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Biographie > L'enfer des heroes

Depuis que les Smashing Pumpkins ont rendu les armes, trop rares sont les groupes qui parviennent à retrouver ce sens inné d'un rock mélodique et puissant, presque évident. A la fin des années 90, les londoniens de Symposium avaient fait illusion en la matière le temps de deux albums éphémères, avant d'être condamnés au pilori, coupable d'avoir perdu peu à peu de leur rage originelle et originale.
2000 : les deux rescapés Will McGonagle et Joe Birsh ont su en tirer les conséquences au moment ou leur nouveau groupe Hell Is For Heroes, formé avec des amis d'enfance, vient secouer les lumières du business avec leur The neon handshake de premier album, entre les murs de son des Deftones, l'énergie d'un Refused et la sensibilité exacerbée d'un Coldplay.

Hell Is For Heroes / Chronique LP > Hell is for heroes

hell_is_for_heroes_hell_is_for_heroes.jpg Cela commence à devenir une habitude, lorsqu'un groupe reconnu peine à trouver un titre adéquat en vue de son nouvel album, même s'il en a déjà plusieurs au compteur, choisi la facilité : l'éponymie. On avait déjà observé celà avec Deftones, le quatrième effort du quartet de Sacramento, la tendance se confirme aujourd'hui avec le troisième album studio des Hell Is For Heroes; et très prochainement avec KoRn qui a d'ores et déjà baptisé son futur album : Untitled. Considérés par beaucoup comme l'un des fers de lance de la scène émo-rock, les Hell Is For Heroes avaient marqué les esprits avec leur deuxième album Transmit disrupt, deux ans plus tard, le groupe passe la surmultipliée et livre un album en forme de véritable machines à tubes. Production canon, mélodies taillées pour atomiser les charts anglo-saxons, guitares puissantes, rythmiques incisives, les londoniens lâchent tout ce qu'ils ont dans le ventre, mais le font avec la manière, sans jamais céder à la facilité.
Car une fois passé l'excellent prologue instrumental "To die for", le groupe enclenche la seconde et met la machine à tubes en mode "on". Un titre à l'intro évoquant les Bloc Party, une mélodie qui se visse instantanément dans les mémoires, des guitares qui en veulent et le font entendre, le groupe cherche l'efficacité et atteint son but sans difficulté. Mais s'arrêter là et livrer une suite de titres radiophoniques et sans âmes ne semblent pas intéresser les Anglais. Et nos "heroes" émo-rock de s'offrir quelques hits absolus en alliant intelligement leur sens du tube avec des instrumentations plus raffinées que la moyenne ("Between us", "..."). Avec matûrité et un savoir-faire évident, le groupe accroche l'auditeur lambda pour ne plus le lâcher. Dans le doute, une fois la cible vérouillée, les Anglais font parler la poudre et lui offre quelques morceaux de bravoure émo ("Hands up" notamment) afin de démontrer avec force et élégance que l'on peut relever un genre même profondément enterré par des vagues de groupes plus fossoyeurs que musiciens. Certes, parfois un peu répétitif, Hell is for heroes est un album qui se découvre et se déguste avec un plaisir évident tant les Anglais ont su nous pondre quelques pépites rock aux mélodies imparables ("Into the blood", "Only the ridiculous will survive") et à l'efficacité difficilement contestable.

Hell Is For Heroes / Chronique LP > The neon handshake

Hell Is For Heroes : The neon handshake Bien aidés dans leur tâche par la paire de producteur suédois Pelle Herricson / Eskil Lövstöm (ils étaient derrière The shape of punk to come, album mythique des regrettés Refused), les 5 anglais de Hell Is For Heroes réinventent le rock. Comment ? En jouant tout simplement avec leur tripes, sans se poser de questions, et en usant habilement du contraste calme/sauvage à l'image de titres comme "Out of sight" ou "Three of clubs" où l'alternance de murs de guitares distordus et de passages semi-acoustiques éclairés fait souffler un vent frais sur le Paysage Rock Mondial. Un style rendu également possible par le virtuose Justin Schlossberg dont la voix d'archange maudit fait passer de délicieux frissons dans le dos ("I can climb mountain") en parcourant sans peine toute la gamme des émotions vocales possibles. Rappelant à souhait les Citrouilles Ecrasées ("You drove me to it" aurait pu être écrite par Corgan), rentre dedans sans être véritablement hardcore (l'autobiographique "Five kids go", bien vu), apaisant sans jamais assoupir ("The slow song"), The neon handshake est un de ces disques qui révèle des surprises à chaque écoute, comme ce "Few against many" dont on se plaît à imaginer l'énorme potentiel scénique.
Hell Is For Heroes joue la carte de l'honnêteté, exposant à nu ce que d'autres préfèrent cacher par fausse pudeur... Ici tout est brut, sans fard, à la merci de tous. Il n'y a pas de mystère, en ces temps de musique pré-fabriquée, pré-mâchée et pré-digérée, le son des anglais apparaît comme un contre-pied parfait dont on ne se lasse pas. Bref, si l'enfer est fait pour les héros, on leur souhaite à tous de rôtir dans les flammes.