weezer - pacific daydream Est-ce qu'un groupe comme Weezer peut écrire un mauvais album ? Ils peuvent en écrire de moins bons que d'autres mais quand on a débuté sa carrière à un très haut niveau (The blue album puis Pinkerton), difficile de rester au sommet, surtout plus de vingt ans après des débuts fracassants à une époque où la pop indé était reine. Rangé au rayon "groupe culte", Weezer ne déchaîne plus les passions et à l'écoute de ce Pacific daydream, c'est normal. Après tout, c'est juste un bon album de pop électrique... pour Weezer. Pas mauvais mais pas au-dessus de la moyenne des Californiens, dommage car il avait une pochette repérable et un nom qui sonne...

Quand Weezer atteint à peine la moyenne sur son échelle de valeur, les autres bavent et si Pacific daydream était l'oeuvre de n'importe quel jeune combo, on pourrait prendre davantage de plaisir, là, connaissant le CV des auteurs, on en attend forcément plus. Notamment sur ce premier titre, "Mexican fender", assez pauvre mélodiquement et qui a de quoi effrayer avant de se réveiller quelque peu. Même constat pour "Get right" ou "La mancha screwjob", trop faciles dans l'écriture, les Américains n'arrivent pas à fédérer et nous emmener dans leur délire comme ils en ont l'habitude. Marqué par un tempo très lent, l'album ne décolle véritablement jamais malgré quelques bons titres ("Beach boys", "Weekend woman", "QB blitz") où on retrouve la dynamique et l'énergie qui font leur marque de fabrique sans pour autant être pris dans un vent de folie power-pop. La bande de Cuomo cherche à se réinventer ("Feels like summer") sans toutefois atteindre la pureté des pépites pop-rock qu'ils nous ont déjà dénichées. L'effort est louable mais comme au final il est assez vain, on l'oubliera assez vite.

Après un album blanc en 2016 et avant un album noir prévu pour 2018, Pacific daydream est peut-être "de trop", en si peu de temps, Weezer aurait pu soit bosser à fond sur l'opus suivant, soit sortir un EP de pop concentrée qui aurait mis tout le monde d'accord. Là, la sauce est un peu diluée et manque de piquant pour marquer durablement l'histoire du groupe.