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Band Of Horses est une formation qui a vu le jour à Seattle en 2004 autour du chanteur-guitariste Ben Bridwell (ex-Carissa's Wierd). Après s'être fait remarquer en faisant la première partie de Iron & Wine, le groupe signe sur Sub Pop et sort un premier album, Everything all the time, en 2006. Son succès se fait sur une série de tubes pop-rock en puissance dont la très jolie "The funeral" (un mot-clé qui est souvent lié au succès d'ailleurs...). L'année suivante, Cease to begin poursuit la marche en avant de la formation qui confirme tout le talent qu'on lui a loué. Après une tournée de deux ans, Band Of Horses rejoint l'écurie Columbia et auto-produit Infinite arms, opus dont les avis sont partagés du fait de la direction plus grand public de sa pop-rock country. Le groupe est tout de même nominé dans la catégorie du meilleur album alternatif des Grammy Awards de l'année 2010. 2012 sonne le retour des américains avec Mirage rock, un album alliant d'un côté l'énergie pop-rock et les émotions fortes du folk américain.

Interview : Band Of Horses, Band of Interview (mai 2016)

Band Of Horses / Chronique LP > Why are you OK

Band Of Horses - Why are you OK Band Of Horses est de retour avec la sortie de Why are you OK, son cinquième album. Pour l'accompagner, le fondateur Ben Bridwell a enrôlé Jason Lytle de Grandaddy qui signe là son premier effort en tant que producteur. Après l'album Mirage rock, le groupe revient à un procédé plus moderne avec Lytle et pour une première, l'exercice est plutôt réussi : production soignée, vision artistique cohérente, quelques sonorités originales et l'inclusion de petits éléments rythmiques électroniques apporte une très légère nouveauté. La musique, quant à elle, reste sur le principe du simple et efficace.

L'album débute avec un morceau 2 en 1 de sept minutes, "Dull times/The moon ", introduction qui résonne comme une promesse : ce sera un voyage tout en tranquillité mais on bougera quand même un peu la tête par moments. C'est surtout le cas pour la première partie de l'album, où l'on retrouve les chansons les plus rythmées comme "Casual party", qui pourrait faire office de petite sœur de "Weed party", sortie sur l'album Cease to begin, tant les ambiances et sonorités possèdent des similitudes. On peut évoquer également "In a drawer", au refrain accrocheur entonné par J. Mascis de Dinosaur Jr et ponctué par les envolées vocales de Bridwell. Le morceau tient en tout cas bien son nom puisqu'il s'agit d'un titre laissé de côté pendant presque 8 ans, puis enfin achevé à la dernière minute pour cet album. Quelques accords suffiront pour tenir une chanson que l'on gardera longtemps en tête.

Ben Bridwell, qui a composé cet album seul, gravite autour de toutes les influences qui entourent son groupe : du rock indé à l'image de "Casual Party" ou "Solemn oath", avec des ballades comme la douce "Barrel house" parmi d'autres, et aussi de l'americana ("Throw my mess", "Country teen"). L'interlude "Hold on gimme a sec" symbolise la séparation de la tracklist en deux. Malgré la qualité des chansons, l'album tend à s'épuiser un brin sur la seconde partie. La faute peut-être à l'ordre des pistes qui donne un album plus équilibré et avec plus de relief dans la première moitié que dans la seconde.

Band Of Horses relève un peu la tête après un quatrième album moyennement inspiré. Ce cinquième LP s'inscrit dans la continuité de sa discographie et nous montre qu'il poursuit son bonhomme de chemin sans chambouler ses recettes.

Band Of Horses / Chronique LP > Mirage rock

Band Of Horses - Mirage rock Band Of Horses, c'est l'histoire d'une formation qui, comme beaucoup dans ce milieu, déboule en force avec un tube imparable ("The funeral"), extrait de Everything all the time : une première carte de visite signée sur Sub Pop en 2006. Impossible donc pour les Américains de mieux démarrer leur aventure faite d'entêtantes compositions pop-rock aux vocalises perchées. Une marque de fabrique que l'on retrouve l'année suivante sur un deuxième album intitulé Cease to begin. Inutile de vous dire que la sauce prend, si bien que le quintet passe à l'étape suivante : rejoindre la major Columbia, modifier son line-up et ainsi prendre un virage pop-folk plus accessible avec Infinite arms en 2010, disque mettant en scène l'élégance de la mélodie au sens large. Grosse déception pour les uns qui pensent que le groupe a carrément rendu l'âme, satisfaction pour les autres qui considèrent qu'une entité doit muter pour survivre.

En cette année 2012, Band Of Horses sort donc son quatrième album, Mirage rock, accompagné d'un EP de cinq titres enregistrés à El-Paso intitulé Sonic Ranch sessions pour sa version Deluxe. Un mirage rock, les Américains tapent dans le mille avec ce titre tant les compositions de ce nouvel essai sont des illusions de cet esprit rock fait de sueur et de singularité si cher à nos auditeurs. Moins pire qu'Infinite arms tout de même, ce nouvel album débute bien pourtant avec un titre bien typique du quintet. "Knock knock" est surement le tube pop-rock à retenir de ce Mirage rock avec l'excellente "Feud" (les joueurs de FIFA 13 l'ont surement inconsciemment entendue entre deux réglages de formations et de tactiques de jeu). La puissance des guitares abrasives accouplée à la voix perçante de Ben Bridwell, si prenante, nous replonge dans les vieux Band Of Horses. Une nostalgie vite effacée par une direction artistique prise par le quintet qui tend davantage désormais vers les racines de la musique américaine. Le groupe nous abreuve de mélancolie à tout va ("How to live", "Shut-in tourist", "Long vows") et parfois nous coule définitivement dans le sentimentalisme imbuvable ("Slow cruel hands of time"). La production à l'ancienne de l'anglais Glyn Johns (The Who, Eric Clapton, Steve Miller Band) permet au groupe de sonner comme les artistes du classic-rock des années 70 ("Electric music"). Pas sûr que cela soit un bel argument pour réconcilier les déçus du changement de trajectoire des Américains.

Il ne s'agit pas de faire comme si Band Of Horses n'avait jamais exprimé ses envies "vintage". Cela a toujours été dans l'ADN de Ben Bridwell depuis le départ mais son choix de se porter encore et toujours vers cela risque à terme de tuer artistiquement le groupe à petit feu. N'oublions pas de ce "testament", ce Sonic Ranch sessions qui retrouve justement cet équilibre en cinq titres et relève un peu le niveau de ce quatrième disque bien suffisant.