favez_old_and_strong_in_the_modern_times.jpg Un album de rock indé pur jus, puissant et incisif que ce Old and strong in the modern times. Cinquième album des suisses de Favez, il s'agit là de la première incursion dans nos pages (mieux vaut tard que jamais après tout) d'une formation que l'on aura longtemps laissé dans les cartons et qui sort de l'ombre à l'occasion de la commercialisation de son nouvel opus Bigger mountains, higher flags. Voici dont l'occasion quasi idéale de parler enfin de son prédecesseur.
Enregistrée par Santi Garcia, producteur espagnol à qui l'on doit notamment Mihai Edrisch, Nothink, Houston Swing Engine ou Standstill, cette galette carbure aux riffs rock/émo appuyés et mélodies power-pop qui se glissent insidieusement en nous pour ne plus jamais nous lâcher. Le groupe met la mécanique en route avec "Looking for action" et dès les premières secondes, Favez fait une embardée, envoyant par là-même les guitares et le reste avec un plaisir contaminateur. Batterie branchée sur 100 000 volts, feeling rock pur souche assaisonné d'émo brûlant, les titres s'enchaînent sans effort ("Primitive nation of one", "The bigger the clouds", "Not ready for the wind"...) et les suisses ne semblent aucunement avoir envie de lâcher cette emprise qu'ils ont sur nous. Frisson. La platine CD s'embrase, les riffs se font toujours plus obsédants, le groupe mélange les genres avec un savoir-faire imparable, rock sur "And the ship sails", plus pop sur "My days off the hook" ou carrément émo-post-hardcore sur "The colored machines". Efficace, car particulièrement bien troussé, normal, le groupe n'en est plus à ses premières armes. Résultat, le songwriting est soigné, les arrangements rôdés et mon tout se dévore même sans appétit.