The Psychotic Monks - silence Autant vous l'admettre tout de suite, parce qu'après tout l'objectivité dans cette discipline on s'en fout : il s'agit de l'album de rock le plus excitant que votre humble chroniqueur ait eu l'occasion d'écouter depuis un bail. C'est la gifle qui sors de nul part. Et française avec ça la gifle, madame !

The Psychotic Monks c'est un quatuor joyeusement barré et talentueux qui a sorti son premier album en avril dernier (et qui est honteusement passé sous nos radars). Et il y aurait fort à parier qu'on a pas fini d'entendre parler d'eux dans les années qui viennent sur la scène hexagonale.

Silence slowly and madly shine, non content d'avoir un titre superbe, est un incroyable maelstrom d'influences aussi improbables que magnifiques. On sera bien obligé, pour vous lâcher une étiquette, de vous dire qu'on parle ici de Stoner Rock. Mais ce serait quand même méchamment réducteur tant les moines empruntent à Mudhoney, à Ty Segall ou aux Thee Oh Sees, aux Pink Floyd ou aux Stooges.

On sent également une patte à la Nick Cave dans la construction d'un univers aussi intriguant que passionnant. Le groupe déborde de créativité et d'idées, ça transpire par absolument tous les pores d'une prod aussi granuleuse et puissante qu'équilibrée.

Possédés par la fuzz, le grunge et les nappes à la Richard Wright, les mecs ne s'interdisent rien et pourtant maîtrisent tout du début à la fin. De la poésie discrète mixée avec une énergie folle. Une propension au progressif doublée d'une efficacité à toute épreuve. Une brutalité sauvage accompagnée d'un romantisme classe. L'écoute de Silence slowly and madly shine est une aventure en soi. On ne s'emmerde pour ainsi dire jamais dans ce récit séquencé en quatre parties distinctes et qui s'avale pourtant d'une traite.

Quelques passages transcendent totalement, comme le magnifique et touchant « When I feel » (allez checker la version acoustique sur Youtube) ou le redoutable et écrasant « The bad and the city solution ». Les musiciens sont excellents en tout point et servent leur propos jusqu'au bout. Dernière chose assez rare pour être remarquée également : les Psychotic Monks savent faire parler leur talent sans en faire des caisses, comme en témoigne la sobre pochette de l'album.

L'occasion - en attendant de les voir sur scène (de nombreuses dates programmées un peu partout) ou un éventuel deuxième album - d'aller réécouter les deux précédents EPs du groupe, qui annonçaient déjà l'avènement d'un groupe singulier et passionnant. Nous, on va surveiller ça de très près !

Enjoy beaucoup !