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Biographie > Irish pop

A l'origine baptisé Polarbears, le groupe se forme aux alentours de l'année 2004, sous l'impulsion des deux irlandais que sont Gary Lightbody (guitariste / chanteur) et Mark McClelland (bassiste). Après un premier EP (Starfighter Pilot) pour se faire la main, avec notamment la participation du batteur de Belle & Sebastian, Richard Colbun, le groupe se voit contrain de changer de nom (pour d'absurdes histoires de droits d'auteur...). Snow Patrol est né et peut continuer sa route sous la forme d'un trio, puisque le duo originel a entre-temps été rejoint par un troisième larron, irlandais, lui aussi : Jonny Quinn (batteur). En 1997, Snow Patrol revient un temps à ses racines en enregistrant son premier album, baptisé Songs for Polarbears en référence au premier nom du groupe, puis quatre ans plus tard, un second effort : When It's all over we still have to clear up. L'ascension du trio irlandais (devenu quartet avec l'arrivé d'un nouveau guitariste en la personne de Nathan Conolly) aurait pu, s'arrêter là, mais va pourtant devenir quasi météoritique lors de la sortie de Final straw.
Un troisième opus en forme de hit planétaire et deux millions d'albums vendus plus tard, Snow Patrol est un groupe qui rameute les foules. De singles imparables en concerts toujours plus imposants, les irlandais se retrouvent alors propulsés comme l'unes des formations phares de la scène rock anglo-saxonne. Désormais, la pression est sur le groupe et les tensions internes qui s'ensuivent conduisent au départ de Mark McClelland, qui est alors remplacé par Paul Wilson. Snow Patrol se relance, embauche un certain Tom Simpson pour assurer les parties de synthés, tourne sans arrêt pendant près de deux ans, avant de sortir son quatrième album studio : Eyes open. A peine sorti dans les bacs et déjà un hit dans les charts outre-Manche.

Snow Patrol / Chronique Best-Of > Up to know

Snow Patrol - Up to know Et Snow Patrol inventa le best-of utile (si si...). La fausse bonne idée des majors désireuses de garnir un peu les comptes en banque bien purgés par la crise du disque. Quoi de mieux que de s'y coller avec l'autre enfant terrible de la brit-pop qu'est Snow Patrol (après Coldplay) ? 30 titres réunis sur deux galettes et à une ou deux exceptions près tous les bons titres du groupe d'un coup. Où comment plomber un peu plus les ventes de disques en rendant complètement inutile l'achat des cinq albums qu'ont les Irlandais au compteur. En même temps, c'est presque mathématique. 5 disques soit quelque chose comme 70 titres... En réunir 30 puis appeler ça "best-of", il n'y avait pas meilleure manière pour faire de la place dans la discothèque.
"Chasing cars", "Chocolate", "Hands open", "Set the fire to the third bar", "You're all I have", l'incontournable "Run", manque juste "Make this go on forever" et sinon c'est tout bon. On pourrait donc s'arrêter là ou s'amuser à balancer des vannes sur la stratégie marketing de Polydor/Universal mais le label a la parade : s'il puise abondamment dans les tracklisting de Final straw et Eyes open, cet Up to know n'en néglige pas pour autant les débuts discographiques du groupe et des titres moins connus du grand public. Certains ont d'ailleurs été réenregistrés pour l'occasion et en prime, on a même droit à deux titres extraits de l'album du side-projet de Gary Lightbody : The Reindeer Section ("Cartwhells" et "You are my joy").
Deux galettes pour rendre hommage à la puissance tubesque d'un groupe qui sait écrire des refrains taillés pour les stades comme pas deux. Du coup, on se demande un peu ce qui est passé dans la tête des Irish boys pour nous commettre un truc aussi infâme que "Just say yes", l'habituel single inédit accompagnant la sortie de tout bon best-of qui se respecte. Heureusement, pour un "Just say yes" assez piteux, les Irlandais nous offre un "The Planets bend between us" de haute volée, quelques pépites moins "commerciales" que les tubes auquels Snow Patrol a habitué le grand public ("Batten down the hatch", "Fifiteen minutes old"), deux versions acoustiques de "Run" et "Chasing cars" and last but not least, une curiosité avec l'amusante reprise de "Crazy in love" de... Beyoncé. Mainstream, easy-listening certes mais plutôt classe.

Snow Patrol / Chronique LP > A hundred million suns

Snow Patrol - A hundred million suns Après le carton planétaire de Final straw et son single galactique "Run", une confirmation venue de fort belle manière avec le sympathique Eyes open, les Snow Patrol remettent ça avec A hundred million suns. Et là, ça se gâte un peu. Non pas que les titres de cet opus soient tous à jeter aux horties, mais, à l'heure de ce nouvel album, le groupe commence à avoir la main lourde sur la guimauve. "If there's a rocket tie me to it" était pourtant une belle mise en bouche. Un premier titre sucré mais élégant, un morceau que l'on déguste avec appétit. Glaçage pop indie sur des arrangements nappés d'un savoureux coulis mélodique, "Crack the shutters" ne nous en fait pas perdre une miette, le Snow Patrol des grands jours semble être de retour. "Semble" justement, parce que, prise sous n'importe quel angle critique, la suite déçoit. "Take back the city", titre plus électrique porté par une mélodie poussive s'en sort encore avec les honneurs mais "Lifeboats" cède aux affres de la pop radiophonique ultra-calibrée pour les masses, malgré un final aux beats nonchalants et inspirés. Mais le pire est atteint avec "The golden floor", ballade folk-pop insipide et acidulée à la mièvrerie semble-t-il sans limite.
A ce moment-là de l'album, on ne sait plus trop quoi attendre de A hundred million suns, Snow Patrol semblant capable du pire... mais pas trop du meilleur. Certes des titres comme "Please just take these" et surtout le romantique "The planets bend between us (for you)" se laissent écouter avec un plaisir presque coupable, mais pour le reste, l'auditeur un tant soit peu exigeant sera à la peine. Production haut de gamme mais écriture paresseuse, "Engines" cristallise en quelques 5'10 tout ce qui ne tourne pas rond dans ce nouvel album des britanniques. De la pop vue et revue mille fois ailleurs, des montées de guitares faiblardes, des structures trop classieuses, en clair bien trop de morceaux trop inoffensifs sinon insipides pour marquer durablement les esprits ("Disaster button"). Et finalement, la petite surprise du chef n'arrive qu'à la fin de cet album en demi-teinte, avec "The lightning strike". Un titre sur lequel, le groupe se lâche artistiquement et oublie un temps les formats courts pour livrer un morceau-fleuve d'un quart d'heure où les Snow Patrol prennent enfin des risques et démontrent qu'ils aurait pu faire quelque chose d'autres de cet A hundred million suns... Dommage.

Snow Patrol / Chronique LP > Eyes open

Snow Patrol : Eyes open Lorsque le dernier album d'un groupe a été un hit planétaire surprise, il est évident que plus rien ne sera désormais comme avant pour la carrière dudit groupe. Une pression médiatique constante ou presque, des attentes quasiment impossibles à combler, des tensions dûes au succès, la tentation de vouloir faire au moins aussi bien quelque soit le prix à payer.... Voilà en quelques mots le lourd héritage laissé à Snow Patrol par Final straw, son précédent album studio. En même temps, lorsque l'on compte le nombre de groupe qui rament à mort pour percer, on ne va pas trop les plaindre... Oublions pour une fois, les attentes, le passé et concentrons nous sur le présent, à savoir : ce que vaut vraiment cet Eyes open. "You're all I have" débute à peine que déjà on sent les mélodies pop faciles et les riffs enlevés chers à Snow Patrol.
Sans surprise, le groupe livre un premier titre très facile d'accès mais sympathique; et surtout avec une étonnante capacité à fédérer en quelques lignes de gratte. Les irlandais ont retenu les leçons du succès de leur précédent album et ne se privent pas de les réutiliser... en un peu mieux. Evidemment, les adeptes de structures alambiquées et de morceaux complexes et torturés peuvent se rhabiller, des titres tels que le très (trop) radiophonique "Chasing cars" ou le très léger "Shut your eyes" ne seront pas pour eux. Trop calibrés pop pour les masses, certains titres de Eyes open n'échappent malheureusement pas au syndrome du "aussitôt écouté, aussitôt oublié". Et pourtant, au milieu de tout ça, au moment même où notre esprit critique se plaît à gloser sur l'aspect innofensif des nouveaux titres d'un groupe qui cartonne, on se doit quand même de reconnaître aux Snow Patrol, de savoir également composer des pop-songs à l'efficacité quasi diabolique. "It's beginning to get to me" ou "Make this go on forever" sont ainsi des modèles du genre. Du conçu avec une production irréprochable et pour seule ambition de cartonner un peu partout, mais c'est un choix assumé. Electriques ou soyeux, mélodiques et soignés, entre Coldplay, Novastar et Nada Surf, les morceaux de ce quatrième album oscillent entre le taillé pour les stades ("Headlights on dark road") et le plus délicatement intime ("Open your eyes"). Du travail bien fait, qui bénéficie en outre de la présence en guest de Martha Wainwright sur l'excellent "Set the fre to the hird bar", pour un résultat fort sympathique quoi qu'assez inoffensif.