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Biographie > Histoire courte

"Certaines choses ne s'expliquent pas. Pour comprendre Synopsys il faut écouter leur musique, en ressentir les images, saisir le calme et subir la lourdeur. C'est sur un paradoxe que se construisent ces ambiances, l'ombre et la lumière, l'infiniment grand et l'infiniment petit, des choses à dire que l'on ne peut dire, l'équilibre et la chute. Ces rencontres inévitables se traduisent en sonorités autant envoutantes que foudroyantes."

Derrière cette profession de foi, Synopsys, "jeune" entité avignonaise à cinq membres - Gregory, Jean Michel, François, Julien et Vincent - délivre un subtil et puissant cocktail de post-rock, post-metal et post-hardcore (bref que des trucs en "post-quelque-chose") qui parvient à affiner une personnalité bien trempée au détour d'une discographie pourtant eu fournie. C'est ainsi qu'à première démo 2 titres en 2012 fait suite, à l'automne 2013, un véritable EP, autoproduit et intitulé Timeless.

Synopsys / Chronique LP > Le temps du rêve

Synopsys - Le temps du rêve Synopsys avait fait très forte impression avec son premier EP Timeless, il ne fallait pas se louper au moment de passer aux choses très sérieuses et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils n'ont pas failli. Superbe production signée entre autres par Benoit Pouzol (déjà derrière le son d'Hypno5e) et Thibault Chaumont (spécialiste du mastering tant métal (Trepalium, Noein, Klone...) que rock (Colours In The Street, Microfilm...)), artwork travaillé, digipak sobre, les "à côté" si importants annoncent la couleur et c'est par le plus long titre qu'on entre dans Le temps du rêve.

Cette entrée en matière est très post-rock avec de longues séquences de progressions tortueuses où les faux-plats très éthérés entrecoupent des montées plus rugueuses, le tout accompagné par des voix trafiquées et samplées. La disto de la guitare tape dans les hautes fréquences, la rythmique sait se faire massive et sur le final, un chant mélodieux achève l'auditeur, définitivement pris dans les filets de Synopsys. Une fois sa proie capturée, le combo passe à l'attaque et métallise rudement son propos avec un "Reverie of rising star" où une voix caverneuse vient disputer l'espace aux mots parlés, typiquement post hardcore, ce nouveau visage sait doser ses effets pour pas que la rupture de tonalité ne soit trop abrupte. La centaine de secondes d'"Impulse" permet à peine de souffler tant les bruits qui le parsèment laissent planer l'inquiétude, il faut dire qu'arrive "Leviathan"... La bête se présente en grandes pompes, la lourdeur des sons et des frappes augmentent, le chant donne un peu d'air mais le pire est à venir avec la plongée "Into the abyss". Un titre coupé en deux, la première partie nous emmène dans les obscures profondeurs, la deuxième est teintée de la fameuse lumière blanche au bout du tunnel, une accalmie qui sonne comme une délivrance et un nouveau départ pour un autre voyage, "Beyond the black ocean", la tension ne retombe pas très longtemps mais sur quelques mesures, on se sent plus léger. "Dusk" nous assomme de nouveau avec un riffing pesant et des breaks qui mettent en valeur le talent de Synopsys pour maîtriser les ambiances (pour celle-ci, on pense à Cult of Luna, pas la pire des références). "A whisper in the evening" est synonyme de libération, Le temps du rêve s'achève comme il a commencé, sur les terres du post rock, un réveil en douceur puis le rythme cardiaque s'accélère de nouveau, la basse laboure les entrailles pendant que des sonorités plus douces laissent penser que le cauchemar est terminé. La fin, brutale, nous ramène à la réalité.

Et si au lieu d'ouvrir les yeux, je les laissais fermés. Et si je laissais la lecture en continue se poursuivre ? Pas longtemps... Quelques instants... Juste Le temps du rêve.

Synopsys / Chronique EP > Timeless

Synopsys - Timeless
Quatre morceaux pour 28 minutes d'une musique en forme d'exploration d'instants "sans-fin", telles que certaines choses renaissent naturellement alors qu'elles se terminent... voilà comment Synopsys, quintet post-metal/rock/hardcore organique avignonais décrit Timeless, un premier EP faisant la démonstration d'une personnalité artistique déjà affirmée. Entre onirisme feutré puis rudesse post-metal-hardcore abrasive ("Red stars"), le groupe met d'entrée la barre très haut et impose sa griffe musicale sans coup férir. On se laisse impressionner d'autant que les frenchies ont su parfaitement gérer leur progression musicale sur ce titre inaugural avant de s'offrir un crescendo des plus éruptifs et maîtrisés. Mais surtout, en tenant compte de la présence, outre des instrumentations renvoyant à Isis, Pelican ou Russian Circles, d'un chant habité et de samples discrètement omniprésents, le groupe réussit à traiter son propos en alliant précision formelle et création d'émotion pure, brutale, déflagratrice ou au contraire plus retenue ("We have still the sun"). Un climax fleuve plus tard ("Naïve") avant l'assaut final, sauvage et sur-saturé de "Drops of fire" et voici qu'en 4 pistes, Synopsys éclabousse les enceintes de toute sa classe, parvenant à trouver un subtil mais vibrant équilibre entre velléités personnelles, héritage assumé et ambitions narratives exaltées. Classe.