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Biographie > Hella, c'est le drame !

Hella est né en 2001, fruit de la rencontre de deux musiciens originaires de Californie, de Sacramento pour être plus précis : Spencer Seim (guitariste) et Zack Hill (batteur de Team Sleep notamment). Le duo se met alors à composer dans son coin une petite dizaine de morceaux tout plus techniques et inventifs les uns que les autres, afin d'enregistrer son premier album intitulé Hold your horse is. Cet album sera suivi l'année suivante, d'un EP (Bitches ain't shit but good people) puis d'un LP intitulé Total Bugs Bunny on wild bass.
En 2004 puis 2005, Hella sort successivement deux nouveaux albums : The devil isn't red puis Church gone wild/ Chirpin card.

Hella / Chronique LP > Tripper

Hella - Tripper Peut-être qu'il en fait trop le père Zach Hill à force d'enchaîner les disques depuis une bonne dizaine d'années maintenant. Faut dire que depuis 2002 et la parution de l'excellent Hold your horse is du projet qui l'a fait connaître, à savoir Hella dont il est à la fois le génial batteur et le co-fondateur, le bonhomme n'a pas chômé. Enchaînant les albums avec ses nombreux projets (Goon Moon, Flössin, Bygones) ou les collaborations tout aussi diverses et multiples (avec Death Grips, Holy Smoke, The Ladies, Scars on Broadway, Team Sleep, RISIL, Omar Rodriguez-Lopez de The Mars Volta ou Alan Moore dans le cadre du projet Unearthing), sans parler de ses travaux solos, le californien est partout... et parfois un peu nulle part lorsqu'il s'agit de retrouver l'inspiration pour produire des disques d'Hella, dont le rythme de sorties n'a pas pour autant baissé au fil des années (les albums The devil isn't red (2004), Church gone wild/Chirpin' hard (2005), There's no 666 in outer space (2007), les EPs Bitches ain't shit but good people (2003), Total Bugs Bunny on wild bass (2003), Concentration face/Homeboy (2005), auxquels on peut également ajouter un split avec Four Tet). La qualité par contre elle...

Toujours est-il qu'en 2007, on a eu droit au dernier album d'Hella avant quatre années de silence discographique total sans doute plus que bienvenu et qui a permis au projet de retrouver ses fondamentaux math-rock "super-noïsique". En tous cas, c'est ce que laisse fortement supposer la découverte des premiers titres de Tripper, le nouvel album d'un duo qui semble plus en forme que jamais dès le largage des premières ogives saturées que sont "Headless" ou "Self checkout". Rock'n'roll et sans concession, ça sonne cru, ça joue très vite, ça en met tout plein partout sur la platine, ça part en vrille dans tous les sens mais ça retombe systématiquement sur ses riffs. Putain de maîtrise technique ahurissante qui gère le découpage mathématique de plans tous plus velus les uns que les autres avec une aisance frisant le surnaturel. Les montées en pression sont parfaitement gérées, la paire américain fait fulminer les enceintes en même temps qu'elle continue d'accélérer le rythme par fulgurances répétées. Une mécanique de haute précision, certes particulièrement démonstrative (trop ?) mais foncièrement addictive pour peu que l'on soit sensible au style pratiqué ("Long hair"). D'autant plus que le duo essaie de varier les plaisirs (et y parvient) en s'extirpant du carcan math-rock noise de pointe pour soigner les éléments mélodiques, les harmoniques et les insérer à sa formule instrumentale magique ("Yubacore", "Netgear", "Furthest"), jusqu'à séduire jusqu'au plus réfractaire des démonstrations math-rock ("On the record"), malgré quelques bizarreries véritablement absconses ("Kid life crisis"). Bref un exercice de style véritablement bluffant ("Psycho bro"), doublé d'une belle fessée artistique au rayon songwriting racé.

Hella / Chronique LP > Hold your horse is

Hella : Hold you horse is Premier opus du duo Hella, on ne peut pas dire que Hold your horse is débute comme on aurait pu s'y attendre. "The delkan", intro composée de samples éléctro qui semblent extraits d'un jeu vidéo, s'avère franchement dispensable et ne met pas vraiment l'album sur de bons rails et c'est plutôt avec des réserves que l'on attend la suite.
"Biblical violence" puis "Been a long time cousin" mettent les choses au point, l'intro n'a semble-t-il rien à voir avec le reste de l'album. Enchevêtrement de riffs signés Spencer seim et de ruptures de rythmes impressionnantes à la batterie, ces deux morceaux sont à couper le souffle. C'est à une véritable démonstration de force et de maîtrise formelle que l'on assiste, "Republic of routh" est à ce titre symptomatique de la performance hors du commun de Zack Hill derrière les fûts. Inventif, ultra-rapide et d'une précision hallucinante, le batteur assure comme s'il s'était fait faire greffer un ou deux bras supplémentaire. Une sacrée leçon de frappe sur la caisse claire.
"Ghost dance", "Brown metal" puis "Cafeterias bananas" s'enchaînent à la vitesse grand V, sans jamais que la virtuosité technique ne prenne le pas sur la volonté d'innover en proposant quelque chose de radicalement différent de ce que font en général les duos rock (un bémol néanmoins pour "Brown metal" qui a tendance à être un peu brouillon à la longue...).
"City folk sitting, sitting" le confirme, tout cela ne serait qu'un brillant exercice de style, passionnant au départ, mais forcément répétitif et ennuyeux à la longue si Hella ne faisait pas montre de véritables velléités mélodiques évidentes.
"Better get a broom !" titre final de ce Hold your horse is est sensiblement du même tonneau, du rock puissant joué avec une maestria technique rare mais également avec un vrai talent de composition. Que demander de mieux ?