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Sous le nom Ropoporose se cache Pauline (chant, clavier, guitare et percussions) et Romain (batterie, chant, chœurs), un très jeune duo frère-sœur originaire de Vendôme, la ville qui accueille les Rockomotives, un festival dont la programmation a souvent de bons échos. Profitant de la facilité d'habiter sous le même toit et d'avoir des parents mélomanes, le duo tente une formation en reprenant du Girls. C'est la Bérézina totale mais ce n'est que partie remise puisqu'ils se prennent en main pour composer, expérimenter, se trouver, tout en usant des disques de Sonic Youth, Shannon Wright et Arcade Fire. Sans jamais dévier de leur objectif - jouer, jouer, jouer et rejouer - ils partent enregistrer localement leur premier album, Elephant love, chez un certain Pierre Lambla. Ce dernier sort le 26 janvier 2015 chez Yotanka (Kid Francescoli, Zenzile, Von Pariahs).

Ropoporose / Chronique LP > Elephant love

Ropoporose - Elephant love Le premier contact que j'ai eu avec Ropoporose a été scénique. Ca remonte à la dernière édition du festival de La Ferme Électrique cet été et la prestation fut pour le moins laborieuse, du moins au départ, pour se terminer comme elle aurait dû commencer, à savoir de belle manière. Pas super convaincu dans la façon de l'exprimer (avec des réglages urgents à effectuer sur la justesse vocale de la miss), la musique me plaisait tout de même. L'idée de jouer à deux avec des boucles de guitares enregistrées en direct pour pallier l'absence d'instrument supplémentaire, le truc qui peut se révéler assez vite casse-gueule sans maîtrise ; ces effluves d'indie-pop juvéniles et bricolées qui laissent un sourire bête et émerveillé quand elles traversent les oreilles... Bref, il ne me manquait plus que d'écouter leur premier album Elephant love pour asseoir mon opinion sur ce groupe qui mérite tout de même que l'on s'y intéresse un tant soit peu. Pourquoi ? Parce qu'ils ont été approchés puis signés sur la sérieuse écurie Yotanka Productions (Kid Francescoli, Zenzile, Von Pariahs) et que les relais effectués dans la presse ont globalement été très encourageants.

Le webzine aux longues oreilles va se ranger aussi du côté des avis positifs. Premièrement parce que, l'air de rien, Ropoporose se défend super bien, son style à la fois furibond et fragile, est accrocheur. Difficile donc de passer son chemin. De plus, les dix titres d'Elephant love sont des appels constants à la nostalgie - l'influence de Sonic Youth étant très présente - et les mélodies pleines de mélancolie qui en découlent constituent le moteur créatif de ce disque. Dès lors, comment ne pas succomber à "Day of may" ou la sublime "Whu-whu" ?
Deuxièmement, parce qu'il y a une exigence musicale déjà très présente pour des artistes aussi jeunes qui tentent, comme leurs grands frères et sœurs de Peter Kernel, de jouer la carte des guitares saillantes et de réveiller les foules (la suite "Empty-headed"/"Elephant love"). Certains arrangements sonores et utilisations d'instruments, comme le mélodica et le xylophone sur "40 slates", corroborent cette exigence envers eux-mêmes et cette volonté de proposer du contenu varié et de qualité.

Il y a bien d'autres raisons d'écouter ce disque, mais cela prendrait surement plus de lignes, alors on vous laisse découvrir et faire vos propres avis sur cette petite féerie pop qu'est Elephant love, qui démontre qu'avec du boulot et sans complexe, on peut vraiment faire les choses bien, surtout quand l'adolescence n'est qu'un récent souvenir. A bon entendeur.