacer Roberto Trujillo (parti avec Ozzy). Cette période marque également la rupture avec Epic et la parution du best of : Prime Cuts. Après une tournée américaine, SxTx revient pour la première fois en Europe depuis sa reformation en tête d'affiche du festival des artefacts en 1997. Quelques mois plus tard, Suicidal fait une tournée complète en France (14 dates), sans promotion, où la plupart des dates sont sold out. Suicidal Tendencies marque la rupture définitive avec un album sans concessions intitulé Friends and family : Epic escape. C'est une nouvelle complilation comme "Welcome to Venice" avec plusieurs groupes et side-projects. Le groupe reprend alors son propre label Suicidal Records. "Ca représente beaucoup plus de responsabilités, parfois on en souffre pas mal, mais au final, on est bien mieux comme ça parcequ'on sait exactement ce qu'on fait et pourquoi on le fait". SxTx sort alors un 6 titres : Six the hard way (avec deux titres live enregistrés aux Eurockennes de Belfort) et un nouvel album en 1999 : Freedumb (distribué en Europe par XIIIbis Records). Dans la foulée le groupe part en tournée (Vans Warped) aux Etats-Unis, au Japon, en Ausralie... Mister Muir continue avec la même formation son side-project d'Infectious et sort le très goovy Borracho.
2000 voit la sortie d'un nouvel album de SxTx : Free your soul... et save my mind. Suicidal mélange le gros son de ses débuts et le groove acquis avec Infectious, ça décoiffe !
Suicidal, avec peu de moyens, autonome s'entoure d'une équipe dynamique (CycoPeter, CycoRub, Lorenzo, Toni...) et produit d'autres groupes (My Head, Creeper...), tout simplement pour être différent... et c'est pour ça qu'on aime Suicidal...
Enfin la troisième compilation Friends et Family 2 marque la naissance de Suicidal Records Japon. Comme la première version (Friends et familiy : Epic escape, sorti en 1997), il regroupe des titres inédits de Suicidal, d'Infectious, et des morceaux de groupes underground, issus de la SxTx familiy ! Dans ce Friends et family 2, on notera l'excellent titre inédit de Suicidal Tendencies "Fight the losing battle", le premier morceau instrumental d'Infectious "Cat got my tongue", le très punky "Were are evil" de No mercy Fool, et deux titres du groupe japonnais Missile Girl Sscoot "One track mind" et "Big mout", et enfin l'énormissime titre live du non moins déjanté Sarsippuis "Whipcream". On pourra aussi découvrir des titres de Zen voudou, Creeper, My head et Funeral party, à écouter dans ta 2 CV sur le chemin de la plage avec tes planches de surf dans le coffre. Au final, un album qui ne restera pas dans les annales mais qui semble indispensable à toute collection personelle des suicycomaniacs...
Suicidal et proud !!! Alors join the ST army !

Suicidal Tendencies / Chronique LP > World gone mad

Suicidal Tendencies - World gone mad 25 ans après le Art of rebellion où je les ai lâchement abandonnés dans leur son, je retrouve les Suicidal plus en forme que jamais avec World gone mad. Nouvel opus après une absence de 4 ans dans les bacs. Un retour en force sur le devant de la scène, loin de laisser indifférent.

Premier constat : dur de se dire que Mike Muir a déjà 50 balais tellement il est habité par la même passion. Accompagné de sa bande, ils partent à fond de cale pour ne (presque) jamais relâcher la pression. « Clap like ozzy » surboosté sur basse slappée avec riff bien rond à l'appel pour démarrer cette fanfare punk comme on les aime par chez nous. Damn ça fait du bien ! Les grands Suicidal sont de retour il n'y a pas de doute, la recette qui faisait leur grand succès est bien là. Riffs bien trash mais avec une énergie bien punk ! Un groove sans équivoque alliant basse agressive et slappée et le talent du nouveau venu Lombardo à la batterie ! Loin du jeu qu'on lui connaît chez les Slayer, il touche avec la même précision mais plus aéré, moins lourd et surtout à 100 à l'heure. Moi qui me posais des questions sur sa récente participation à la reformation des légendaires Misfits, je n'ai plus aucun doute. Il peut toucher à tout et prouve ici que même dans un registre plus carré et « punk » il tient la route sans aucun souci. Les préjugés font mal et je l'imaginais comme Dave GrosLourdeau derrière les fûts. Au temps pour moi, il est beaucoup plus polyvalent et grâce à sa participation à cet album je l'ai découvert sous un autre jour. Pour en revenir avec la bande, même si les Suicidal Tendencies sont reconnaissables entre mille, qu'ils déroulent la même recette quasiment toujours de la même manière, ils nous surprennent encore une fois sur la qualité dont ils peuvent faire preuve ! Sans se renouveler réellement, c'est frais et puissant. Sans aucune prise de tête, on sent le plaisir qu'ils ont à jouer ensemble et la passion du Muir à chanter ses lignes et mener sa troupe. Une passion inépuisable déclinée depuis des décennies à travers tous ses projets (Infectious Grooves, Cyco Miko et ses autres personnalités). C'est ce qui fait la force du combo et la qualité de leurs œuvres. Loin d'être habité par l'appât du gain et l'argent facile sans se fouler, c'est la passion qui régit la recette et qui nous livre des albums de haute facture. Il y a eu des ratés, mais ça prouve juste qu'ils sont humains. Ce qui est sûr c'est que pour ce World gone mad on en est loin. Un must du genre avec des pistes comme « Clap like ozzy », « New degeneration » ou encore « One finger salute ». Rien à jeter. De A à Z il vaut le coup d'oreille, ne faites pas l'erreur de passer à côté.

Leur meilleur album depuis longtemps et l'un de mes préférés sans hésiter. Un gros coup de cœur et un album qui remet tout le monde en place ! Pas demain le jour où on les détrônera. Toujours dans la place, ils méritent leur étiquette de groupe culte !
Suicidal for Life !