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Biographie > Party Rock Anthem

Bloc Party est composé de Kele Okereke, Russell Lissack, Gordon Moakes et Matt Tong. Kele et Russel se sont rencontrés en 1998 et après des annonces dans de grandes revues musicales et quelques coups de téléphone, Gordon et Matt les rejoignent. En 2004, le groupe produit trois EPs plébiscités par la presse avant de livrer son premier album (Silent alarm) l'année suivante et de s'offrir un carton planétaire.

Bloc Party / Chronique LP > Four

Bloc Party - Four Quatrième album pour les presque revenants de Bloc Party, dont on pensait assez légitimement que c'en était fini d'eux après un Intimacy qui avait laissé plus d'un inconditionnel du groupe fort perplexe quant à l'avenir du groupe, ce ajouté l'échappée solo (fort piteuse cela dit) de son leader vocal, Kele Okereke. Sans doute que les anglais avaient à coeur de laisser retomber le soufflé les entourant histoire de remettre la tête dedans un peu plus tard et jouer les phœnix avec ce nouveau disque, sobrement et très logiquement baptisé Four (après tout pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple). Et là, l'inattendu se produit...

N'y allons pas par quatre chemins, le groupe fait mieux que réussir la mise à feu de ce nouvel opus : enchaînant coup sur coup "So he begins to lie" et "3X3", soit deux titres outrageusement rock, survoltés même, qui atomisent les canons de la britpop pour lui faire conjuguer dans un même tube à essais la fièvre mélodique de Muse (mais en évidemment mille fois mieux...) et la tension incandescente des Strokes. Le tout passé à la moulinette Bloc Party 2.0, c'est carrément excellent. Et si la suite est parfois clairement en deçà de ce dont le groupe semble actuellement capable ("Octopus", "Real talk"), sur un titre comme "Kettling", on découvre un quartet capable de délivrer un tube rock à la brutalité power-grunge détonante, contrebalancée par la voix toujours très haute de Kele Okereke, pour un résultat complètement décomplexé (sur "Team A" aussi) pour lequel on sent bien que les musiciens se sont lâchés et bien comme il faut.

Sans peur ni reproche, le groupe fait ce qu'il a toujours fait par le passé (et plutôt bien à l'époque) avec le très light mais cette fois un peu raté "Day 4" (dommage), avant de mettre les c.... sur la console de mixage, descendre dans l'arène du rock un R majuscule et des riffs de patrons pour envoyer du gros son sauvagement titiller les enceintes sur "Coliseum". On est surpris et plutôt agréablement par la tournure que prend ce Four et l'alternance des morceaux power-pop "dansants" ("V.A.L.I.S", "The healing") avec ceux plus couillus (le diabolique et effréné "We're not good people"), sans oublier de larguer quelques tubes au passage (le single évident qu'est "Truth") histoire de faire de Four LA jolie surprise discographique de l'été.

Sans aucun doute le meilleur Bloc Party depuis Silent alarm...

Bloc Party / Chronique LP > Intimacy

Bloc Party - Intimacy Le quatuor Londonien Bloc Party revient sur les devants de la scène nous présenter son troisième album Intimacy avec à la production le duo composé de Paul Epworth et Jacknife Lee, respectivement aux manettes de Silent alarm et A weekend in the city. Doit-on pour autant s'attendre à un mix des deux premiers LP ? Même si le ton général avoisine légèrement celui du deuxième album, Intimacy n'est ni un A weekend in the city bis, ni une synthèse de ses deux prédécesseurs. Dans l'ensemble, l'album jongle entre l'explosivité du groupe ("Ares", "Halo", "Trojan horse") et sa capacité à basculer dans de douces ballades ("Biko", "Ion square", "Signs"). Toutefois, il ne contient aucun tube en puissance et laisse même quelques goûts amers avec des morceaux à l'intérêt limité ("Mercury", "Zephyrus", "Better than heaven"). "Mercury", choisit comme single, est assez inintéressant en partie à cause de son manque de saveur, son aspect répétitif et lourd. Toutefois, comme le morceau "Flux" (sorti en single entre le deuxième album et celui-ci) le fit avant lui, il a le mérite de ne laisser aucun doute à l'auditeur quant à l'orientation musicale du quatuor. En effet, tous les instruments de base, et en particulier la paire basse/batterie, perdent leur omniprésence jusqu'ici jamais vraiment bousculée.
L'électronique, comme un élément de substitution, envahit littéralement cet album d'une façon qui devrait probablement partager les auditeurs entre amateurs et déçus (par exemple, "Zephyrus" se caractérise par l'absence totale de cordes et percussions). Bien que la formation londonienne ait le mérite de toujours repousser ses limites à chaque nouvel album, elle perd ici quelque chose qui constituait son identité musicale jusqu'à présent. On aime ou on n'aime pas, mais une chose est certaine : Bloc Party n'est décidement pas déterminé à rester sur ses acquis à chaque nouveau cycle de composition. En admettant que toute évolution musicale est inévitable chez n'importe quel artiste, il faut noter que certaines sont plus accentuées que d'autres. Il semble que Kele Okereke et ses acolytes se soient fermement engagés sur les chemins de l'électro, soutenus par leur touche rock particulière mais ayant pris du plomb dans l'aile. Intimacy est un album à la réalisation très soignée, aux sonorités parfois magistrales (la déchaînante "Ares" ne peut laisser l'auditeur immobile). La multiplicité des manipulations studios pourrait malgré tout rendre difficile l'adhésion du public aux prestations live. A la fois explosif et harmonieux, ce troisième LP est correct mais toutefois pas à la hauteur des espérances. De quoi laisser perplexe pour la suite.

Bloc Party / Chronique LP > A weekend in the city

bloc_party_a_weekend_in_the_city.jpg The'yre back ! Deux ans après avoir pulvérisé les charts et matraqué les radios à coup de singles atomiques et de hype préfabriquée par les mag rock, les Bloc Party sortent du bois avec sous le bras le successeur de Silent alarm. Un deuxième opus promis comme différent de son prédécesseur. OK, mais tout le monde dit ça au moment de vendre son disque à la promo. On enfourne donc la galette dans la platine et après quelques secondes d'intro tout simplement hideuse, on n'en mène pas large. Certes c'est différent, mais c'est surtout foutrement mauvais. Ersatz de pop-song calibré pour être un énième single une fois que A weekend in the city caracolera triomphalement en tête des ventes, ce premier titre ("Song for clay"), c'est le faux départ pour un album qui va pourtant (et oui...) tenir toutes ses promesses. Car dès "Hunting for witches", on prend une première claque. Le groupe nous lâche en pleine face un tube absolu dans la veine des "Banquet" et autres "Helicopter" du premier album.
Rythmiques épileptiques, guitares acérées, refrains qui viennent se visser dans notre tête, les Bloc Party sont plus en forme que jamais et on effectivement gagné en matûrité (quelques arrangements éléctroniques suprenant, des instrumentations plus travaillées) ce qu'ils ont évidemment perdu en spontanéité. On tend alors l'autre joue. Verdict similaire. Le groupe s'est quelque peu assagi et peut maintenant affirmer son style, sa griffe musicale mélangeant habilement pop incandescente et post-punk branché ("Waiting for the 7.18"). La meilleure preuve restant l'énorme "The prayer". Un single d'une puissance tubesque tout simplement effarante. Quelques sambles, des guitares incisives, cet album baigne dans une atmosphère résolument urbaine comme son artwork et son titre le laissaient déjà supposer, la machine Bloc Party fonctionne à plein régime et le groupe a délaissé un temps le côté "facile" de son premier album pour mieux affirmer sa personnalité. "Urbain", l'adjectif est lâché, tout sur cet album semble rattacher la musique des anglais à cette "city" du titre (sans doute Londres), des passages les plus éléctriques à ceux plus posés et mesurés, le groupe semble prendre au travers de cet album le poul d'une métropole qui vit à cent à l'heure et ne dors que trop rarement. Album concept blindé de quelques hits gravés dans le marbre du rock anglo-saxons, A weekend in the city est un disque dont une moitié des morceaux semblent taillés pour les stades ("I still remember", "Sunday") et l'autre moitié vouée à composer une chronique sociale du Londres des années 2000 ("Uniform", "On", "Kreuzberg"). Le tout pour un album assez varié et très bouti, l'oeuvre maîtrisée d'un groupe qui après un carton commercial, a décidé d'en remettre une couche, sans pour autant céder à la facilité. Et c'est déjà pas mal.

Bloc Party / Chronique LP > Silent alarm

pochette silent alarm Depuis plus de six mois, tout avait été fait pour nous faire saliver dans l'attente de ce Silent alarm : 3 Eps nickels, tous révélateurs d'un futur tube ("Helicopter", "Little thoughts" et le déjà célèbre "Banquet"), des critiques rock français et anglais à genoux et une promo radio incessante. En clair, tout pour nous faire détester ces quatre jeunes anglais prédestinés à devenir les nouvelles stars britpop du mois. C'est donc avec méfiance que je glisse cette galette dans mon lecteur CD, la gueule de travers d'avance et prête à accabler ce Silent alarm dès la première note. En toute logique, je m'empresse donc de penser ce dont j'étais déjà persuadée :"Mouaif, pas mieux que les maxis !"... Certes, on retrouve sur ce Silent alarm les tubesques "Helicopter" et "Banquet" révélés par les EPs, avec lesquels les 11 autres titres ont du mal à rivaliser. Mais l'ensemble est cohérent et je suis bien obligée d'avouer que, même la gueule de travers, je n'ai pas pu m'empêcher de faire REPEAT à la fin de la première écoute... ne serait-ce que par curiosité. Car les quatre gars de Bloc Party sont de vraies machines à tubes : "Like eating glasses", "This modern love", "Pionners", "Price of gas", "Luno". Bref, nos quatre britanniques n'ont que l'embarras du choix (qu'ils s'abstiennent seulement de la jouer pop à minettes comme sur les très décevants "She is hearing voices" et "So here we are"). Avec leurs mélodies percutantes, leurs jeux de guitare sans fioritures et la voix si particulière de Kele, Bloc Party devrait surtout déchainer les foules sur scène. Et tant pis s'ils seront oubliés dans six mois ou si le tout sent le réchauffé et le déjà vu car ces quatre gars-là ont le mérite de faire franchement taper du pied, et c'est déjà pas mal !