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Biographie > The roots of the Roots

La formation naît dans en 1987 à Philadelphie lors de la rencontre de ses deux têtes-pensantes : Tariq Trotter alias Black Thought et Ahmir Thompson alias Questlove. Ils commencent à faire des concerts en 1992 aux alentours de leur ville pour en 1993 traverser l'atlantique et faire leurs premiers shows en Europe. Pendant un an, le groupe loue un appartement à Londres et subvient à ses besoins en vendant ce qui est considéré comme le premier album de The Roots, The organix qui, à force de concerts, se vendra à 150 000 exemplaires. The Roots commencent à partir de ce moment à intéresser les labels et plus particulièrement DGC Records qui étaient à l'époque plutôt connu pour son écurie rock (avec Guns' N Roses entre autres). De cette collaboration à priori contre-nature naîtra l'album Do you want more ?!!!??! qui a été accueilli plutôt mollement par les fans de hip-hop mais a eu un excellent accueil de la part des fans de musique alternative notamment grâce à leur participation au festival Lolapalooza. En 1996, The Roots publie Illadelph Halflife et connaîtra un succès appréciable. Le groupe poursuit cette voie de l'instrumentation live tout en proposant une musique à la fois plus sombre et riche en invités de marque (Q-Tip des précurseurs A Tribe Called Quest, Erykah Badu, D'angelo). 1999 sera définitivement l'année The Roots en terme de popularité grandissante. Le groupe publie Things fall appart et ce sera un carton, notamment grâce au duo avec Erykah Badu, "You got me".
Depuis, quelques années ont passé et le groupe aligne toujours les succès en proposant à la fois des albums à la qualité constante et à l'évolution toujours atypique.

The Roots / Chronique LP > Game theory

The Roots - Game theory Da Pimp presents : Game theory from The Roots. Yeah bro', tu vas voir ce que c'est que du hip-hop alternatif de qualité et pas cette infâme soupasse putassière qui envahit chaque jours un peu plus les ondes. D'ailleurs, il faut bien le reconnaître, si The Roots parvient à passer en radio(s), c'est parce que le groupe est du genre roublard. Il sait se faire suffisamment accrocheur pour mieux prendre le contrôle de la machine. Entrer dans la matrice pour subtilement en détourner le concept. L'idée était osée, le résultat encore plus crapuleux. Et Game theory d'aligner les tubes : "False me" ou le vindicatif et éponyme "Game theory". Rien à redire, pas un poil qui dépasse du maillot, The Roots cuvée 2006 : c'est carton. Un flow turgescent, un groove incandescent, le groupe distille son hip-hop mouvant, volubile et incroyablement caliente...
Des instru tantôt discrets, tantôt plus omniprésents, une basse ronde et voluptueuse, la présence en guest de Maimouna Youssef et ses breakbeats entêtants. The Roots a le sens du tube qui fait "mâl(e)" et, plus qu'une recette trop facilement répétitive, impose sa griffe, une manière d'appréhender le mouvement hip-hop pour le transcender et l'éloigner définitivement des clichés véhiculés par le gangsta-rap bling bling et ses "biatches" plantureuses. En quelques titres, le groupe nous colle l'oreille aux enceintes et puisqu'il est maintenant sur orbite, en profite pour tranquillement nous lâcher sa bombe : "In the music". Un gimmick sonore de génie, un instru catalyseur d'addiction, une harangue hip-hop implacable et un tube absolu. Voilà, ça c'était pour se lâcher un peu. The Roots enchaîne... et après un "Take it here" qui renvoie discrètement aux tous premiers Massive Attack, lâche sans prévenir le gros son funky, rugueux et fracassant d'"Here I come" (yeah prends ça dans ta face frangin...). Une rythmique de furieux, un groove qui démonte tout sur son passage et ce flow qui s'enfonce dans le crâne à coups d'"explicit words" provocateurs. En un mot : le clash... Ravageur.
Si le hip-hop sombre trop souvent, sous une pluie de billets verts, dans le mercantilisme exacerbé, The Roots est là pour rétablir l'équilibre dans la Force, au même titre qu'un The Streets ou des plus undergrounds Sole et El-P (dans un autre genre certes...). "Long time" puis "Livin in a new world" et "Clock with no hands" explore des territoires musicaux plus orientés nu-soul dans un esprit moins revendicatif mais plus doux amer. Le groupe ne cherche pas la frime, mais juste à passer son discours avec humilité et lucidité, avant de conclure sur le plus langoureux "Antonement" et ses harmonies sensuelles, presque lascives, puis "Can't stop this". Laconique et presque désenchanté, comme le constat d'un univers musical où The Roots semblent désormais bien seuls... Classe.

The Roots / Chronique LP > The tipping point

The Roots - The tipping point Craquements de vinyle, musique d'ascenseur, une voix qui nous susurre ce qui sera le mot d'ordre de ce premier titre : "Everybody is a star" (hommage à Sly and the Family Stone), le beat part et Black Thought ne s'arrête plus... The Roots débute de fort belle manière (leur meilleure intro ?) The tipping point. Le sixième album des philadelphiens n'échappe pas à l'attente des fans, surtout après le très réussi et éclectique Phrenology. Force est de constater qu'à l'écoute de The tipping point, le talent du groupe reste intact malgré le départ de Ben Kenney et DJ Scratch. The Roots passe chez Geffen et même si musicalement, il n'y a pas d'énorme surprise, le titre aurait pu le faire penser. En effet, ce dernier a été inspiré du livre de Malcom Gladwell, "The tipping point : how little things can make a big difference", mettant en lumière le moment où, dans un contexte épidémiologique ou social, la modification de l'environnement ou l'apparition de nouveaux vecteurs cause une rupture qui amène de profonds changements. The Roots revient donc à la charge avec un album plus "soul" qu'à l'accoutumée (mais néanmoins connu des fans avec les premiers albums) justifié par des chœurs et des refrains sur des titres comme "I don't care", "Guns are drawn" ou "Why (What's goin on ?)". Black Thought est toujours fidèle à lui-même avec son flow impeccable et vibrant sur les rythmes pertinents de son acolyte ?uestlove. Jugez un peu le résultat de cette collaboration sur "Web", véritable osmose que l'on peut également vivre en live (ne les ratez pas !). Il se permet même sur "Boom" de rendre hommage à deux grands MCs en imitant le phrasé de Big Daddy Kane et Kool G Rap. Habitués aux "featurings", les Roots ont fait appel notamment au coutumié Dice Raw, à Dom, Aaron Livingston, Martin Luther et à la talentueuse rappeuse Jean Grae qui vient poser sur "Somebody's gotta do it" avec Mack Dub et Devin the Dude. "Duck down" ravira les afficionados du travail des Neptunes. Les inconditionels de jazz-swing reconnaitront la trompette d'Al Hirt dans la très classe "Stay cool". The tipping point termine avec "Why (What's going on) ?", morceau de plus de seize minutes, qui, à la manière du dernier titre de Phrenology est un véritable fourre-tout (3 titres distincts) avec un début très mitigé penchant vers le RnB suivi d'une ambiance "jump up" et qui termine sur un "Din dada" scandé à la sauce jam-funk-soul-groove. Cet album d'à peine moins d'une heure bénéficie d'une production ultra soignée de titres concis, ce qui a probablement assuré son succès en terme de ventes. The tipping point est un album pouvant diviser les fans du groupe, un bon condensé de l'avant et de l'après qui peut être une bonne entrée en matière pour découvrir les philadelphiens.

The Roots / Chronique LP > Phrenology

The Roots - Phrenology The Roots sur le W-Fenec ? So fuckin' what ? Ce groupe est probablement le plus connu et le plus influent des artistes hip-hop alterno-indés américains. Et on en parlerait pas ? C'est mal connaître votre webzine préféré ! Si il y a bien un groupe hip-hop à connaître, c'est bel et bien The Roots. Attendu au tournant après le succès du précèdent effort Things fall apart, la réalisation de Phrenology a pris plus de deux ans (de juin 2000 à septembre 2002). Peu avant cette période, les philadelphiens ont vécu des évènements plus ou moins plaisants : Malik B, un des piliers de la formation est parti, laissant Black Thought seul au chant ; Ben Kenney (futur Incubus) est venu apporter son talent de guitariste au sein de la formation ; des tensions sont apparues avec leur label MCA notamment au sujet de la sortie de l'album solo de Black Thought. Le cinquième album des philadelphiens a pour thème la pseudo-théorie du neurologue Franz Joseph Gall mettant notamment en relation la forme du crâne avec la capacité intellectuelle et le caractère d'un individu (l'expression "la bosse des maths" provient de cette théorie).
Il s'agit peut-être d'un pied de nez aux préjugés musicaux (ou non) car les Roots font vraiment les choses différemment. La numérotation des chansons en est un parfait exemple : le groupe ne remet jamais à zéro le compteur à chaque nouvel album (la première chanson est donc numérotée 87). Mais l'aspect le plus flagrant en terme de différence reste, bien évidemment, musical. Contrairement à la plupart des artistes hip-hop, The Roots est un véritable groupe de musiciens se mettant au service de la composition à partir de leurs instruments et non pas uniquement à partir de vinyles ou autres machines. Loin des clichés du showbizz et du « tout-cuit », ces américains ont également une certaine capacité et une facilité à passer d'un univers à un autre. Les beats percutants accompagnés de flows rageurs sont au rendez-vous avec "Rock you", "Rolling with heat" et "Thought @ work" (qui à la base était prévue pour l'album solo de Black Thought). Les fans de pop-soul seront ravis de s'(ré)écouter la radiophonique "The Seed 2.0" avec en guest un Cody ChesnuTT en pleine forme . Le groove de "Sacrifice" (avec la voix suave de Nelly Furtado) et "Break you off" sera l'argument pour dissuader votre bien-aimée de vous faire un strip-tease (dommage...).
Fait rare dans un disque de hip-hop, Ben Kenney nous concocte un "!!!!!!!", concentré de 25 secondes de punk hardcore saturé influence Minor Threat. "Waok (Ay) Rollcall" est une interlude rendant hommage aux influences et amis du groupe sur un rythme de batterie et de percussions. Amiri Baraka vient poser sa voix scandée sur l'expérimental-breakbeaté "Something in the way of things (in town)". Enfin, "Water" représente à elle seule l'éclectisme du groupe avec 3 parties bien distinctes à savoir un début rap classique suivi d'une ambiance mi-film d'horreur, mi-aquatique et qui se termine par une sorte de trip-hop noisy-psychédélique. De quoi dérouter le fan de hip-hop de base ! Le dernier morceau (combinant deux chansons bien distinctes) entourée de pistes... vierges est probablement le morceau qui représente le moins The Roots au niveau du son. La première partie "Rhymes and Ammo" est une collaboration avec le rappeur Talib Kweli que l'on peut retrouver sur la compilation Soundbombing, Vol. 3 de Rawkus Records et la fin du morceau se termine en techno-scratchs ("Thirsty") ! Avec Phrenology, The Roots vient casser les codes prédéfinis d'un genre et (re)pousser les limites du hip-hop. Ce disque est précisément celui de la rupture et le début d'une nouvelle ère discographique pour le groupe...