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Girls Against Boys Ayant vu le jour courant 1988 comme un "simple" side-project de Brendan Canty (batteur de Fugazi) et d'Eli Janney, producteur connu pour avoir notamment enregistrer des groupes comme Jawbox, Hooverphonic ou Skeleton Key, Girls Against Boys devient un vrai groupe à part entière (c'est à dire régulièrement très actif) deux ans plus tard lorsque Canty, trop occupé par ses activités au sein du groupe phare de la célèbre écurie Dischord Records. Janney loin d'enterrer Girls Vs Boys embauche alors Alexis Fleisig, Johnny Temple et Scott McCloud, tous trois membre de la formation (post)hardcore punk Soulside.

Evoluant dans un registre indie-rock/noise/post-hardcore avec la particularité (assez rare à cette époque) d'user de deux bassistes en même temps, le quartet devient une formation à suivre sur la scène de Washington D.C, ce dès ses premiers pas discographiques avec l'EP Nineties Vs. Eighties puis l'album Tropic of Scorpio, tous deux sortis en 1992. Plutôt productif, le groupe remet le couvert un an plus tard via l'album Venus Luxure No.1 Baby pour lequel il est désormais signé chez Touch & Go (Butthole Surfers, Calexico, Shellac, Slint, The Jesus Lizard). Girls Against Boys vont alors connaître une période dorée pendant laquelle ils vont enchaîner les sorties avec deux albums : Cruise yourself (1994), House of GVSB (1996), 2 splits avec Man or Astro-man? puis Guided By Voices et pas moins de 4 EPs entre 1994 et 1997 (Sexy Sam, B.P.C./Satin Down, Super-fire, Disco Six Six Six).

Entre-temps, le groupe tourne partout dans le monde et se fait notamment remarqué aux festivals All Tomorrow's Parties et Lollapalooza sans oublier des passages mémorables à Reading, Dour, au Pukkelpop ou au Primavera Sound. Sur scène les Américains croisent notamment la route de Jawbox, Jon Spencer Blues Explosion, Helmet, The Jesus Lizard, Rage Against The Machine ou les Foo Fighters, avant de rejoindre la major Geffen Records pour livrer l'album Freak*on*ica en 1998. Ce avant de se faire plus discret (ses membres se consacrant à quelques side-projects, New Wet Kojak ou Paramount Styles notamment), jusqu'en 2003 et la parution d'un nouvel album You can't fight what you can't see par l'intermédiaire du label Jade Tree (New End Original, OneLineDrawing, These Arms Are Snakes).

A partir de 2003, les Girls Against Boys, s'ils ne splittent jamais officiellement vont observer une période de silence relative avant de réactiver le groupe quasiment dix ans plus tard en repartant en tournée pour assurer la promo d'un nouvel EP sorti un peu à la surprise générale (et en autoproduction) : The ghost list.

Interview : Girls Against Boys, Interview Girls vs Boys

Girls Against Boys / Chronique LP > You can't fight what you can't see

Girls Against Boys - You can't fight what you can't see Après une période de calme, le retour de Girls Against Boys est fracassant ! Ceux qui avaient oublié combien le groupe avait la possibilité de créer des hits, des chansons très simples, ultra percutantes et incroyablement jouissives en sont pour leurs frais ! You can't fight what you can't see est un bloc de onze morceaux qui redonnent à Girls Against Boys le titre mondial des poids lourds de la power pop/rock US ! Les Nada Surf qui surfaient (ahah) sur leur vague vont devoir faire fort pour regagner nos platines ! Le ton, le son des distos, l'attaque, la qualité du son, tout ce qu'on aime dans le rock alternatif des américains est présent, Ted Niceley doit y être pour quelque chose, le retour du grand manitou aux manettes semble avoir donné une deuxième jeunesse au groupe qui déborde d'énergie.

Dans cette collection de titres enjoués, seul "300 looks for the summer" est un peu lassant, idem pour le "Let it breathe" final qui sonne comme un hommage à Lou Reed. Mais le reste, ah, le reste ! Quel bonheur ;o) Et tout en haut de cette montagne de bons riffs, j'ai une petite préférence pour le "BFF" et son refrain très 'college band', ses guitares grasses et légères à la fois ! "It's great to be a rock'n'roll star" !!! Mais ce qui fait la force des Girls Against Boys c'est leur capacité à intégrer des sons zarbis (distos en tout genre, samples) pour en faire du rock, "Tweaker" repose sur des bases simples mais ces sons font du titre une perle de rock presque expérimental ! Et la voix chaude de Scott McCloud est toujours bien présente pour éviter à l'auditeur de s'égarer, et ses mélodies, même si elles sont assez semblables tout au long de l'opus, font mouche bien plus souvent que la moyenne. Les Girls Against Boys ne sont pas morts, ils bougent encore ! Et pas qu'un peu...