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Biographie > Better riffs for better days


Niveau info biographique, c'est le zéro absolu concernant Hackman. Tout juste sait-on que le groupe est orignaire d'Allston dans le Massachussets et qu'il se compose de trois rednecks : Darryl, Jase et Owen, trois furieux adeptes de Black Sabbath, Fu Manchu, Roadsaw et Karma to Burn. Relativement méconnu jusque là, Hackman signe pourtant chez le respecté label SmallStone Records (Dozer, Dixie Witch, Greenleaf, Mos Generator, The Glasspack...) via lequel sort au printemps 2007, son premier album studio : The new normal.

Hackman / Chronique LP > The new normal


hackman_the_new_normal.jpg Sept petits titres, même pas quarante minutes de musique pour une grosse décharge de stoner groovissime sur laquelle Hackman vient poser une solide chape de plomb, The new normal est un album qui taille direct dans le gras à coup de riffs sulfuriques et de section rythmique qui compresse les entrailles pour y enquiller quelques plans pachydermiques et dévastateurs. Pourquoi ? Tout simplement parce que The new normal, c'est un disque de stoner metal/rock massif façon Rite, dense, compact et qui compacte les tympans comme une charge de All-blacks face à une équipe de cadets... Evidemment les ravages sont considérables : heavy, Hackman l'est assurément, mais il y a autre chose, un sens de la ligne de gratte qui cogne entre les omoplates encore et encore, ricoche sur notre colonne jusqu'à nous faire résonner les vertèbres longtemps après le passage du cyclone ("Packed bat"). Terriblement efficace.
Quasi exclusivement instrumental, le combo américain propose une musique à la croisée des chemins entre Karma to Burn, Corrosion of Conformity et Miligram, soit un stoner à la rugosité effarante, à la lourdeur incommensurable et au feeling paradoxalement foutrement rock. "In your face" semble nous hurler à la figure le chanteur qui vient pousser la gueulante sur quelques passages de "The Anthem", pendant que l'impressionante machine technique se met en branle. Le résultat est d'une puissance détonnante. Frontal, le choc ne peut laisser de marbre et alors que l'on s'attend à un nouvel assaut, voilà que Hackman se fait un peu plus rock, mais toujours avec cette puissance de feu qui calcine les enceintes, pendant que s'abattent sur leurs cendres encore chaudes, quelques lignes de guitares à la recherche du brulôt stoner-metal ultime ("You can't ever get what you want "). The new normal est un disque sauvage qui fait "mâle", une plaque qui distille son puissant alliage de metal/rock/stoner primaire et massif pour s'imposer comme LE groupe inattendu capable de dynamiter la scène stoner quand il le souhaite. Décidé à enclencher la seconde sans crier gare, Hackman appuie à fond sur l'accelérateur et s'embarque pour une "Chi music" aux relents punks affirmés et à l'effacité brute toujours aussi démente. Quelques plans caniculaires à la Kyuss, une gratte qui se paie un solo halluciné de fou et voilà que le groupe parvient en l'espace de quatre titres seulement à faire ce que bon nombre de leurs contemporains mettront une carrière à faire.
A savoir : démontrer qu'on peut faire un f***ing album de stoner metal qui défouraille à souhait, qui ne soit pas déjà archi revu, sans se triturer les méninges pendant quinze ans. D'ailleurs les ricains le clament haut et fort avec "I don't need this shit, I played budokan", ils ne sont pas là pour résoudre la quadrature du cercle, juste à jeter à la face du monde un cocktail molotov de guitares acérées comme des lames de rasoir et de section rythmiques chirurgicale assaisonnée de quelques vocaux assassins aux fulgurances hardcore (il faut écouter le final bulldozer du titre pour se rendre compte de la puissance du truc...). Monstrueux et primitif. Pas mécontent d'avoir poser une mine au coeur de la scène stoner US, Hackman s'offre un petit "Alabac" armé d'instrumentations ravageuses qui lâchent tout ce qu'elles ont dans le ventre avant de sortir son dernier titre de l'arsenal The new normal. Un dernier coup de rein sur le furieux et grossier "Fuck you, I played Altamont" et voilà que les américains en finissent avec un album aussi court qu'incisif, aussi vulgaire que sulfureux, le tout sur un petit final psychédélique et halluciné à souhait. Wooooh, quelle claque !