mos_generator_songs_for_future_gods.jpg Un trio power-rock US... OK, encore un pense-t-on, un brin blasé au moment d'enfourner Songs for future gods dans le lecteur CD... Encore un certes, mais signé chez Small Stone Records, une écurie qui a souvent le nez fin pour dénicher des groupes qui dérouillent sec (cf : Dozer, Hackman ou The Glasspack qui en sont, assurément, les meilleurs exemples). Alors forcément, Mos Generator a de quoi attiser notre intérêt, surtout qu'avec "Silver Olympus" premier titre de la galette, ça démarre sur les chapeaux de roue. C'est typé 70's, ça a bouffé sur Black Sabbath en long en large et en travers, ça balance bien comme il faut, bref, c'est simple mais diablement efficace. A leur charge, les américains bénéficient d'une prod nickel chromée, d'un son moderne et d'une force de frappe de buffle. A cela s'ajoute des tendances fuzz assumées (l'excellentissime "Wizards of the prophecy pen"), un groove mortel ("Son of Atom Smasher", "Lumbo rock") et des mélodies calibrées pour se visser dans la tête ("NandV").
Assurément le trio a suffisamment d'expérience pour distiller son rock sommes toutes assez basiques, soigné mais incroyablement bien troussé. Telle semble être du reste la marque de fabrique commune des groupes signés chez Small Stone : à savoir qu'il n'est pas nécessaire d'avoir la prétention de révolutionner le genre en coupant un cheveux en quatre pour réussir un bon disque. On le répète, "simple mais efficace", semble être le leitmotiv de Songs for future gods, un album qui ne se berce pas d'illusions et détails superflus pour faire le boulot et balancer un rock puissant et incisif ("Yes my lord"), aux ambitions parfaitement claires et atmosphères soignées ("Into the long sleep"). Alternant avec un sens aigu du tracklisting homogène, les titres lents et heavy avec les morceaux plus speedés et acérés comme des lames de rasoirs, Mos Generator accouche d'un disque sec et compact qui balance ses riffs par packs de douze, qui envoie les décibels pied au plancher ou au contraire la joue tout en retenue et matûrité bienvenue. Le résultat est léger, terriblement rock'n roll ("Sleeping your way to the middle ") et s'enfile cul sec comme chez bon nombres de leurs contemporains scandinaves, même si MG nous vient lui de l'autre côté de l'Atlantique. Une manière comme un autre que peut importe l'origine géographique, les moyens ou le public, seul le feeling compte. Et, bien loin du hard-fm typiquement ricain, celui des Mos Generator fait de sacrés dégâts. Sans complexe ni futilité.