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Biographie > Judgement day

today_is_the_day_promo.jpg Today is the day est un groupe au culte que lui confère ses années passées au sein du label Amphetamine Reptile Records. Un combo passé maître dans l'art de bousculer les certitudes, par des prises de positions aussi extrémistes que sa musique est parfois jusque-boutiste. En témoigne notamment le fait que ses membres soient de fervent partisans de la toute puissante NRA (l'association qui milite en faveur du port d'armes aux USA), mais qu'ils n'hésitent pourtant pas à balancer leur haine du gouvernement Bush (père et fils) à tout bout de champ. Paradoxe quand tu nous tient.
Formé en 1992, sous l'impulsion du furieux Steven Austin (chant, guitare) et de son tout aussi dément batteur Brad Elrod, Today is the day est rapidement rejoint par un troisième larron : Mike Harrel (bassiste de son état). Le trio publie rapidement un 7'' sur son propre label SuperNova Records puis sort quelques cassettes (le truc qui existait avant le CD) en éditions ultra-limitées, dont l'une atterri dans les bureaux d'Amphetamine Reptile (AmRep pour les intimes) qui compte alors dans ses rangs rien moins que Helmet, Chokebore, Unsane ou les Melvins. TITD signe chez eux et sort en quelques semaines son premier effort : Supernova.
L'année suivante paraît Willpower et en 1996, le groupe fait un saut en Angleterre pour enregistrer une session chez John Peel. La même année, le groupe sort son troisième album, éponyme, toujours chez AmRep. Peu à peu, les relations deviennent de plus en plus tendus entre le groupe et le label (les clashes entre eux et leurs différents labels rythmeront la vie du groupe pendant des années), ce qui pousse le trio a trouver refuge chez Relapse. Suivront une nouvelle fournée d'albums (dont In the eyes of god en 1999 ou Kiss the pig en 2004) et d'incessants changements de line-up qui mettront en péril l'avenir d'un groupe qui, pourtant, bon an, mal an continue sa route.
En 2007, désormais libre de tout contrat avec Relapse, Today is the day opère un retour aux sources en sortant son huitième album comme le premier, soit via son propre label. Son titre Axis of Eden.

Today is the Day / Chronique LP > Pain is a warning

Today is the Day - Pain is a warning Pain is a warning, déjà le titre qui annonce la couleur : ça va faire mâl(e) et pas qu'un peu (normalement...). Ensuite l'artwork, qui semble nous promette des retrouvailles enflammées, et inflammables, avec un groupe qui n'a eu de cesse de nous kärcheriser bruyamment les conduits depuis une tripotée d'albums. Le dernier en date, avant celui-ci, Axis of Eden étant une jolie fessée hargne-core comme on les aime. Enfin, l'envie retrouvée d'en découvre donc avec un groupe toujours aussi insoumis et fracassant, véritable poids-lourd noise/metal/grindcore qui tartine les tympans comme pas deux. Pour faire court, la cuvée 2011 des natifs de Nashville se devait donc de passer sous notre scanner dans les plus brefs délais.

Et d'entrée de jeu, "Expectations exceed reality" résonne dans les chaumières : c'est toujours salement violent mais... pas autant qu'on aurait pu s'y attendre. Du coup, quelque chose nous dit que le groupe en garde sous la pédale. Et là BIM ! Réaction immédiate des américains qui lâchent sur la platine un "Death curse" cannibale et destructeur. Un bon gros tampon noisecore/deathgrind qui dénoyaute joyeusement les cages à miel, Today is the day a faim et le fait savoir. La rage chevillée au cor(ps)e, il envoie la sauce histoire de montrer que c'est lui le patron et qu'il va pas falloir déconner longtemps, ce avant de s'offrir le luxe de la jouer rock'n'roll classy sur l'éponyme "Pain is a warning". Comme ça tranquille mais non sans lâcher deux/trois hurlements histoire de ne pas nous faire oublier à qui l'on a affaire.

Bon après les plans rock bien fun, c'est sympa mais ça va bien deux minutes. Le temps est rapidement revenu de repartir guerroyer la fleur au fusil, la doigt sur la gâchette les concernant. Et TITD d'enchaîner avec un "Wheelin'" criard mais très quelconque puis "The Devil's blood", assez bizarrement un peu tendre. Pour la grosse artillerie noisecore aux relents hardos bien voraces, il faudra repasser et attendre jusqu'à "Slave to serenity" et un surtout un "Samurai" terminal. Du hard oui mais qui nous laisse un peu sur notre faim. Entre-temps, le groupe aura livré deux ballades pas trop mal foutues, mais qui ramollissent du même un album qui manque... un peu de nerfs. Pour du Today is the day s'entend. A croire que le groupe s'est un peu assagi. Ou assoupi sur ses fondamentaux... ce qui fait de Pain is a warning un album mineur au sein de la discographie du groupe, un semi-raté que l'on espère rapidement effacé par ses prochaines séquelles...

Today is the Day / Chronique LP > Axis of Eden

titd_axis_of_eden.jpg Attention les mirettes, sortez les bouchons, calez vous bien dans votre fauteuil, seize ans après ses débuts, Today is the day revient plus en forme que jamais, avec sous le bras un huitième album au titre choc : Axis of Eden. En référence à la célèbre "bush-erie" de l'Axe du Mal ("Axis of Evil" dans la bouche des culs terreux de l'Arkansas), ce nouvel opus suinte la haine contre le gouvernement en place et ne rate pas ici une seule occasion de lâcher un petit brûlot à l'attention des locataires du Congrès et de la Maison Blanche. De la part d'un groupe dont les membres sont des sociétaires de la NRA ne manquant pas une occasion de s'afficher avec des armes à feu sur leur MySpace, cela peut paraître curieux voire incongru mais en même temps, il est de notoriété publique que Steve Austin (frontman de TITD) est une vraie teigne en toutes circonstance. Et les teignes dans son genre, ça ose tout, c'est même à sa qu'on les reconnaît (sic).
Et quand Today is the day a la rage au corps, il le prouve. Notamment sur "I.E.D" et sa batterie sur-mixée qui ratisse tout sur son passage : une minute dix sept secondes de matraquage auditif. Le trio a sorti la sulfateuse et nettoie brutalement les tympans, pire que le kärcher du petit Nicolas S., le groupe se lance dans une séance d'équarissage métallique au chant fulgurant et aux riffs telluriques. Une petite respiration, le temps d'un "Free at last" plus apaisé mais malsain à souhait, histoire de digérer la mise en orbite d'Axis of Eden, et le groupe repart de plus belle avec l'étouffant "Broken promises and dead dreams". Double pédale appuyée, hurlements rageurs, plans death/doom, noise ultra-saturé, ça gueule, ça blaste et surtout ça met tout le monde d'accord, TITD est plus en forme que jamais et peut enterrer bon nombre de petits jeunes venus jouer sur ses plates-bandes musicales. Steve Austin et ses hommes ont pris à peu près tous les sous-genre du rock et du metal qui leur tombaient sous la main et les ont plongé dans l'acide sulfurique. Le résultat est sauvage, burné, terriblement addictif. Une décharge de violence brute à l'état pure, avec des morceaux aux titres évocateurs ("If you want peace, prepare for war", "Total resistance" ou "Desolation". Si vis pacem para bellum semble dire Today is the day qui enfonce le clou à coup de rafale de M16. "Circus maximus", "No lung baby", les titres s'enchaînent, les riffs restent, entassés au beau milieu de mélodies déviantes aussi toxiques que foudroyantes. "The worst that ever happened to me", tout est là ou presque, le groupe balance sa rage "hargne-core" et signe un véritable manifeste métallique qui tire d'abord et pose les questions après. Veni vidi et sans contestation possible vici...