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Biographie > comment donner forme au hasard

Shora est un quatuor (Tony, Alessandro, Vincent, Nicola) originaire de Suisse qui existe depuis 1999 et qui est spécialisé dans les coups d'éclats. Leur premier CD (Shaping the random en 2000) leur a permis de jouer avec Dillinger Escape Plan et Botch, pas mal pour un début. Ensuite ils partagent un split CD avec Merzbow (Switching rethorics en 2001) et laissent leurs fans dans une attente Toolienne (comprendre : mais qu'est-ce qu'ils foutent bordel, c'est intenable, tant de créativité et aussi peu de nouveaux titres...). Il faut dire que Shora fait tout trés bien, alors forcément ça prend du temps... La délivrance arrive le 21 septembre 2005 chez Conspiracy Records et s'intitule Malval. [ Conspiracy Records: Site du label (37 hits)External ]

Shora / Chronique LP > Malval

shora : malval Shora est un groupe complètement à part, on peut multiplier les catégorisations approximatives du style "post-rock expéri métal" ou les mariages forcés du genre "Isis croisant Tool" qu'on n'en saurait pas forcément plus... Décrire par le menu chaque envolée, chaque rythme, chaque riff des 4 pistes instrumentales que contient Malval ? Un travail mathématique hors de ma portée et surtout dénué d'intérêt... Que faire alors ? Simplement se laisser porter au gré des minutes qui défilent (plus d'une trentaine) et lâcher ici et là des remarques comme autant de retour sur terre de notre voyage fantasmatique et onirique.
Notes claires, rythme cardiaque mesuré, on ferme les yeux, "Parhelion", le décollage est difficile car certaines frappes lestent l'envol, Shora fait les étirements, nous écartèle entre un ciel lumineux et un sol boueux. Les embardées rythmiques débouchent sur des gouffres, on freine, on tente de s'accrocher mais on tombe, la chute est longue, interminable, l'adrénaline retombe également et même si on se prend quelques branches lors de la descente, c'est complètement ivre de vitesse qu'on s'extasie de voir défiler aussi rapidement les constructions sonores.
"Arch & hum", forcément le retour sur terre fait mal, médecine douce, notes synthétiques, omniprésentes, il va falloir se relever, continuer l'exploration, le tic-tac du temps dépasse désormais les pulsations de notre coeur, les gimmicks de la batterie nous enferment jusqu'à ce que les guitares viennent nous sauver, on a même presque le silence, notre voyage se poursuit sur une terre plus classique post-rock avant d'à nouveau croiser une grandiose angoisse.
Pas de temps mort, il faut déjà faire place à "Siphrodias", désormais les riffs nous oppressent, nous encadrent, s'abattent sur nos oreilles telle une pluie battante et il nous faut courir, fuir cet état ouateux si on veut y survivre, si on veut revenir dans la réalité.
L'introduction de "Klarheit" permet de me raccrocher au réel, au passé, cela n'est-il pas digne du Pink Floyd du tout début des années 70 ? Aux sons lancinants succèdent une rythmique et des sonorités sourdes, graves et un loop psychédélique, j'étais déjà converti, j'en deviens fou. La plus douce des voix vient m'achever, je préfère finalement renoncer à la réalité et suivre ces sirènes, qu'il est bon d'être prisonnier de Malval.