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Originaire de Lausanne (Suisse), Favez est un sextet évoluant dans les sphères du rock depuis le début des années 90 et qui compte à ce jour (début 2008), pas moins de huit albums. Une huitaine d'efforts studio parmi lesquels les 3 premiers premiers ont vu le jour sous le nom de Favez Disciple (pseudo inspiré d'un personnage du film Le Mans avec Steve McQueen dans le rôle-titre). Surtout connu et reconnu dans son pays d'origine, Favez s'exporte un peu partout à partir de 2005 avec l'album Old and strong in the modern times. En 2007, le groupe est maintenant hébergé chez Gentlemen Records, A Red Season Shade, The Appleseed Cast et enregistre son neuvième effort. Un disque baptisé Bigger mountains high flags qui débarque dans les bacs le 14 janvier 2008.

Favez / Chronique LP > Bigger mountains, higher flags


Favez - Bigger mountains, higher flags Après un Old and strong in the modern times en mode rock dur, catchy et incisif, Favez change de registre avec son neuvième opus studio, un disque aux accents pop et à l'écriture très anglo-saxonne dans l'âme mais avec toujours cette griffe particulière, cette capacité à produire des mélodies d'une rare efficacité, qui a notamment fait la marque de fabrique de la formation suisse. "The Highways are deserted" puis "When we were kings" ne laissent pas le doute subsister bien longtemps, Favez délaisse un temps les riffs virils et tranchants pour des mélodies power-pop plus radiophoniques mais qui ne manquent pas pour autant de mordant. Et si le groupe abuse un peu de l'utilisation des claviers, le songwriting reste inspiré, dynamisé par un savoir-faire irréprochable.
Ne nous leurrons pas, avec les premiers titres de Bigger mountains, higher flags, le groupe a pris le risque de larguer en route une partie de son public pour étendre son terrain de jeu. "She wakes up every night" puis "Naked and gasolined" viennent démontrer que le groupe ne l'a pas fait pour rien. En voulant se renouveler, il évite de cloner son pourtant très bon Old and strong in the modern times pour s'essayer au tube grand public, calibré mais pas trop non plus pour toucher le plus grand nombre sans vendre son âme au diable. Si le style est différent, on peut rapprocher le nouveau Favez des anglais d'Editors, dans leur manière d'appréhender cette pop, langoureuse, subtile et matûre qui ne laisse que très rarement de marbre. Pourtant au passage, les suisses, qui se cherchent encore un peu dans ce nouveau registre, se ratent parfois comme sur les insipides "Here we're nothing" et "And we dance". Mélodies archi-revues, arrangements clichés, Favez s'embourbe un peu mais ressort du fossé avec sa paire "The goodbye song"/"The torch song" puis l'intimiste et dépouillé "If I didnt come for forgiveness". C'est très pop, nostalgique, romantique et habilement conçu pour emballer la demoiselle d'honneur à la fin d'un mariage, mais le sextet parvient à insuffler suffisamment de classe et de personnalité à l'ensemble pour que l'on se laisse séduire. Un album de ce calibre doit normalement avoir son single qui cartonne pour définitivement convaincre... Favez a décidé de se plier à cette règle tacite et déballe alors son tube power-pop avec l'excellentissime "White limousine". Et là, c'est la surprise : mélancolie déchirante, harmonies délicates, guitares explosives, le groupe sort de sa manche un brûlot pop comme on n'en voit que trop rarement et fait entrer du même coup Bigger mountains, higher flags dans la catégorie des très bons albums du genre. On s'attendait à une énième mais efficace galette de rock, on a finalement eu droit à un élégant disque de pop suave et mélodieuse, en attendant la prochaine étape... Favez se devant de nous surprendre, encore une fois.

Favez / Chronique LP > Old and strong in the modern times


favez_old_and_strong_in_the_modern_times.jpg Un album de rock indé pur jus, puissant et incisif que ce Old and strong in the modern times. Cinquième album des suisses de Favez, il s'agit là de la première incursion dans nos pages (mieux vaut tard que jamais après tout) d'une formation que l'on aura longtemps laissé dans les cartons et qui sort de l'ombre à l'occasion de la commercialisation de son nouvel opus Bigger mountains, higher flags. Voici dont l'occasion quasi idéale de parler enfin de son prédecesseur.
Enregistrée par Santi Garcia, producteur espagnol à qui l'on doit notamment Mihai Edrisch, Nothink, Houston Swing Engine ou Standstill, cette galette carbure aux riffs rock/émo appuyés et mélodies power-pop qui se glissent insidieusement en nous pour ne plus jamais nous lâcher. Le groupe met la mécanique en route avec "Looking for action" et dès les premières secondes, Favez fait une embardée, envoyant par là-même les guitares et le reste avec un plaisir contaminateur. Batterie branchée sur 100 000 volts, feeling rock pur souche assaisonné d'émo brûlant, les titres s'enchaînent sans effort ("Primitive nation of one", "The bigger the clouds", "Not ready for the wind"...) et les suisses ne semblent aucunement avoir envie de lâcher cette emprise qu'ils ont sur nous. Frisson. La platine CD s'embrase, les riffs se font toujours plus obsédants, le groupe mélange les genres avec un savoir-faire imparable, rock sur "And the ship sails", plus pop sur "My days off the hook" ou carrément émo-post-hardcore sur "The colored machines". Efficace, car particulièrement bien troussé, normal, le groupe n'en est plus à ses premières armes. Résultat, le songwriting est soigné, les arrangements rôdés et mon tout se dévore même sans appétit.