Justin(e) - Treillères über alles Alors que l'enthousiasme du célébrissime Gui de Champi m'avait tout autant enveloppé lors de la découverte de Justin(e) et Du pareil au même, il faut avouer que j'ai eu du mal à le partager (l'enthousiasme, pas Gui de Champi, quoi que...) concernant l'Accident N°7, malgré des écoutes suivies, répétées plus que de raison, enfoncées au burin, martelées lourdement. Rien n'y faisait, cela tenait à un je ne sais quoi d'inexpliquable par les lois raisonnées de la physique mais la sortie de route semblait belle et bien réelle à mes oreilles.

C'est donc avec une certaine nonchalance accouplée à la vision des premiers flocons s'échouant sur le vélux de mon logis et redoublée du sentiment de ne pas trop y croire que l'index appuie sur "Play" après avoir laissé patienter le disque quelques heures dans la platine, plusieurs semaines après l'avoir récolté sur une distro d'une soirée bisontine, plus d'un an après sa sortie via l'improbable agrégation de Can I Say? Records, Guerilla Asso, Des Ciseaux Et Une Photocopieuse et le groupe lui-même via son asso.
Mais, instantanément les doutes partent en fumée, se volatilisent, bref, se désintègrent. En un éclair, on sait que c'est bon, très bon et même mieux : ultime. Voilà que les Nantais, à défaut de réinventer l'efficace recette de son punk-rock de base (mais pas basique) nous refont Du pareil au même mais en pas pareil, en mieux et en urgent, le tout sans incartade, toujours sur l'accélérateur, jamais sur le frein. Un tempo toujours à fond de cale, une salvatrice nervosité, une textuelle à la fois surréaliste, poétique, un brin anar' et dotée de second degré, la gestuelle précise et la manivelle à portée de main pour en découdre envers des supporters trop peu fervents. Ils évitent systématiquement la situation de hors-jeu, enchaînent boulets de canon sur tirs cadrés, donnent des leçons de fair-play à qui veut l'entendre, jouent de virtuosité à en faire pâlir Pelé et font entonner à leur public des refrains imparables. Tu auras sans nul doute compris que Justin(e) est toujours au sommet de son art et, faute de prolongation, qu'il n'y a absolument plus aucun moment à perdre avant de mettre la main sur Treillères über alles.