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Biographie > porcelaine de Chine

En 1996, aprés avoir évolué quelques temps sous le nom de Shaheen (et d'autres membres), Kaolin commence à travailler sans trop penser à où ils seront 10 ans plus tard... Les deux frères (Guillaume et Julien) accompagnés de leurs vieux amis Ludwig et Olivier sont encore au lycée, passent une partie de leur temps libre sur leurs instruments et sortent surtout de leur local pour la fête de la musique (Montluçon n'est pas vraiment la plaque tournante du rock...). Ils enregistrent un premier EP en 1998 (Purs moments) puis un deuxième en 2000 (Bienvenue dans les criques), de bons échos live et de bonnes compos suffisent à amadouer Barclay qui les signe et les propulse sur le devant de la scène nationale (Transmusicales de Rennes) et une grosse promo pour leur premier opus Allez (2002). En 2004, rebelote avec De retour dans nos criques, Kaolin continue son chemin qui croise de nombreux jolis noms (Muse, JJ72, Madrugada, Dolly, Cox, Dyonisos, Venus, Stereophonics...) et c'est le clash avec la major... Retour à la case campagne avec un artisan du disque, At(h)ome qui récupère le groupe dans son écurie de poulains élevés en plein air, Mélanger les couleurs sort le 25 septembre 2006, le groupe prépare d'ores et déjà une nouvelle tournée triomphale avec Rhesus et Maczde Carpate.

Review Concert : Kaolin, Périscope Tour-louse (déc. 2006)

Interview : Kaolin, Kaol'interview (oct. 2006)

Kaolin / Chronique LP > Un souffle sur la roche

Kaolin - Un souffle sur la roche Malgré le retour d'Edith Fambuena à la prod' (elle avait bossé sur le très bon Mélanger les couleurs), les Kaolin ne sont pas totalement revenus en arrière et traînent encore avec eux des relents de variétoche dans leurs titres. Certes, Un souffle sur la roche est bien plus audible que le Kaolin paru il y a deux ans, mais on n'y retrouve pas l'étincelle qui (re)mettra le feu dans nos coeurs. L'ensemble est très pop, très propre, ajusté pour ne pas blesser et alors que le groupe nous propose un souffle, une légère brise, on aurait davantage apprécié quelques bourrasques pour emporter notre adhésion.

Le premier titre, "Fondamentalement", résume assez bien cette impression, que ce soit en son clair ou avec un peu de distorsion. Les riffs sont lancinants mais vite ennuyeux et l'énergie ne passe pas alors qu'on peut penser qu'il y avait mieux à faire avec ces textes et cette mélodie. Heureusement, quand l'ensemble est peu plus rythmé, il fonctionne davantage ("Sans toi") mais une ambiance hawaïenne à la guitare plombe un peu le tempo. Encore raté (on a les mêmes idées et donc la même sentence pour "J'ai du partir"). Ca attaque un peu plus fort avec "Almeria" et même si le morceau s'éclaircit assez vite, ça reste un bon moment, une des rares plages (ahah) où je retrouve le Kaolin auteur de tubes imparables. A la douceur de "Le décor", pourquoi pas une ballade, s'oppose le fugueux "Plonger" qui suit, plus électrique et en apparence désordonné, l'amalgame se fait difficilement même si les idées et la volonté de faire quelque chose de différent sont forcément louables. Le retour au basique et à la monotonie n'en est que plus rude, "Evidemment" n'apporte rien, pas plus que "Je ne m'y fais pas", la magie n'opère plus et les artifices ajoutés sont inopérants (mais d'où viennent ces choeurs et ces petites envolées ?). Les ambiances ouatées de "Sur tes lèvres" ou un poil électrisantes de "Particules de rêves" ne viendront pas bousculer l'impression générale laissée par Un souffle sur la roche, Kaolin est devenu bien trop sage pour transformer ces fines compositions en tubes absolus, les ingrédients sont toujours à portée de main mais la sauce ne prend pas...

Au moment de conclure, je me demande alors si le groupe n'est pas victime de son succès foudroyant : si le génial éclair Mélanger les couleurs n'était finalement qu'un album exceptionnel et que depuis, on ne jugeait plus le reste qu'en fonction de celui-ci, étant de fait obligatoirement déçu ? Kaolin n'est peut-être au final qu'un créateur de mélodies pop sympatoches, à qui on ne peut pas demander de décrocher la lune à chaque fois...

Kaolin / Chronique LP > Kaolin

Kaolin - Kaolin Depuis l'excellent Mélanger les couleurs, Kaolin s'est agrandi avec la venue de Vivien qui a pris la basse (et un peu de chant), laissant Guillaume se concentrer sur le micro (et récupérant de temps à autre une guitare). Ils ont également changé de label, quittant Athome pour Cinq7 (Aaron mais aussi Saez) et au moment d'enregistrer ce nouvel album, éponyme, se sont entourés d'un nouveau réalisateur en la personne de Jean-Louis Piérot... Alors que le précédent avait laissé Édith Fambuena (l'autre moitié des Valentins) apporter sa touche avec la réussite que l'on sait, ici, certains choix d'arrangements sont plus que foireux parce qu'au départ Kaolin est un groupe de rock et pas un vulgaire Renan Luce. Il y a donc quelques grosses fautes de goût sur Kaolin, à commencer par l'immonde pochette, Vincent Lignier devant sans doute signer ici une de ses photos les moins réussies... Je ne vais pas faire le détail de tous les petits trucs qui dénaturent la simplicité et l'authenticité du Kaolin que j'aime mais dire deux mots quand même sur les impensables renforts cuivrés de "On s'en va" qui plombent le titre et le font passer par un hymne variétoche alors que la mélodie chantée est très jolie, même punition pour le single "Crois-moi" qui se voit affublé de plein de conneries électroniques qui viennent parasiter les rythmiques qui s'en sortent si bien seules.
Dommage car le groupe n'a pas perdu son talent de composition, les riffs et les mélodies de base font toujours mouche, en mettant de côté les fioritures accessoires et handicapantes, la plupart des titres s'écoutent avec douceur même quand les textes peuvent sembler violents ("Bang bang", "Tu m'emmerdes", tous deux destinés à l'être aimé dans la douleur). Et quand Kaolin refait un clin d'oeil appuyé au post-rock ("Cody"), c'est à nouveau une totale réussite. Idem quand ils s'essayent à l'anglais ("Shanana"), c'est pur, direct, sans ambages et donc bien plus percutant et efficace qu'un "C'est mieux comme ça" blindé de sonorités inutiles (et d'un autre temps) qui alourdissent un morceau qui aurait pu devenir le nouveau "Partons vite". Bon... Tant pis, certains choix sont ici pas en adéquation avec mes goûts, j'espère égoïstement que le groupe reviendra à un pop rock moins traficoté sur scène et dans le futur car les miaulements de chats, c'est pas vraiment "Sans importance" pour mes oreilles...

[fr] cinq7: site du label (7 hits)External ]

Kaolin / Chronique LP > Mélanger les couleurs

Kaolin : Mélanger les couleurs Après le sympathique petit délire vocal "Beach party", Kaolin enchaîne tube sur tube pendant plus de la moitié de l'album. C'est assez impressionnant de se faire embarquer par leurs mélodies sans pouvoir en aucune façon résister... Il faut dire que le single, pour une fois, est aussi intelligent que diablement efficace, le sentimentaliste "Partons vite" accroche, évidemment, des textes qui parlent de nous, un rythme et une guitare qui n'en rajoute pas, la simplicité des accords et la délicatesse des arrangements sont les atouts majeurs du quatuor qui garde cette base solide pour les titres suivants. Du morceau qui donne son nom à l'album, "J'irai mélanger les couleurs", émerge une conscience un peu plus "politique" et là encore, c'est suffisament discret et bien fait pour que l'ensemble coule jusqu'au cerveau sans écorcher les oreilles (les "choquants" Sécurité mon cul ou Pour avoir la paix, cultive la misère sont énoncés avec une telle douceur que l'impact au niveau des cellules grises s'en trouve renforcé).
"Je reviens", "Chercher des poux", "Sur la coeur, "Belle évidence" alternent les tempos en conservant un goût sucré, la première inflexion à notre béatitude arrive à la huitième plage. Les sonorités changent, les rythmes se décomposent, les mots sonnent différement (jouant comme pour Arman Melies davantage sur leur poésie... et étant filtrés par un effet), avec "Greta" Kaolin change de registre et étonne par sa prise de risque(s). Derrière, "Club 35" calmera les inquiets, retour aux riffs clairs, aux traditionnels couplets/refrains et aux mélodies classiques. De nouveau en confiance, l'amateur de hits se laissera charmer par "Lilla huset", la petite maison suédoise est très écossaise dans son architecture, le groupe ne cachant pas son admiration pour Mogwai... Aprés cette délicieuse escale reposante, Kaolin termine en beauté avec un titre charnel et très rock, "Fais semblant" puis un final étourdissant intitulé "J'insiste" : les chuchotements s'harmonisent peu à peu, les instruments se font calmement leur place et se branchent sur le 220 pour électriser une atmosphère où une sublime basse prend peu à peu le pouvoir. Il n'en fallait pas plus pour que je succombe...