Les Marquises - A night full of collapses Trois ans après Pensée magique, un deuxième opus inspiré par le 7ème art, Jean-Sébastien Nouveau s'est illustré en début d'année en dévoilant sa nouvelle œuvre, A night full of collapses. Il y a toujours dans le cœur de ce compositeur des temps modernes et de surcroît multi-instrumentiste (chant, claviers, guitare, percussions, boite à rythmes) une envie de produire une musique inspirée ou faite pour le cinéma. Même si nous ne voyons toujours pas de bande-son de film à l'horizon dans la discographie des Marquises, ce troisième album pourrait (encore) tout à fait en être une. Et c'est bien, comme son titre l'indique clairement, des plages sonores qui célèbrent la nuit et toutes les interprétations qui peuvent en découler comme l'errance, le rêve, le repos, l'amour, le songe, le cauchemar ou l'insomnie, la liste n'est pas exhaustive. C'est à peu près par tous ses sentiments par lesquels nous passons en écoutant les huit titres d'A night full of collapses.

Pour mettre en forme tout ce dont nous venons d'évoquer ci-dessus, Jean-Sébastien a fait appel à un nombre conséquent de musiciens d'horizons divers dont les plus connus sont Matt Elliott de The Third Eye Fondation au chant sur quatre titres, d'Agathe Max (Ofield, Farewell Poetry) au violon, d'Olivier Mellano (Dominique A, Miossec, No Land) à la guitare, de Christian Quermalet de The Married Monk au piano, de Jeff Hallam (Dominique A) à la contrebasse et de son acolyte chez Immune, Martin Duru, aux claviers. Du beau monde pour un résultat, disons-le, absolument sublime faisant penser autant aux travaux à la fois satinés et rugueux de Dale Cooper Quartet & The Dictaphones qu'à la maîtrise du silence et de l'harmonie rampante de Bohren & Der Club Of Gore. Et si comparaison il faut faire avec des compositeurs de BO, la note du dossier de presse nous indique volontiers Angelo Badalamenti et son "Twin Peaks" réalisé par David Lynch. La nuit... oui, c'était évident.

Malgré l'intention portée par son géniteur de donner un caractère unique à ses œuvres, Les Marquises garde par moments certains propos entendus dans ses précédentes productions comme ses motifs répétitifs hypnotisant ("Vallées closes", "Lament", "Following strangers"). Pour le reste, le Lyonnais s'applique à orner sa marche somnambule en passant aisément d'une pop jazzy étincelante ("Feu pâle") à des d'ambiances tantôt glauques, tantôt mystérieuses ("A forest of lines", "Des nuits") pour varier les plaisirs. On ne saurait trop que vous conseiller d'explorer (de nuit, de préférence) cet album appliqué qui appelle sans détour à l'exaltation profonde des sens.