fu_manchu_no_one_rides_for_free.jpg Après une petite brouette de 7'' histoire de se rôder en studio, les Fu Manchu sortent en 1994 leur premier album long-format : No one rides for free. Pour la petite histoire, la légende du Fu raconte qu'un label les aurait approchés quelques mois auparavant pour leur offrir la possibilité d'enregistrer un disque bien calibré comme il faut pour cartonner, un peu à la manière de la vague grunge. L'histoire raconte que Scott Hill et sa bande auraient envoyé bouler les gens du label en question pour s'en aller mettre en boîte le disque par leurs propres moyens. Résultat des courses, dès "Time to fly" et surtout "Ojo rojo", les Fu Manchu vient se dégourdir les muscles en faisant vrombir la machine à riffs, qui bien que ne bénéficiant pas d'une production haut de gamme, lâche quelques passages de grattes bien sentis. Foncièrement stoner rock, bien roots dans l'âme et solidement burnée, la musique du quartet californien sent bon le sable et le soleil, alors même que les amplis crachent les décibels et que le groupe envoie ses brûlots rock faits maison dans les enceintes. C'est du cousu-main, quasiment du DIY mais le groove des américains est déjà parfaitement imparable. A ce titre, "Show and shine" est quasiment un modèle du genre. Les guitares sont bien électrifiées, le fuzz prometteur et l'envie d'en découdre, furieusement communicative. Les morceaux se suivent et s'enquillent les uns derrière les autres comme si de rien était, avec toujours cette efficacité brute, qui malgré le manque de moyens, ne souffre d'aucune contestation ("Mega-bumpers", "Superbird"). Les filles, le sexe, les substances illicites, le poker, les belles caisses, les thèmes abordés ici ne parviendront sans doute pas à convaincre les culs-bénis rétro-catho de droite, mais pour le reste, Fu Manchu c'est du 100% fun (l'excellentissime "Shine it on") à écouter pour se désaltérer, une caisse de bières fraiches au pied du hamac. No one rides for free, 8 titres virils et testostéronés (le furieux et fuzzé "Snakebellies") qui en appellent forcément d'autres, beaucoup d'autres. Qui s'en plaindrait ?